Je ne m’en re­mets pas.

Causette - - ÉDITO -

Ce mo­ment qu’on a vé­cu, le 24 no­vembre, c’était quelque chose, quand même. Moi à Pa­ris avec cer­taines d’entre vous. Vous autres, à Lyon, Mar­seille, Rennes, Nantes ou Tou­louse. Une grande vague vio­lette. On était belles. On était fières. On a chan­té, re­dou­blé d’hu­mour et d’in­ven­ti­vi­té pour créer des pan­cartes et des slo­gans ef­fi­caces. Oui, en­semble, #NousToutes, nous étions fortes. Tous les âges étaient re­pré­sen­tés. Des jeunes filles très jeunes (et très mo­ti­vées) aux femmes d’ex­pé­rience-s (c’est pas rien en la ma­tière !). Et aus­si de toutes les cou­leurs. Mais ça, heu­reu­se­ment, ça n’est plus un su­jet dans les ma­nifs fé­mi­nistes... Et pour­tant, avec toutes nos dif­fé­rences, on était toutes de la même nuance : vio­lette !

À notre im­mense joie, nous étions aus­si #NousTous. Le nombre d’hommes, to­ta­le­ment in­édit, qui a ral­lié la ma­ni­fes­ta­tion contre les vio­lences sexistes et sexuelles, était his­to­rique. À vue de nez, ils étaient presque un tiers. Par­fois même par pe­tits groupes de mecs uni­que­ment, ve­nus en­semble sou­te­nir la cause. Ça ré­chauffe. Car évi­dem­ment, rien ne chan­ge­ra sans eux. Je le crie depuis long­temps. Et fi­gu­rez-vous que, non seule­ment ils marchent avec nous, mais ils sont de plus en plus nom­breux à s’at­ta­quer concrè­te­ment et fron­ta­le­ment à la charge men­tale. Pour prendre leur part, en­fin ! Il y a ceux qui se battent ar­dem­ment pour un congé pa­ter digne de ce nom, ceux qui de­mandent à pou­voir chan­ger les couches, pei­nards, dans les toi­lettes des hommes, ceux qui ba­taillent pour prendre leur mer­cre­di sans culpa­bi­li­ser. Plein feu sur ces da­rons qui montent au front. Au som­met de leur mon­tagne, ils plan­te­ront un fa­nion. Vio­let.

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