L’INDIGNÉ DES TABLES À LAN­GER

Donte Pal­mer, 31 ans, en avait marre que ce soit la ga­lère pour chan­ger son bé­bé dans les toi­lettes des hommes. Ce pro­fes­seur à Saint Au­gus­tine, en Flo­ride (États-Unis), père de trois en­fants, a donc créé le ha­sh­tag #SquatForC­hange.

Causette - - EN COUVERTURE - É. L. B.

« “C’est un mes­sage sé­rieux ! Pour­quoi ne pas avoir de tables à lan­ger dans les toi­lettes des hommes, c’est comme si on n’exis­tait pas ? Re­gar­dez comme mon fils est à l’aise ! C’est clai­re­ment parce qu’on fait ça sou­vent. C’est la rou­tine pour lui. Ré­glons ce pro­blème.” C’est avec ce mes­sage, que j’ai pos­té sur les ré­seaux so­ciaux le 23 sep­tembre, que l’aven­ture a com­men­cé.

Je dé­jeu­nais en fa­mille dans un res­tau­rant de Saint Au­gus­tine et, comme à mon ha­bi­tude, je suis al­lé chan­ger mon fils de 1 an aux toi­lettes. Faute de tables à lan­ger dans celles des hommes [leur ins­tal­la­tion dans tous les bâ­ti­ments pu­blics – ac­ces­sibles aux femmes comme aux hommes – est pour­tant ins­crite dans la lé­gis­la­tion fé­dé­rale depuis 2016, ndlr], j’ai dû une fois de plus m’ac­crou­pir [to squat, en an­glais] et le chan­ger sur mes ge­noux. Mon fils aî­né, qui vient sou­vent m’ai­der puisque nous sa­vons qu’il n’y a qua­si­ment ja­mais d’ins­tal­la­tion adap­tée, a pris quelques pho­tos. Ça le fai­sait rire de me voir dans cette po­si­tion. Ma femme les a re­gar­dées, s’est in­di­gnée, et j’ai dé­ci­dé de les mettre en ligne.

Le mes­sage, par­ta­gé par beau­coup de pères de fa­mille, a ra­pi­de­ment fait le tour du monde. Et nombre d’entre eux ont pos­té des pho­tos d’eux dans la même po­si­tion. C’est là que j’ai créé le ha­sh­tag #SquatForC­hange en ajou­tant : “Nous nous ac­crou­pi­rons jus­qu’à ce que ce­la change !” Pour moi, c’est une ques­tion d’éga­li­té ! Je trouve ça in­té­res­sant de m’oc­cu­per de mes en­fants, de prendre soin d’eux et de chan­ger leurs couches. Je suis comme ça grâce à mon père, que j’ai tou­jours vu par­ti­ci­per aux tâches mé­na­gères. Je me rap­pelle de lui s’oc­cu­pant de ma plus jeune soeur et lui di­sant qu’il l’ai­mait. Il a vrai­ment été un exemple pour moi. Main­te­nant que j’ai une fa­mille, je fais pa­reil avec mes en­fants, je leur montre que gran­dir – re­lax ! –, ce n’est pas cor­res­pondre à un rôle gen­ré et s’en­fer­mer dans une boîte. Avec mes fils, on se met à la cui­sine, ils pré­parent à man­ger avec leur mère, avec moi, ils net­toient leur chambre. On ne leur dit pas que c’est le tra­vail de ma­man ou de pa­pa, mais que c’est le leur. Et ça les rend meilleurs. Sur­tout, je les écoute et je leur parle et ça m’ap­prend à être meilleur moi aus­si, comme homme et comme père. J’ai été très ho­no­ré de re­ce­voir des mes­sages d’Aus­tra­lie, du Ja­pon, de France, à pro­pos de #SquatForC­hange, qui me disent que je suis un pa­pa qui fait chan­ger les choses – waouh ! –, c’est gé­nial. Mais en fait, je suis juste un père at­ten­tif et cons­cient des choses… »

“Par­ta­gé par beau­coup de pères de fa­mille, le mes­sage a vite fait le tour du monde ”

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