Le ques­tion­naire de Woolf : Ca­ro­line Vi­gneaux

Dans son nou­veau spec­tacle, celle qui a quit­té le mé­tier d’avo­cate pour se consa­crer au stand-up re­vient sur les fon­da­men­taux du fé­mi­nisme avec pé­da­go­gie et grands éclats de rire. En com­men­çant par dé­bi­ner la plus mi­so­gyne des lé­gendes : celle d’Adam et

Causette - - SOMMAIRE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR SA­RAH GANDILLOT

Les livres mar­quants de la « bi­blio­thèque » de vos pa­rents ?

Ma mère avait tou­jours des bou­quins d’une épais­seur dé­cou­ra­geante… Quant à mon père, il li­sait des SAS… beau­coup moins épais et avec des cou­ver­tures vrai­ment très fé­mi­nistes !

Les lieux de votre en­fance ?

Les Vosges, ré­gion peu connue et sou­vent dé­criée, alors que c’est ma­gni­fique : les fo­rêts, les mon­tagnes, la neige… On peut même skier à La Bresse. En­fin skier… Si tu as peur de la vi­tesse, skie à La Bresse !

Avec qui ai­me­riez-vous en­tre­te­nir une longue cor­res­pon­dance ?

Jac­que­line Maillan. J’ai pas­sé mon en­fance à en­tendre : « Chut, Ca­ro­line, tu fais trop de bruit ! » Et puis, un jour, j’ai vu la pièce Croque-Mon­sieur. Et c’est là que j’ai ap­pris qu’on avait le droit d’être exu­bé­rante et drôle et qu’on pou­vait même en faire un mé­tier. Je rêve de pou­voir lui dire mer­ci.

Que faites-vous dans vos pé­riodes de dé­pres­sion ?

Que du clas­sique : mu­sique qui fait chia­ler et po­si­tion du foe­tus sous la couette. En re­vanche, pas de Nu­tel­la ! À cause de l’huile de palme !

Que faites-vous dans vos pé­riodes d’ex­ci­ta­tion ?

Je saoule tout le monde ! Je parle, je parle, je parle, je parle… Et je chante, et je danse, et je sors… Je dois trou­ver le moyen de brû­ler au plus vite ce trop-plein d’éner­gie… avant de n’avoir plus d’ami·es.

Votre re­mède contre la fo­lie ?

Con­fu­cius. Chaque jour, je me rap­pelle que je vais mou­rir. Car, comme il le dit, on a deux vies et la deuxième com­mence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une.

Une grande his­toire d’amour avec une per­sonne du même sexe ?

Ève. Si j’avais été en couple avec Ève quand elle a cro­qué la pomme, Dieu n’au­rait pas pu la condam­ner à être sou­mise à son ma­ri… Et ain­si, au­cune re­li­gion n’au­rait im­po­sé la do­mi­na­tion de l’homme sur la femme.

Vous créez votre mai­son d’édi­tion. Qui pu­bliez-vous ?

Olympe de Gouges, qui fut dé­ca­pi­tée pour avoir af­fi­ché, sur les murs de Pa­ris, la Dé­cla­ra­tion des droits de la femme et de la ci­toyenne, qu’elle a ré­di­gée pour rap­pe­ler aux ré­dac­teurs de la fa­meuse Dé­cla­ra­tion des droits de l’homme et du ci­toyen qu’ils avaient ou­blié la moi­tié de l’hu­ma­ni­té.

Vous te­nez sa­lon. Qui in­vi­tez-vous ?

Gi­sèle Ha­li­mi, Ro­bert Ba­din­ter, Ky­lian Mbap­pé, Ni­co­las Be­dos, Al­bert Du­pon­tel, Mi­chelle Oba­ma, Julien Do­ré, Ju­liette Ar­ma­net, Vir­gi­nie Des­pentes, Alexis Mi­cha­lik, Maï­wenn, Agnès Var­da, Em­ma­nuelle Ber­cot, Ke­ry James… hé­té­ro­clite et pa­ri­taire.

Le se­cret d’un couple qui fonc­tionne ?

Quand vous l’au­rez trou­vé, n’hé­si­tez pas à me le don­ner… ça m’in­té­resse !

Le deuil dont vous ne vous re­met­trez ja­mais ?

Mon grand-père, Ro­bert Sch­nei­der. Et aus­si George Mi­chael...

Que trouve-t-on de par­ti­cu­lier dans votre « chambre à vous » ?

Un grand lit sou­vent plein de miettes, j’adore man­ger au lit !

Qu’est-ce qui oc­cupe vos pen­sées « nuit et jour » ?

Mes en­fants. Ils sont ma rai­son de vivre… ma joie, mon bon­heur… mes cernes et mes peurs.

Vous dé­mar­rez un jour­nal in­time. Quelle en est la pre­mière phrase ?

« Si tu lis ces lignes, c’est que soit je suis morte, soit que tu vas mou­rir si j’ap­prends un jour que tu as lu mon jour­nal in­time. »

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