Ba­lade à… Auxerre La belle Bour­gui­gnonne

Aus­si connue pour son équipe de foot­ball, long­temps en­traî­née par l’ine able Guy Roux, que pour son ap­par­te­nance au ré­seau des villes d’Art et d’His­toire –qui re­groupe les villes va­lo­ri­sant leur ar­chi­tec­ture et leur pa­tri­moine–, Auxerre de­meure l’une de

Camping-Car Magazine - - Sommaire - PAR N. THI­BAUT, TEXTE ET PHO­TOS

Il suf­fit de dé­cou­vrir Auxerre de­puis son port de plai­sance sur la rive droite de l’Yonne ou, mieux, de­puis sa pas­se­relle pié­tonne, pour de­vi­ner que la ville, hé­ris­sée de mo­nu­ments re­li­gieux, pré­serve un pa­tri­moine hors du com­mun. Ce der­nier est pro­té­gé dans un sec­teur – lui-même sau­ve­gar­dé – de 67 hec­tares, le deuxième de Bour­gogne après Di­jon. Mais com­men­çons par le com­men­ce­ment. A mi­che­min entre Pa­ris et Di­jon, Auxerre est un haut lieu du com­merce uvial, à l’ex­tré­mi­té du ca­nal du Ni­ver­nais. Il faut donc l’abor­der par le quar­tier de la Ma­rine, où se trouve par ailleurs l’Of ce de Tou­risme. Ce quar­tier s’est or­ga­ni­sé le long de la ri­vière, comme ses ha­bi­tants, les “gens de l’eau”, vi­vaient de l’ac­ti­vi­té flu­viale : tan­neurs, ba­te­liers, mar­chands, voi­tu­riers d’eau. En té­moigne aus­si l’ado­rable place Saint-Ni­co­las, avec sa fon­taine et la sta­tue du saint

pa­tron des ma­ri­niers en bois po­ly­chrome. Un peu plus loin, la place du Coche- d’Eau qui conserve la mé­moire de l’em­bar­ca­tion re­liant Auxerre à Pa­ris, trans­por­tant pas­sa­gers et mar­chan­dises. Elle se re­con­naît no­tam­ment à une belle de­meure en pierre et en bois da­tant du XVIe siècle.

Coeur his­to­rique Juste au- des­sus, après une pe­tite grim­pette, on voit se dres­ser l’ab­baye SaintGer­main, l’un des fleu­rons du pa­tri­moine auxer­rois. Construite au­tour du tom­beau de saint Ger­main, évêque d’Auxerre et grand évan­gé­li­sa­teur de la Gaule, l’ab­baye Saint- Ger­main est un en­semble mo­nas­tique main­te­nu dans son in­té­gra­li­té, re­cen­sant ain­si les styles ca­ro­lin­gien, roman, go­thique, clas­sique. Les cryptes de l’église conservent des fresques du IXe siècle qui re­pré­sentent le mar­tyre de saint Etienne, son ar­res­ta­tion, son ju­ge­ment et sa la­pi­da­tion hors les murs de Jé­ru­sa­lem. Il s’agit des plus an­ciennes pein­tures connues en France. Quant aux an­ciens dor­toirs, ils ac­cueillent sur deux étages les col­lec­tions du mu­sée d’Art et d’His­toire. La rue Co­chois fait le lien entre l’ab­baye et la ca­thé­drale Saint-Etienne, l’autre mo­nu­ment em­blé­ma­tique de la ville. Il fal­lut deux siècles pour ache­ver ce pres­ti­gieux édi­fice, « l’un des types de l’ar­chi­tec­ture go­thique les plus par­faits », se­lon Viol­let-le-Duc. Outre de ma­gni­fiques ver­rières, on y dé­couvre une très rare fresque d’un Ch­rist à che­val. Les ruelles et rues pié­tonnes du vieil Auxerre, où le com­merce tient en­core sa place, conduisent fa­ta­le­ment à l’élé­gante Tour de l’Hor­loge, si­tuée à deux pas de l’hô­tel de ville. Près d’elle, se trou­vait la mai­son du plus cé­lèbre huis­sier de France, Guillaume Rous­sel, plus connu sous le nom de Ca­det Rous­sel. Sa sta­tue trône sur la place Charles-Su­rugue dans un dé­cor re­mar­quable de mai­sons à pans de bois, bien res­tau­rées et hautes en cou­leur. Reste à ar­pen­ter les pas­sages et ve­nelles pit­to­resques ou le quar­tier SaintPierre… tous vous rem­me­nant au bord de l’Yonne, car à Auxerre, tout com­mence et tout nit au bord de l’eau.

1 1 LE VIEIL AUXERRE pro­pose un beau ré­per­toire de mai­sons à co­lom­bage. 2 LA STA­TUE de Ca­det Rous­sel, sur la place Charles­Su­rugue. 3 LE SCYPTORIUM de l’ab­baye Saint­Ger­main abrite le mu­sée mé­dié­val. 4 LA VOÛTE de l’église Saint­Pierre. 5 LA TOUR DE L’HOR­LOGE du XVe siècle se trouve au coeur du quar­tier pié­ton­nier du vieil Auxerre.

Vu du pont Paul­Bert, le”pa­tri­moine re­li­gieux d’Auxerre s’an­nonce gran­diose.

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