Mi­chel Drap­pier, l’Aubois pres­sée

À la tête de la plus em­blé­ma­tique mai­son fa­mi­liale de l’Aube, Mi­chel Drap­pier vit sa pas­sion du cham­pagne sans un ins­tant de ré­pit…

Bulles & Millesimes - - PORTRAIT - Par Ro­main Pier­ru

Son grand-père Georges était sur­nom­mé le Père Pi­not.

«Nous sommes ici en Cham­pagne, la vr aie Cham­pagne ! » Mi­chel Drap­pier ter­mine à peine sa phrase que le voi­là re­par­ti. Pour de plus amples ex­pli­ca­tions sur la vraie Cham­pagne, il fau­dra at­tendre la fin de la vi­site des caves de la mai­son Drap­pier à Ur­ville, dans la côte des Bars. Le maître des lieux vient en ef­fet de cé­der à la re­quête de quatre tou­ristes -deux Belges et deux Al­le­mands- sou­hai­tant je­ter un oeil dans les sous-sols. Une dé­gus­ta­tion, trois ap­pels té­lé­pho­niques de clients, un ar­rêt par le bu­reau puis un pro­blème tech­nique à ré­gler sur une ti­reuse plus tard, il est dé­jà 13 heures. « Tou­jours au bur eau dès sept heur es du ma­tin », Mi­chel Drap­pier prend en­fin le temps de s’ar­rê­ter pour ré­pondre à quelques ques­tions. « C’es t vr ai que je ne tiens pas trop en place mais, sur­tout, on m’em­pêche de t enir en plac e » , as­sure le na­tif de l’Aube.

Un com­man­deur, les pieds dans la boue

À la tête d’une mai­son qui compte un peu moins de 60 hec­tares de vignes, Mi­chel Drap­pier est avant tout un pas­sion­né. C’est d’ailleurs cette pas­sion qui l’a conduit à prendre ré­gu­liè­re­ment des res­pon­sa­bi­li­tés au ni­veau in­ter­pro­fes­sion­nel. Sa der­nière charge en date fut celle de com­man­deur de l’ordre des Co­teaux de Cham­pagne, dont il a lais­sé les rênes il y a un peu plus d’un an. « Le lun­di, je peux êtr e les pieds dans la boue dans l es vignes d’Ur­vill e, le len­de­main au CIVC à Éper­nay pour une r éu­nion très sé­rieuse et le sur­len­de­main au res­tau­rant la Tour d’Ar­gent à To­kyo pour une

dé­gus­ta­tion ver­ti­cale avec des jour­na­listes. » L’homme a be­soin de contacts hu­mains pour vivre, et le cô­té fes­tif du cham­pagne les fa­ci­lite.

Le « père Pi­not »

Au pays du pi­not noir, Mi­chel Drap­pier n’ou­blie pas de re­mer­cier ses aïeux lors­qu’il évoque la réus­site de la mai­son. Il évoque no­tam­ment son grand-père Georges, sur­nom­mé le « père Pi­not », ou son père An­dré, 88 prin­temps cham­pe­nois au comp­teur. « Mon meill eur client c ar il boit enc ore une

bou­teille par jour » , confie le fils sur le ton de la bou­tade. Un oeil sur le pas­sé, Mi­chel Drap­pier garde bien en­ten­du l’ave­nir en ligne de mire. Le fu­tur porte le pré­nom de ses trois en­fants, Char­line, Hu­go et An­toine, d’ores et dé­jà as­so­ciés au fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise et tout au­tant pas­sion­nés que leur père. Le­quel trouve en­fin le temps d’ex­pli­quer que si l’Aube re­pré­sente la vraie Cham­pagne, c’est parce que les pre­miers vins éla­bo­rés dans la ré­gion ont été réa­li­sés ici, même s’ils n’étaient pas en­core ef­fer­ves­cents…

Mi­chel Drap­pier et son père An­dré

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