Coups de pouce et bons tuyaux

Causette - - LES COLLAB'ELLES - Par Sa­rah Du­mont * Centre de for­ma­tion et de per­fec­tion­ne­ment des jour­na­listes, à Pa­ris.

« J’aime ce qui me met en dan­ger et je ne veux sur­tout pas sa­voir ce qui se pas­se­ra pour moi de­main. » Voi­là comment Flo­rence Haxel se dé­fi­nit. Al­ler­gique à la rou­tine, cette pim­pante bru­nette se lance sans cesse de nou­veaux chal­lenges. En 2011, La Tri­bu des créa­teurs, agence de di­rec­tion et pro­duc­tion ar­tis­tique évé­ne­men­tielle, qu’elle a fon­dée dix ans plus tôt, marche très bien. Trop bien pour elle. L’en­nui la guette… « De­ve­nue ma­man, je fai­sais dé­sor­mais par­tie de ces su­per na­nas qui jonglent avec toutes les fa­cettes de leur vie. Et le sen­ti­ment d’en­traide qui nous lie les unes aux autres me bluf­fait », confiet-elle. Flo­rence dé­cide alors de créer un ou­til pour fa­ci­li­ter ces échanges de bons pro­cé­dés. « Je n’avais au­cune idée du bu­si­ness mo­del, mais je sa­vais que ça al­lait mar­cher. » En 2012, elle fonde Mes bonnes co­pines, le pre­mier ré­seau col­la­bo­ra­tif au fé­mi­nin, en s’as­so­ciant à un pro du di­gi­tal.

La « bonne co­pine », c’est aus­si bien la fille qui donne son Maxi-Co­si parce que ses en­fants ont gran­di que la geek qui vient à votre se­cours pour créer un site Web ou une étu­diante en so­phro­lo­gie qui offre des séances d’es­sai pour par­faire sa tech­nique… « Il ne s’agit pas d’une so­li­da­ri­té so­ciale ni mo­rale. On aide l’autre parce qu’on y trouve un in­té­rêt, que ça booste sa confiance en soi ou parce que ça per­met d’élar­gir son ré­seau », dé­crypte-t-elle.

En cinq ans, la pla­te­forme a per­mis de rendre 22 500 ser­vices et d’or­ga­ni­ser 850 évé­ne­ments gra­tuits. Elle compte au­jourd’hui 50 000 membres. Des mails la re­mer­ciant d’avoir don­né lieu à une belle ami­tié ou à une as­so­cia­tion fruc­tueuse, Flo­rence en re­çoit au moins deux par semaine. Son bu­si­ness mo­del, elle l’a trou­vé en consul­tant deux cents bonnes co­pines dans dix villes de France. « En leur par­lant, j’ai com­pris qu’elles ne fai­saient plus confiance aux marques : elles avaient be­soin de créer entre elles les pro­duits ou ser­vices de de­main. J’ai donc croi­sé les in­té­rêts de la com­mu­nau­té avec les be­soins des an­non­ceurs. » L’af­faire est lan­cée ! Si­mone Pé­rèle, les ma­ga­sins bio Bo­ta­nic, Ikea… com­mandent à Mes bonnes co­pines des études de mar­ché. E-mai­ling à la com­mu­nau­té, sé­lec­tion des tes­teuses, ani­ma­tion de l’étude, plan mar­ke­ting… Flo­rence se charge de tout. Si les membres du ré­seau émettent leur avis gra­tui­te­ment, l’en­tre­prise fac­ture ces études. En 2016, son chiffre d’af­faires s’élève à 250 000 eu­ros. Tout roule. À tel point que Flo­rence a ef­fec­tué un nou­veau vi­rage. « Après vingt ans en élec­tron libre, j’ai ac­cep­té un poste de di­rec­trice de la com­mu­ni­ca­tion du CFPJ * pour as­su­rer leur trans­for­ma­tion di­gi­tale. » La jeune femme par­tage ain­si son temps entre Pa­ris et Cannes, où vivent son ma­ri et ses en­fants. Mais pas ques­tion de se po­ser pour au­tant. Dès que les éco­liers sont en week-end, la fa­mille em­barque à bord d’un cam­ping-car, di­rec­tion in­con­nue ! « Ce que j’aime le plus, c’est de ne pas sa­voir où on at­ter­ri­ra le soir. À la nuit tom­bée, on s’ins­talle dans le jar­din d’agri­cul­teurs. Et le ma­tin, les en­fants vont cher­cher les oeufs tan­dis qu’on cause prix du lait avec les pro­duc­teurs », ra­conte-t-elle, les yeux pé­tillants. En voi­là une qui sait dé­cro­cher…

Flo­rence Haxel.

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