In­cer­ti­tude et op­ti­misme

Camping-Car Magazine - - Éditorial - JEAN-MI­CHEL GALÈS RÉ­DAC­TEUR EN CHEF

Nous vi­vons vrai­ment une époque sin­gu­lière. Qui aurait pu ima­gi­ner qu’un être mi­cro­sco­pique puisse un jour plon­ger l’éco­no­mie mon­diale dans une pro­fonde ré­ces­sion ? Seul un au­teur de roman d’an­ti­ci­pa­tion aurait été ca­pable de conce­voir un tel scé­na­rio. Les épi­dé­mies et les con its ar­més sont les deux éaux les plus craints par les hommes. Et c’est bien un vi­rus, in­vi­sible à l’oeil nu, qui nous a contraints à mettre ge­nou à terre. Les deux tiers de l’hu­ma­ni­té se sont donc re­trou­vés plon­gés dans le con ne­ment pen­dant de longues se­maines. Seul moyen ef cace pour en­di­guer la pro­pa­ga­tion de la Co­vid-19, ma­la­die pro­vo­quée par un co­ro­na­vi­rus in­con­nu, et beau­coup plus mor­telle que la grippe. En France, nous avons dû res­ter dans nos foyers et ou­blier le cam­ping­car pen­dant 55 jours. Em­pri­son­nés chez nous avec, pour beau­coup, notre vé­hi­cule sta­tion­né dans le jar­din dans l’at­tente de pou­voir, en n, re­prendre la route. Ce qui s’est pro­duit le 11 mai. Une pseu­do li­bé­ra­tion puisque nous n’avons été au­to­ri­sés à cir­cu­ler que dans un cercle dont le rayon fait 100 km et dans les li­mites de notre dé­par­te­ment. Mais la bonne nou­velle, c’est que les aires de ser­vices, les étapes France Pas­sion et les ac­cueils chez les par­ti­cu­liers de Ho­meCam­per sont qua­si­ment toutes ou­verts.

Par pru­dence, sans doute, tous les cam­ping-ca­ristes ne se sont pas rués sur les routes dès le pre­mier jour du dé­con ne­ment. Cer­tains pré­fé­rant même re­pous­ser leur pre­mière sor­tie de quelques se­maines, voire de quelques mois pour évi­ter une éven­tuelle deuxième vague épi­dé­mique tant re­dou­tée.

Lorsque vous li­rez ces lignes, la si­tua­tion au­ra en­core évo­lué. Nous le sou­hai­tons vi­ve­ment. Car à l’heure où nous ré­di­geons cet édito, nous ne pou­vons pas sa­voir de quoi de­main se­ra fait. Tout juste pou­vons-nous nous ap­puyer sur des hy­po­thèses et des es­poirs. Comme la ré­ou­ver­ture des cam­pings en­vi­sa­gée le 2 juin, et celle des bars et res­tau­rants sou­hai­tée par les pro­fes­sion­nels pour la mi-juin. Im­pos­sible de se pro­je­ter da­van­tage dans l’ave­nir, dans l’été, voire dans l’au­tomne. D’ailleurs de grandes marques de cam­ping-cars ont d’ores et dé­jà an­non­cé leur re­trait de leur par­ti­ci­pa­tion à tous les sa­lons d’au­tomne. Le Groupe Er­win Hy­mer, la marque Concorde, l’amé­na­geur Pössl, l’équi­pe­men­tier Lip­pert Com­po­nents Inc. n’ex­po­se­ront pas leurs gammes, ni à Düs­sel­dorf, ni à Parme, ni à Pa­ris-Le Bour­get.

Fort heu­reu­se­ment, le Pre­mier mi­nistre s’est mon­tré ras­su­rant en ex­pli­quant que les Français pour­ront par­tir par­tout dans l’Hexa­gone du­rant leurs congés es­ti­vaux. Mais on n’en reste pas moins du­bi­ta­tif et sus­pen­du à l’évo­lu­tion de l’épi­dé­mie. Cette in­cer­ti­tude nous pèse in­dé­nia­ble­ment. Même si nous nous sen­tons en sé­cu­ri­té dans notre cam­ping-car. Vé­hi­cule dont tout le monde au­jourd’hui vante les qua­li­tés (res­pect des gestes bar­rières et dis­tan­cia­tion so­ciale). Il se pour­rait donc que les ré­ser­va­tions abondent dans les agences de lo­ca­tion ce mois-ci. Un bon point pour notre mode de loisirs qui va se faire con­naître au­près d’une po­pu­la­tion qui n’aurait sans doute ja­mais en­vi­sa­gé pra­ti­quer du cam­ping-car avant la crise. Et le ot de cam­ping-cars sur les routes va aus­si contraindr­e les com­munes, y com­pris les plus ré­ti­centes, à nous ac­cep­ter sur leur ter­ri­toire. Voire à créer des aires de ser­vices. Un rayon de so­leil qui vient égayer l’orage que nous tra­ver­sons.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.