Ez­nack « l’oe­no-com­mu­ni­cante » de Jac­quart

De­puis près de quatre ans, Flo­riane Ez­nack éla­bore les vins de Jac­quart. La mis­sion de cette oe­no­logue dé­passe tou­te­fois la seule réa­li­sa­tion des cu­vées. La jeune femme ap­pré­cie éga­le­ment son rôle d’am­bas­sa­deur de la mai­son.

Bulles & Millesimes - - PORTRAIT - Par Ma­thieu Georges

J’au­rais aus­si pu m’orien­ter vers la som­mel­le­rie mais j’aié­té sé­duite par l’idée d’ être à la base du vin.

Elle aime la com­mu­ni­ca­tion et as­sume ses goûts. Ne de­man­dez donc pas à Flo­riane Ez­nack de pas­ser l’an­née en­tière dans sa cu­ve­rie. « Ce n’est pas mon truc », ad­met l’oe­no­logue. La chef de cave de Jac­quart reste néan­moins une pas­sion­née de vin et la ga­rante de la qua­li­té et du style de la co­opé­ra­tive ba­sée à Reims. « Avec mes col­lègues des co­opé­ra­tives par­te­naires, Phi­lippe Du­puis de Pan­nier, Mi­chel P ari­sot de De vaux et Sé­bas tien Wa­la­siak de Col­let, nous f or­mons une équipe sou­dée qui échange beauc oup, mais à l’heure de la touche fi­nale, au mo­ment de va­li­der l’as­sem­blage, j’ai le der­nier mot. »

Chaque an­née, entre jan­vier et avril, Flo­riane Ez­nack se consacre es­sen­tiel­le­ment aux fu­tures cu­vées. Puis, du­rant les deux mois sui­vants, elle prend son bâ­ton de pè­le­rin et va prê­cher la bonne pa­role aux quatre coins du monde. « Le prin­ci­pal tr avail des oe­no­logues est bien sûr de c on­ce­voir des vins mais nous sommes aus si les am­bas­sa­deurs de nos en­tr eprises. Nous incarnons nos marques aux yeux du gr and pu­blic et l es consommateurs sou­haitent voir et sa­voir ce qui se c ache der­rière les bou­teilles. » Pour son plus grand plai­sir, elle aban­donne donc ré­gu­liè­re­ment les caves pour les hô­tels des pays étran­gers. « J’ap­pré­cie ce mé­lange des tâches. J’aime faire les as­sem­blages mais j’aime tout au­tant par­ler de mes vins avec des consommateurs et écou­ter leur avis. »

Dé­ve­lop­per la no­to­rié­té de la marque

De­puis dix an­nées en Cham­pagne, Flo­riane Ez­nack a su se fondre par­fai­te­ment dans le pay­sage ré­gio­nal. Née près d’An­gou­lême, cette Cha­ren­taise a été ini­tiée aux bons vins par son père. Et à l’heure du choix dans ses études, elle a op­té pour l’oe­no­lo­gie. « J’ai son­gé de ve­nir vé­té­ri­naire ou pil ote de chasse mais j’ai pr éfé­ré un mé­tier dav an­tage tour­né vers l’in­ter­na­tio­nal. Mon at­ti­rance pour le vin est liée à la convi­via­li­té in­hé­rente à cette bois­son, à la no­tion de par­tage qu’elle sus­cite. J’au­rais aus­si pu m’orien­ter vers la som­mell erie mais j’ai été sé­duit e par l ’idée d’être à la base du vin. » Pour ses études d’oe­no­lo­gie, elle choi­sit Reims, « un peu par ha­sard » . Un ha­sard qui fe­ra bien les choses. Quelques mois après avoir dé­cro­ché son di­plôme na­tio­nal d’oe­no­logue et forte d’une ex­pé­rience dans le conseil aux vi­ti­cul­teurs dans le Sud-Ouest, elle re­vient dans la ci­té des sacres et in­tègre l’équipe des « oe­no­logues c omm uni­cants » de la mai­son Clic­quot. « J’y ai été mar quée par l e tra­vail incr oyable des équipes du mark eting. Ma mis­sion consis­tait à jus­ti­fier la vé­ri­table ex­per­tise, la vraie his­toire et le sa­voir-faire de l’en­tre­prise dans la réa­li­sa­tion des vins. Au­jourd’hui, je suis à peu près à l’op­po­sé d’une telle vi­sion. Les gens savent que chez Jac­quart nous fai­sons des vins. L’im­por­tant est donc de dé­ve­lop­per la no­to­rié­té de la marque, no­tam­ment à l’étran­ger. » Vi­si­ble­ment très à l’aise dans l’art de com­mu­ni­quer comme dans ce­lui de réa­li­ser les vins, Flo­riane Ez­nack est heu­reuse de pou­voir par­ta­ger et échan­ger. Tant avec ses col­lègues oe­no­logues qu’avec le grand pu­blic au­quel elle ra­conte ses vins avec pas­sion.

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