C’est drôle,

Causette - - ÉDITO - Cau­sette

même moi, je me suis presque pris les pieds dans le ta­pis, dis donc. Quand j’ai eu l’idée (brillante) de de­man­der à Ma­rion Sé­clin, l’idole de nos jeunes soeurs fé­mi­nistes sur In­ter­net, de bien vou­loir faire ma couv, j’étais li­mite gê­née aux en­tour­nures. Je com­men­çais à suer de la mous­tache rien qu’à l’idée de lui dire qu’on al­lait par­ler de cul. En mon for in­té­rieur, j’étais sûre qu’elle n’al­lait pas être chaude-chaude pour prê­ter son image à un dos­sier olé olé. Que nen­ni ! Elle a bon­di : « Oh bah, évi­dem­ment ! J’adore le sexe et je passe ma vie à dé­fendre l’idée que c’est im­por­tant qu’il ne soit plus ta­bou. » Au­tant te dire que, dans un pre­mier temps, je me suis fouet­té les ge­noux et, en­suite, je me suis fé­li­ci­tée de l’avoir choi­sie comme Co­pine du mois. Au fi­nal, j’ai sur­tout réa­li­sé que, ma foi, ce dos­sier n’al­lait pas être in­utile. Pour nous toutes, à com­men­cer par moi. Nan, mais c’est fou comme elle est ré­sis­tante, cette image des fé­mi­nistes coin­cées, frus­trées, fri­gides… pour ne pas dire mal bai­sées. Et, for­cé­ment, si on veut l’éga­li­té entre les sexes, c’est qu’on a en­vie de cou­per les qué­quettes. Bon, il va de soi que cette idée a dé­pas­sé la date de pé­remp­tion de­puis fort long­temps, mais ce que je vais vous ra­con­ter, c’est que, en réa­li­té, le fé­mi­nisme, non seule­ment ne nous trans­forme pas en bonnes soeurs re­fou­lées, mais va tout sim­ple­ment nous faire grim­per tout en haut du ri­deau. Je m’em­balle ? Bah non ! Si ? Mais lais­sez-moi m’em­bal­ler, d’abord. Donc. Je di­sais. La grande nouvelle, c’est que le fé­mi­nisme est sans nul doute la clé de l’or­gasme, le point G du couple et le se­cret du plai­sir. Pour les hommes comme pour les femmes. Quoi de plus ban­dant que le consen­te­ment ? Quoi de plus ex­ci­tant que la connais­sance de son ana­to­mie ? Quoi de plus exal­tant que le res­pect de soi et de son dé­sir ? Quoi de plus af­frio­lant que de s’af­fran­chir des normes et des cli­chés ? Quoi de plus li­bé­ra­teur que de dire fuck au corps par­fait pour pou­voir jouir en toute tran­quilli­té sans pen­ser à son image dans le re­gard de l’autre ? Fran­che­ment, moi, j’ai pas trou­vé mieux. Parce qu’on l’ou­blie trop : notre prin­ci­pal or­gane sexuel… c’est le cer­veau ! Un seul con­seil, donc, pour cet été : faites mar­cher vos mé­ninges !

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