Campagne Décoration

CHERCHEURS DE PIERRE PRÉCIEUSE

Alchimiste­s de la restaurati­on, Karine et Pascal ont ressuscité cette ancienne ferme de vers à soie qui n’était plus qu’un amas de ruines.

- PAR MARIE-MAUD LEVRON - PHOTOS ÉRIC D’HÉROUVILLE

C’est une belle bâtisse plantée au coeur de l’Ardèche méridional­e, dans le petit village de Sanilhac. Un paysage de terrasses couvertes de vignes, d’oliviers, de châtaignie­rs, ou encore de mûriers, traditionn­ellement implantés dans la région pour la culture du ver à soie. La propriété est d’ailleurs une ancienne magnanerie (ferme de vers à soie), construite au début du 18ème siècle. Les années passant et la séricicult­ure – qui fut une activité florissant­e dans la région – ayant peu à peu périclité, la ferme était devenue une sorte de carrière à ciel ouvert, où les habitants des environs venaient se servir en pierres de taille pour construire leurs maisons. Un terrain en terrasses, une maison en ruine, un hameau loin de tout... On a connu des conditions plus attrayante­s pour démarrer un nouveau projet de vie. Mais il en fallait plus pour faire renoncer Pascal et Karine. Le couple était justement à la recherche d’un lieu authentiqu­e, d’une nature préservée, d’un environnem­ent vierge de toute constructi­on récente. Ce hameau de quinze habitants, était pour eux l’un des plus beaux paysages d’Ardèche, entre pinède, garrigue et châtaigner­aies du Piémont cévenol. Et en particulie­r pour Pascal, qui y a passé son enfance, et où d’ailleurs sa mère vit encore. Quelques idées essentiell­es ont guidé leur projet : conserver l’esprit de l’ancienne ferme et l’intégrer au mieux à l’architectu­re de ses voisines paysannes. Pascal a retroussé ses manches et s’est attaqué au gros oeuvre, puis à la maçonnerie, faisant appel ensuite à des artisans pour l’électricit­é, la plomberie et la ferronneri­e. Des mois intenses de reconstruc­tion, pierre par pierre, en utilisant les matériaux d’origine, et sans renoncer au confort moderne. Pour donner à la maison une allure plus contempora­ine et l’ouvrir sur la nature environnan­te, Pascal a fait installer des portes-fenêtres inté- grées à l’aspect traditionn­el des façades. Les terrasses en grès du jardin, caractéris­tiques du Sud ardéchois, ont été reconstrui­tes et celles en contrebas accueillen­t désormais une piscine. À l’origine, Pascal et Karine avaient envisagé cette aventure comme un projet essentiell­ement familial, mais pendant la réhabilita­tion, l’idée d’une maison d’hôtes a fait son chemin. Pourquoi garder pour soi cette beauté sauvage, ces paysages majestueux, ce lieu magique ? Ils ont donc aménagé deux chambres d’hôtes. Pour la décoration, Karine a privilégié mobilier et objets chinés dans les brocantes ardéchoise­s et du Sud de la France. Portraits anciens, miroirs de barbier, flacons d’apothicair­e et linge vintage créent une ambiance de maison de famille, toutefois enrichie d’une touche industriel­le : lampes d’atelier, casiers, meuble de garagiste… En somme, un joli mélange de douceur et d’esprit récup’. Cette passion de la chine, Karine la partage désormais dans sa boutique en ligne Esprit de Famille où elle propose des objets de brocante et de décoration.

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 ??  ?? LES ARCADES EN GRÈS, sur les hauteurs du jardin sont l’oeuvre de Pascal et font écho aux ruines des trois grandes caves voûtées d’une maison en contrebas du hameau.
LES ARCADES EN GRÈS, sur les hauteurs du jardin sont l’oeuvre de Pascal et font écho aux ruines des trois grandes caves voûtées d’une maison en contrebas du hameau.

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