À VOIR & À FAIRE

Entre pié­mont et hautes val­lées béar­naises, les sites d’in­té­rêts ne manquent pas, qu’ils soient pa­tri­mo­niaux ou na­tu­rels.

Camping-Car Magazine - - ITINERAIRE / VILLAGES AT VALLEES DU BEARN -

1 CH­TEAU ET DO­MAINE LAÀS DE

Entre Sau­ve­terre-de-Béarn et Na­var­renx, dans un parc de 12 ha si­tué le long du gave d’Olo­ron, le châ­teau de Laàs pos­sède l’une des plus belles col­lec­tions d’arts dé­co­ra­tifs d’Aqui­taine, dans un do­maine où il fait bon âner. Cette gen­til­hom­mière du XVIIe siècle, en­tiè­re­ment meu­blée, abrite des ta­bleaux de maîtres (Ru­bens, Brue­gel, Fra­go­nard), des ta­pis­se­ries des plus grandes fa­briques (d’Au­bus­son, les Go­be­lins) ou en­core la re­cons­ti­tu­tion d’une chambre de Na­po­léon, mais aus­si une col­lec­tion de por­ce­laines et de faïences que vous dé­cou­vri­rez lors de la vi­site gui­dée. Pre­nez le temps de dé­cou­vrir en­suite le grand parc aux arbres cen­te­naires qui irte avec le gave d’Olo­ron. Jar­dins ita­liens ou exo­tiques ponc­tués de paillotes, cas­cades, bam­bou­se­raie, théâtre de ver­dure… Votre pro­me­nade se pour­suit dans le ver­ger, où sont plan­tées des va­rié­tés an­ciennes de pom­miers, pê­chers, vignes et autres pru­niers… In­fos châ­teau de Laàs : 05.59.38.91.53.

2 JUNTE DE RONCAL ( VAL­LÉE DE BA­RÉ­TOUS)

Chaque an­née le 13 juillet, de­puis plus de 600 ans, il y a foule au col de La Pierre Saint-Mar­tin. C’est là que de vio­lents af­fron­te­ments op­po­sèrent ja­dis des ber­gers es­pa­gnols et fran­çais pour des ques­tions d’eau et de pâ­tu­rages. Au dé­but du XIVe siècle, meurtres, en­lè­ve­ments, ex­pé­di­tions pu­ni­tives, em­bus­cades… se suc­cé­dèrent jus­qu’en 1375, an­née où fut pro­mul­guée une sen­tence ar­bi­trale consi­dé­rée comme le pre­mier trai­té écrit d’Eu­rope. Elle condamne no­tam­ment les ber­gers béar­nais à re­mettre, chaque été, à leurs voi­sins, trois gé­nisses de 2 ans. Ain­si, na­quit la Junte de Roncal aus­si ap­pe­lée “trai­té des trois vaches”, et cé­lé­brée de­puis, tous les 13 juillet, au­tour de la borne fron­tière 262. Le ri­tuel a ré­sis­té au temps : à mi­di pile, les al­cades es­pa­gnols re­trouvent, près de cette borne, les maires de la val­lée de Ba­ré­tous. Les clauses du trai­té sont rap­pe­lées à voix haute, tan­dis qu’en signe de paix, les élus em­pilent leurs mains sur la borne. Il ne reste plus qu’à choi­sir les trois gé­nisses par­mi un trou­peau de blondes d’Aqui­taine : dé­marche pu­re­ment sym­bo­lique car, de­puis long­temps, le tri­but est ac­quit­té en ar­gent li­quide. Un conseil : si vous sou­hai­tez as­sis­ter à l’évé­ne­ment, ar­ri­vez très tôt le ma­tin au col ou mon­tez-y la veille.

3 CHE­MIN M­TURE DE LA ( VAL­LÉE D’ASPE)

En val­lée d’Aspe, à proxi­mi­té du fort du Por­ta­let – qui fut, un temps, lieu de dé­ten­tion du ma­ré­chal Pé­tain – le sen­tier GR 10 dé­bouche su­bi­te­ment sur une pa­roi en à-pic, l’un des tron­çons les plus har­dis et spec­ta­cu­laires de ce haut che­min py­ré­néen. Bap­ti­sé à cet en­droit che­min de la Mâ­ture, c’est une page d’his­toire gra­vée à même la mon­tagne. Au XVIIe siècle, Col­bert, pour as­su­rer l’in­dé­pen­dance ma­ri­time de la France, or­don­na l’ex­ploi­ta­tion des fo­rêts béar­naises des­ti­nées aux mâts de la Ma­rine royale. La fo­rêt du Pacq, ré­pu­tée pour ses forts sa­pins, se ré­vé­lait idéale, mais iso­lée par les gorges de l’En­fer et sa fa­laise. Le pro­jet n’avait d’autre al­ter­na­tive que de l’en­tailler. Un tra­vail ti­ta­nesque au re­gard des moyens em­ployés : 3 000 hommes, per­chés sur des échelles ou sus­pen­dus à des cordes, creu­sèrent la pa­roi à coups de pics sur 1 200 m de lon­gueur, 4 de lar­geur et au­tant en hau­teur. Cette in­croyable ba­lafre ache­vée, le trans­port du bois s’ef­fec­tuait à l’aide de chars trac­tés par une paire de boeufs à l’avant, et re­te­nus par d’autres à l’ar­rière. De quoi don­ner le ver­tige aux mon­ta­gnards les plus aver­tis. Fris­sons ga­ran­tis pour les ran­don­neurs et les ac­crocs d’es­ca­lade, qui dé ent ici les gorges de l’En­fer avec 150 m plus bas, le tor­rent du Ses­coué. At­ten­tion le che­min de la Mâ­ture peut être très glis­sant par temps de pluie.

4 PARC’OURS DE BORCE

L’his­toire de ce parc com­mence dans les an­nées 1970 avec la dé­cou­verte d’un our­son par des en­fants d’une co­lo­nie de va­cances. Après quelques pé­ri­pé­ties, l’es­pace ani­ma­lier prend réel­le­ment forme en 2004 ; il est au­jourd’hui gé­ré par l’as­so­cia­tion Parc’Ours. Sur 7 ha, on y dé­couvre la faune py­ré­néenne sau­vage en se­mi-li­ber­té, une quin­zaine d’es­pèces tels ours bruns, bou­que­tins, mar­mottes, fu­rets, et mêmes des isards et des mou ons… au long d’un par­cours pé­destre (pré­voir des chaus­sures de marche) pas­sant d’en­clos en en­clos. D’autres es­paces sont ré­ser­vés aux ani­maux do­mes­tiques comme les ânes, les chèvres ou en­core les la­pins, ain­si que des ani­maux aban­don­nés, car le parc fait éga­le­ment of ce de re­fuge. Comp­tez au mi­ni­mum deux heures de ba­lade voire plus si vous vou­lez pro ter des es­paces pique-nique. Ou­vert toute l’an­née à par­tir de 10 h. In­fos Parc’Ours, es­pace ani­ma­lier de Borce : 06 01 73 46 09

5 RANDONNÉE AUX LACS D’AYOUS ( VAL­LÉE D’OS­SAU)

Au pan­théon des som­mets py­ré­néens, il en est un si po­pu­laire que son au­ra s’élève bien au-de­là de sa mo­deste al­ti­tude. So­li­taire, il culmine à 2 884 m, mais capte tous les re­gards, om­ni­pré­sent dans les pay­sages de la haute val­lée d’Os­sau. Au point que les gens du cru l’ont bap­ti­sé fa­mi­liè­re­ment “Jean-Pierre”, du nom, se­lon la lé­gende, de deux frères ju­meaux, Jean et Pierre, ber­gers des mon­tagnes d’Os­sau char­gés d’em­pê­cher l’in­tru­sion des bar­bares. “Jean-Pierre” c’est le pic du Mi­di d’Os­sau ! Su­perbe, al­tier, de­ve­nu le som­met em­blé­ma­tique des Py­ré­nées béar­naises. Pour le dé­cou­vrir sous son meilleur angle, il faut mon­ter aux lacs d’Ayous, trois taches bleu­tées po­sées en gra­dins, les lacs de Rou­mas­sot, du Miey et de Gen­tau que do­mine le re­fuge d’Ayous. Une as­cen­sion fa­cile, que l’on peut même faire en fa­mille, bien ba­li­sée, au dé­part du lac de Bious-Ar­tigues où il faut lais­ser son vé­hi­cule. Les très gros cam­ping-cars uti­li­se­ront, de pré­fé­rence, le grand par­king en contre­bas du lac. La ran­do de­puis le lac de Bious-Ar­tigues prend 4 heures al­ler-re­tour. Le mieux est de pro­gram­mer cette randonnée dans l’après­mi­di, et de traî­ner aux abords des lacs ou des re­fuges jus­qu’au cou­cher de so­leil. Si le temps est clair, le pic s’en amme alors… lit­té­ra­le­ment !

6 PE­TIT TRAIN D’AR­TOUSTE

C’est LA ba­lade à faire en haute-val­lée d’Os­sau. Cette ligne de che­min de fer, à voie unique et étroite, fut créée dans les an­nées 1920, pour la construction du bar­rage d’Ar­touste. Pen­dant dix ans, il per­mit d’ache­mi­ner sur le chan­tier ou­vriers et ma­té­riaux, dont les tonnes de bé­ton né­ces­saires à l’édi ca­tion de l’ou­vrage. A la n du chan­tier, la ligne fut main­te­nue pour l’en­tre­tien du barrge, puis de­vint un pe­tit train tou­ris­tique, l’un des plus hauts d’Eu­rope (2 000 m d’al­ti­tude). Le pé­riple dé­marre au vil­lage de Fa­brèges, où il faut em­prun­ter les té­lé­ca­bines qui posent les vi­si­teurs à la gare su­pé­rieure. Puis le voyage com­mence à bord de wa­gons à claire voie, pour 10 km de che­mi­ne­ment tran­quille à anc de mon­tagne, sur­plom­bant la val­lée pas­to­rale du Sou­souéou et of­frant un spec­tacle éblouis­sant. Par­ve­nu au bar­rage, comp­tez 15 mi­nutes pour re­joindre les bords du lac d’Ar­touste. Les plus cou­ra­geux peuvent en­tre­prendre une ran­do au re­fuge et au lac d’Ar­ré­mou­lit, en­châs­sés dans un cirque gra­ni­tique, en 3 heures al­ler-re­tour (aux mois de juillet et août, ré­ser­vez un billet “Ran­don­neur” qui pré­voit le temps de la ran­do). Le train d’Ar­touste fonc­tionne de mi-mai à mi-oc­tobre. Pe­tit train d’Ar­touste : 05.59.05.36.99, www.trai­nar­touste.com ou www. al­ti­ser­vice.com/ex­cur­sion/ train-ar­touste

La Junte de Roncal, à La Pierre Saint Mar­tin.

Au Parc’Ours de Borce, en val­lée d’Aspe.

Le pe­tit train d’Ar­touste, en val­lée d’Os­sau.

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