"JE SUIS VERTE!"

Ac­tua­li­tés chaudes en pro­ve­nance de la grosse boule que nous avons sous les pieds : la Terre.

Causette - - LA CABINE D’EFFEUILLAGE - PAR ÉRIC LA BLANCHE

Sans dé­con­ner ?

C’est l’his­toire de l’un des plus gros scan­dales sa­ni­taires de tous les temps. Ça se passe sur le ter­ri­toire d’outre-mer fran­çais, en Martinique et en Gua­de­loupe, là où les pro­duc­teurs de ba­nanes ont été au­to­ri­sés à uti­li­ser, jus­qu’en 1993, un pes­ti­cide hy­per dan­ge­reux, in­ter­dit aux États-Unis dès 1976 et, en France mé­tro­po­li­taine, à par­tir de 1990 : la chlor­dé­cone (ça ne s’in­vente pas). Comme d’hab, les in­té­rêts fi­nan­ciers des plan­teurs, sou­te­nus par de puis­sants lob­bies, passent avant la san­té des ci­toyens. Il fau­dra at­tendre dix-sept ans après les Amé­ri­cains pour que le poi­son soit, en­fin, in­ter­dit aux An­tilles. S’en­suit alors toute une sé­rie de me­sures bi­zarres, ma­gouilles po­li­tiques, désinformation et coups en douce pour plan­quer les res­pon­sa­bi­li­tés de cette ef­froyable sa­lo­pe­rie qui fait que la qua­si-to­ta­li­té des An­tillaise·s, soit 800 000 per­sonnes, a été dé­li­bé­ré­ment em­poi­son­née. De­puis, les taux de cancer de la pros­tate et les nais­sances pré­ma­tu­rées, entre autres, ont ex­plo­sé. Des mé­de­cins constatent aus­si une aug­men­ta­tion des pro­blèmes psy­cho­mo­teurs et hor­mo­naux chez les en­fants. Et c’est loin d’être ré­glé puisque le poi­son peut per­sis­ter dans l’en­vi­ron­ne­ment jus­qu’à SEPT CENTS ans. Bi­zar­re­ment, ce qu’il faut bien ap­pe­ler un crime de masse ne fait pas beau­coup de vagues en métropole. Les mé­dias en parlent, un peu, puis passent à autre chose. Pen­dant ce temps, celles et ceux qui ont per­mis cette abo­mi­na­tion en toute connais­sance de cause coulent des jours tran­quilles en ser­rant les fesses, es­pé­rant vrai­sem­bla­ble­ment que le scan­dale de la chlor­dé­cone fi­ni­ra par las­ser le grand pu­blic. C’est ce qu’on va voir.

Note de chauf­fage

Si on vous an­nonce que, mal­gré le réchauffement du cli­mat, les pays du G7 filent en­core, chaque an­née, 100 mil­liards de dol­lars de sub­ven­tions aux in­dus­tries fos­siles, vous al­lez pen­ser qu’on a snif­fé de la colle à bois. Sauf que, non, tout est vrai ! Rien qu’en France presque sept jo­lis pe­tits mil­liards – un « po­gnon de dingue » qui au­rait été bien utile pour faire des trucs in­tel­li­gents – partent en­core, chaque an­née, dans des sub­ven­tions aux éner­gies fos­siles, se­lon l’ONG Over­seas De­ve­lop­ment Ins­ti­tute (ODI). Payer pour ça, ça donne en­vie de se ta­per la tête contre les murs… ou de snif­fer de la colle à bois, jus­te­ment. Ça tombe bien, on connaît de très bonnes marques.

EN TAULE LE CLI­MAT

C’est bien sym­pa de pas­ser son temps à râ­ler, mais qu’est-ce qu’on peut faire de concret à part cou­rir en hur­lant tout·e nu·e dans la rue (sans par­ler de la crampe au poi­gnet à force de si­gner des pé­ti­tions sur In­ter­net) ? Eh bien, por­ter plainte contre le réchauffement cli­ma­tique de­vant la Cour de jus­tice de l’Union eu­ro­péenne, par­di ! Pour rap­pe­ler aux de­mi-dieux qui siègent aux som­mets que l’Eu­rope est cen­sée nous pro­té­ger et agir. Alors, si vous vou­lez por­ter plainte, con­tac­tez, vous aus­si, le People’s Cli­mate Case. Et, ras­su­rez-vous : ils ont aus­si une pé­ti­tion *.

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