Di­dier Ma­riot­ti : « une belle ven­dange 2014 »

À la tête des caves de la mai­son Mumm de­puis huit ans, Di­dier Ma­riot­ti a bien vou­lu se pen­cher sur la ven­dange 2014. Il nous donne son sen­ti­ment sur les fu­turs vins. Il est as­sez positif sur ce mil­lé­sime.

Bulles & Millesimes - - ENTRETIEN - Par Jean-Bap­tiste Du­teurtre

Bulles & Mil­lé­simes : Quelle ana­lyse qua­li­ta­tive faites-vous de cette ven­dange 2014 ? Di­dier Ma­riot­ti : Glo­ba­le­ment, je suis as­sez sa­tis­fait de cette ven­dange. Dans la pre­mière quin­zaine d’août, je sui­vais de­puis mon bu­reau l’évo­lu­tion des rai­sins. Je dois vous dire que j’étais un peu dé­pri­mé. Le temps était alors exé­crable. Fi­na­le­ment, en­core une fois, la mé­téo a été de notre cô­té dans les der­niers jours. La se­conde quin­zaine d’août et le mois de sep­tembre ont été très beaux avec une très faible plu­vio­si­té. Nous avons ré­col­té des rai­sins avec très peu de pour­ris. Il y avait un bon ren­de­ment dans les vignes et les gens ont pu trier les baies. Nous avons donc été très chan­ceux. Pour ce qui concerne la ma­tu­ri­té des rai­sins, c’est éga­le­ment très bon. Nous sommes, en cu­ve­rie, à dix de­grés de moyenne. Si je re­garde l’en­semble des don­nées de cette ven­dange, nous sommes as­sez proches de celle de 2008 qui avait don­né un beau mil­lé­sime. Le seul bé­mol a été ce sou­ci de dro­so­phile du­rant la pé­riode de grosse chaleur (NDLR : la dro­so­phile aus­si ap­pe­lé mouche du vi­nai­gr e est un in­secte qui se dé­ve­loppe lors de cha­leurs im­por­tantes. Lors de la der­nière vend an g e,elle a été dét ec­tée de fa­çon par­cel­laire es­sen­tiel­le­ment dans les sec­teurs du Pi­not Meu­nier ). Mais ce­la est res­té très lo­ca­li­sé et a du­ré trois ou quatre jours. Du coup, les gens ont vrai­ment joué le jeu en écar­tant les rai­sins tou­chés. Main­te­nant, pour connaître le réel bilan de cette ven­dange, il va fal­loir at­tendre la fin de l’an­née et les dé­gus­ta­tions de vins clairs. Fe­rons-nous un grand mil­lé­sime ? C’est en­core trop tôt pour le sa­voir.

Vous avez évo­qué les Pi­nots Meu­niers, mais quel est votre sen­ti­ment sur le Pi­not Noir et le Char­don­nay ? Pour les Noirs de la Mon­tagne de Reims comme ceux de l’Aube, nous avons eu de jo­lis Pi­nots. Ce­la sen­tait vrai­ment bon en cu­ve­rie lorsque nous étions en fer­men­ta­tion. Les Char­don­nays vont en­core bien s’en sor­tir. Ils ont été ré­col­tés aux bonnes dates et sont in­sen­sibles aux pro­blèmes de dro­so­phile. Je pense que nous au­rons donc de belles choses. Sa­ni­tai­re­ment, l’en­semble était tout de même as­sez ho­mo­gène. Il y avait de beaux équi­libres lorsque nous dé­gus­tions les baies avec une aci­di­té as­sez présente.

Cette ven­dange avait été an­non­cée très pré­coce mais elle a fi­na­le­ment été as­sez « nor­male ». Ef­fec­ti­ve­ment, en juin, beau­coup an­non­çaient une cueillette pré­coce. Ce­la n’a pas été le cas. Il fal­lait un peu at­tendre avant de se pro­non­cer car les ceps étaient très char­gés en rai­sins. Nous avons fi­na­le­ment ven­dan­gé aux dates ha­bi­tuelles.

La na­ture fait donc plu­tôt bien les choses en Cham­pagne… C’est la beau­té du mé­tier. Nous sommes liés à la mé­téo et nous ne pou­vons pas, heu­reu­se­ment, tout di­ri­ger. Glo­ba­le­ment, la Cham­pagne s’en sort en­core très bien.

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