ON DI­RAIT LE SUD

En route vers le so­leil, Co­rine la ci­ta­dine a dé­cou­vert son pays de co­cagne. Elle s’y est ins­tal­lée, en­tou­rée de teintes vé­gé­tales et mi­né­rales, proches de la na­ture alen­tour.

Campagne Décoration - - SOMMAIRE - TEXTE MA­RIE-MAUD LEVRON – PHO­TOS ERIC D’HÉ­ROU­VILLE

Co­rine tra­vaillait dans le sec­teur des fi­nances d’une grande sta­tion de ra­dio. De­puis long­temps, un pro­jet lui trot­tait dans la tête : chan­ger de vie pour se consa­crer en­fin en­tiè­re­ment à sa pas­sion pour la bro­cante et la dé­co­ra­tion mais aus­si de fa­çon plus per­son­nelle trou­ver une mai­son de vacances dans le Sud de la France. Et, pour­quoi pas, y ins­tal­ler un sho­wroom ? Après avoir vi­si­té le Lu­bé­ron, la Drôme, les Al­pilles, son che­min (et son bud­get !) la mènent vers la ré­gion d’Uzès qu’elle ne connaît pas. L’ex­cep­tion­nelle beau­té des vil­lages entre vallons et col­lines sau­vages la sub­jugue.

Par­fums de gar­rigue et chant de ci­gales, cours d’eau pour se ra­fraî­chir, ves­tiges ro­mains et mar­chés ty­pi­que­ment pro­ven­çaux, com­ment ne pas se dire qu’on a trou­vé l’en­droit pour y ac­qué­rir une mai­son de vacances ? Co­rine y voit là aus­si un pe­tit signe du des­tin. Avec en­thou­siasme, elle se met en quête d’une jo­lie de­meure dans le pays sans idée pré­cise. Ses re­cherches se­ront longues, jus­qu’au jour où, de­puis son ap­par­te­ment pa­ri­sien, elle re­père sur In­ter­net une mai­son très sé­dui­sante (sans pour au­tant voir l’in­té­rieur !), à l’ouest d’Uzès. Elle saute dans le train pour faire l’al­ler-re­tour dans la jour­née. Sur place, elle dé­couvre une élé­gante bâ­tisse, si­tuée der­rière l’église d’un pe­tit vil­lage per­ché : belle, simple et

suf­fi­sam­ment grande pour y re­ce­voir amis et en­fants. C’est dé­ci­dé ! Après tant de mai­sons dé­ce­vantes, celle-ci a des pro­por­tions, une at­mo­sphère et une si­tua­tion idéales. Une se­maine après, Co­rine signe le compromis de vente.

Au pre­mier re­gard, Co­rine avait dé­jà réa­li­sé que les vo­lumes, les ma­té­riaux et les cou­leurs pas­sées de cette mai­son concor­daient par­fai­te­ment avec son uni­vers dé­co et lais­saient pré­sa­ger de bien jo­lies mises en scène. « Lors de ma pre­mière vi­site, chaque pièce me ré­jouis­sait et je sa­vais avant de dé­cou­vrir la sui­vante que ce se­rait un plai­sir ! », se sou­vient-elle. Si la par­tie

an­cienne de la mai­son a été ré­no­vée dans l’es­prit des bas­tides d’au­tre­fois et agran­die par l’an­cien pro­prié­taire sué­dois, un brillant ar­ti­san de la pierre, il reste à ima­gi­ner une belle cui­sine, une salle de douche et quelques fi­ni­tions. Co­rine sa­vait qu’avec un peu d’ima­gi­na­tion et beau­coup d’éner­gie, elle pou­vait ma­gni­fier l’in­té­rieur de cette mai­son à peu de frais ! Son ter­rain d’exer­cice : une salle à man­ger voû­tée, un sa­lon avec che­mi­née, des chambres avec de beaux vo­lumes sous pla­fond, une salle de bains spa­cieuse et une nou­velle cui­sine très fonc­tion­nelle ou­verte sur la ter­rasse du jar­din. Lais­sant libre cours à son ta­lent de dé­co­ra­trice, Co­rine ima­gine un dé­cor poé­tique et fé­mi­nin qui n’al­tère en rien la beau­té de la bâ­tisse.

Em­por­tée par son élan, elle s’at­telle à la fi­ni­tion de la plu­part des pièces. À l’in­té­rieur, elle écarte toute no­tion de cou­leur : cha­cune des pièces reste blanche comme ce­la se fait tra­di­tion­nel­le­ment dans la ré­gion. Seules sont to­lé­rées des têtes de lit et des portes an­ciennes aux teintes grises mates, mar­rons clairs ou roses pou­drées. La mai­son prend alors une autre di­men­sion : de­ve­nue claire et nette tout en res­tant douce à l’oeil, la voi­ci fin prête pour sa mé­ta­mor­phose. Le ta­lent de chi­neuse de Co­rine fait le reste. Elle y dis­pose des ob­jets chi­nés à tra­vers toute l’Eu­rope et no­tam­ment en Bel­gique, en Suède et au Da­ne­mark.

Des meubles re­cy­clés et des ob­jets tout simples dont la va­leur tient plus à la ca­pa­ci­té à ne pas se dé­mo­der qu’à leur ra­re­té, de la vais­selle en faïence blanche, dé­li­cate, de grosses toiles de chanvre uti­li­sées en nappe ou couvre-lit, de la ver­re­rie po­pu­laire et de grandes bras­sées de fleurs fraîches pour égayer l’en­semble. Au­jourd’hui, Co­rine pro­fite plei­ne­ment de son re­fuge pro­ven­çal et de la vie en dé­cou­vrant à vé­lo tous les at­traits de la cam­pagne alen­tour. D’ailleurs son rêve se­rait au­jourd’hui d’ache­ter des vignes ! En­fin dé­ten­due, elle peut se consa­crer plei­ne­ment à ce qu’elle aime et anime avec pas­sion : son site de dé­co­ra­tion et de conseil en ligne « Adeo­da­ta ». Un nom désuet et char­mant, don­né en mé­moire de sa grand-mère qui tient de­puis tou­jours une place très par­ti­cu­lière dans son coeur.

UNE TER­RASSE pro­longe le sa­lon et la salle à man­ger. Dès le dé­but du prin­temps, avant l’ar­ri­vée des grosses cha­leurs, Co­rine y dé­jeune et converse, avec les gens de pas­sage.

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