LES CON­FINS DU MONDE AU COEUR DES TÉ­NÈBRES

Causette - - CULTURE - A. A.

Les Con­fins du monde s’im­pose comme l’une des oeuvres les plus puis­santes de l’im­pré­vi­sible Guillaume Ni­cloux (Val­ley of Love, La Re­li­gieuse). Si­non la plus éton­nante. Dé­jà par le choix de son cadre : la jungle in­do­chi­noise de 1945 ! Un film de guerre donc ? Un film an­ti­guerre plu­tôt, qui n’hé­site pas à se pla­cer sous la hou­lette hal­lu­ci­née d’Apo­ca­lypse Now de Fran­cis Ford Cop­po­la (donc de Jo­seph Con­rad). S’il suit pas à pas la quête (ven­ge­resse) d’un sol­dat fran­çais, seul sur­vi­vant d’un mas­sacre où son frère a pé­ri, ce long-mé­trage ra­conte sur­tout le conflit… in­té­rieur de cet homme bles­sé (so­bre­ment in­car­né par Gas­pard Ul­liel). Son er­rance, construite comme une boucle, s’ap­pa­rente à un voyage ini­tia­tique. À moins qu’il ne soit post-mor­tem ! Dé­cor, son, images, mise en scène : tout con­corde pour fa­vo­ri­ser cette am­biance spec­trale. Jus­qu’au mo­tif de la­cas­tra­tion, qui par­court ce mâle ré­cit de bout en bout… si l’on peut dire.

Les Con­fins du monde, de Guillaume Ni­cloux. En salles.

Gas­pard Ul­liel et Gé­rard De­par­dieu dansLes Con­fins du monde.

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