UNE AF­FAIRE DE FA­MILLE DES PER­DANTS MA­GNI­FIQUES

Causette - - CULTURE - A. A.

De l’art de la li­tote… Kore- eda est un ci­néaste ja­po­nais qui a tou­jours su tri­co­ter des films en­ga­gés quoique sub­tils. On se sou­vient de la douce ­des­cente aux en­fers des en­fants per­dus de No­bo­dy Knows (2004). Une af­faire de fa­mille s’ins­crit dans ce même sillon puis­qu’il in­ter­roge une fois en­core ­l’es­prit… de fa­mille, clé de voûte a prio­ri de la so­cié­té nip­pone. Sauf que cette nou­velle chro­nique s’avère, in fine, plus cor­ro­sive. Sa pre­mière par­tie, tendre, em­pa­thique, nous em­barque d’abord dans le quo­ti­dien joyeux d’une tri­bu re­com­po­sée, aus­si so­li­daire que gen­ti­ment amo­rale (ça cha­parde, glan­douille, bosse dans un peep-show, mais ça re­cueille aus­si une pe­tite fille bat­tue par ses pa­rents). Tan­dis que la se­conde, plus froide, donne à voir com­ment ce foyer hors norme est dé­man­te­lé, au nom de la loi et du po­li­ti­que­ment cor­rect. C’est alors que Kore-eda se ré­vèle cri­tique. Il lui suf­fit d’un plan sur la fillette, dé­chi­rant, pour nous faire com­prendre qu’il se­ra tou­jours du cô­té des per­dants. Au­tant dire que sa Palme d’or est ar­chi mé­ri­tée.

Une af­faire de fa­mille, de Hi­ro­ka­zu Kore-eda. Sor­tie le 12 dé­cembre.

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