Alain Thié­not

Bulles & Millesimes - - ENTRETIEN -

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• No­vembre 2014

Ils sont rares, bien rares, trop rares, les en­tre­pre­neurs cham­pe­nois pou­vant se tar­guer de la réus­site d’un lan­ce­ment com­plet de marque. Alain Thié­not peut lui s’en­or­gueillir d’avoir réus­si le pa­ri. Et pour­tant, à 74 ans, l’an­cien cour­tier ne semble tou­jours pas sa­tis­fait de son tra­vail. « J’ai mon­té une jo­lie pe­tite mai­son en ra­mas­sant les miettes lais­sées par cer­tains. Rien de plus. C’est une belle réus­site ? C’est vous qui le dites. Je dois vous avouer que sur le fond, si je de­vais re­faire ce che­min, il y au­rait pas mal de choses dif­fé­rentes ». Il est un peu dé­con­cer­tant ce cham­pe­nois. Ce qui est évident c’est que le terme au­to­sa­tis­fac­tion a de­puis bien long­temps été ef­fa­cé de son dic­tion­naire. Et pour­tant, au­jourd’hui, le groupe Alain Thié­not Bor­deaux-Cham­pagne est une en­tre­prise qui compte dans le cham­pagne. En plus de la mai­son épo­nyme, elle est pro­prié­taire de Ca­nard-Du­chêne, Jospeh Per­rier, Ma­rie Stuart et dans le Bor­de­lais de Dourthe, Châ­teau Ra­houl et Châ­teau de Ri­caud. Mais ne dîtes sur­tout pas à Alain Thié­not qu’il est à la tête d’un pe­tit em­pire, il risque alors de ran­ger son sou­rire franc pour un re­gard bien plus sombre

Ses pre­mières vignes : quatre hec­tares à Ay dont per­sonne ne vou­lait

Qui au­rait pré­dit le suc­cès lors­qu’il se trouve, en 1976 avec quatre hec­tares de vignes qu’il n’ar­rive pas à vendre ? « J’étais alors cour­tier et un de mes clients vou­lait vendre sa vigne à A y. J’ai fait le tour des grandes mai­sons, per sonne n’en v ou­lait. Nous étions en pleine crise et le prix de ces terres avait été di­vi­sé par trois. J’ai alors dé­ci­dé de fr an­chir le pa s et d’ache­ter ces quatre hec­tares pour mon pr opre compte. » Et voi­là com­ment on passe du sta­tut de cour­tier à ce­lui de vi­gne­ron ou de né­go­ciant. Et s’il se sou­vient comme si c’était hier de l’achat des pre­mières vignes, Alain Thié­not garde éga­le­ment un sou­ve­nir ému de la sor­tie de ses pre­mières bou­teilles. « Je suis im­mé­dia­te­ment al­lé voir mon père qui, avant d’être no­taire, avait di­ri­gé la mai­son Irr oy. Quand il a vu l’éti­quette avec mon nom et mon pr énom et il m’a dit : Thié­not, ce n’est pas un nom de cham­pagne mais un nom de not aire… » Il faut pré­ci­ser ici que son grand-père était no­taire et cer­tains lui voyaient un ave­nir dans une étude de la Marne.

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