LES ANGES PORTENT DU BLANC TOUT EN NUANCES

Causette - - CULTURE - A. A.

Vi­vian Qu, rare réa­li­sa­trice qui par­vient à tra­cer sa route, au­jourd’hui, dans le ci­né­ma chi­nois, re­vient avec un thril­ler pas­sion­nant qui nous ra­conte bien des choses sur le corps des femmes et les pa­ra­doxes bru­taux de son pays. Bien­ve­nue sur l’île de Hai­nan, à l’ex­trême sud de la Chine ! Ses plages, ses nou­veaux riches… et ses abus sexuels. En dé­pit de son titre, Les Anges portent du blanc est un film noir. Qui noue son in­trigue si­nueuse au­tour de l’agres­sion, dans un mo­tel, de deux col­lé­giennes par un homme mûr et haut pla­cé. Seul té­moin : Mia, une ado­les­cente qui tra­vaillait à la ré­cep­tion ce soir-là. Sur­vi­vant au jour le jour et sans pa­piers, elle n’a pas vrai­ment en­vie de par­ler. Pas plus que Wen, l’une des deux vic­times. Elle a pous­sé comme une herbe folle aux cô­tés d’une mère dé­mis­sion­naire et d’un père in­ter­mit­tent…

D’ori­gines dif­fé­rentes, Mia et Wen ré­ver­bèrent les mu­ta­tions d’une Chine contem­po­raine dans la­quelle tout se mon­naie mais où elles conti­nuent, comme leurs mères, à faire les frais d’une so­cié­té pa­triar­cale ob­sé­dée par la vir­gi­ni­té de ses filles. Vi­vian Qu in­ter­roge fi­ne­ment les no­tions de pu­re­té et de li­ber­té. D’au­tant plus dou­teuses lorsque celles-ci sont dé­fi­nies par un sys­tème au­to­ri­taire et cor­rom­pu.

Les Anges portent du blanc, de Vi­vian Qu. En salles.

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