À CORPS OU­VERT

Causette - - CULTURE -

Avouons-le : on ne goûte pas tou­jours l’au­to­fic­tion à la fran­çaise, gé­né­ra­le­ment nom­bri­liste et plate. Mais, gui­dé par la curiosité du cri­tique, on ouvre cette Dia­go­nale du dé­sir et on tombe en fait sur une au­to­fic­tion ru­sée, fé­mi­nine et uni­ver­selle. Un jeu de piste qui em­barque (et concerne) tout le monde : son au­teur, ses per­son­nages et ses lec­teurs. À la peine dans une his­toire d’amour, une nar­ra­trice ap­pe­lée « Madame X » dé­cide de dé­fier son propre dé­sir pour mieux l’in­ter­ro­ger et faire le point. Elle choi­sit un pro­cé­dé ris­qué, dé­ni­chant dix per­son­nages et leur de­man­dant des « gages sexuels » (en­ten­dez : des ex­pé­riences) : un psy­cha­na­lyste, un phi­lo­sophe, une nonne, un her­ma­phro­dite et quelques autres que nous ne ré­vé­le­rons pas ici sous peine de trop en dire sur les ten­ta­tions et les per­ver­sions. Ra­pi­de­ment, Madame X semble un (maigre) pa­ravent au­to­bio­gra­phique pour Sin­zia­na Ra­vi­ni, qui ra­conte par frag­ments les aléas du dé­sir chez une femme, qui, somme toute, ne sait plus vrai­ment ce qu’elle veut. Alors elle joue, et nous aus­si. U HU­BERT ARTUS

La Dia­go­nale du dé­sir, de Sin­zia­na Ra­vi­ni. Éd. Stock, 368 pages, 20,50 eu­ros.

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