Ba­vures an­ti­ra­cistes à Cologne

BA­VURES AN­TI­RA­CISTES À COLOGNE

Causeur - - Som­maire N° 32 – Fé­vrier 2016 - Cy­ril Ben­na­sar

De l'émeute sexuelle de Cologne à l'ex­plo­sion de co­lère po­pu­laire d'ajac­cio, un constat s'im­pose : si l'etat ne fait pas res­pec­ter la loi, le ci­toyen s'en char­ge­ra. Vous vou­lez vrai­ment ça ?

Nous avons rai­son de nous mé­fier des cli­chés, des fan­tasmes et des pré­ju­gés ra­cistes : le Chi­nois est sour­nois, le Noir est fai­néant, le Juif est ma­lin et ra­piat, l'arabe est vo­leur et vio­leur… Mais nous avons tort de re­non­cer aux fruits des ex­pé­riences vé­cues, d'igno­rer les rap­ports de po­lice, d'écar­ter les té­moi­gnages, de re­je­ter les sta­tis­tiques, parce que nous re­fu­sons les es­sen­tia­li­sa­tions comme les gé­né­ra­li­sa­tions, et que nous crai­gnons d'ar­ri­ver à des conclu­sions dé­plai­santes.

Quand les mé­dias, frei­nés par une pru­dence rare en plein dé­bat sur les mi­grants, ont com­men­cé à nous ra­con­ter la nuit de la Saint-syl­vestre à Cologne mais aus­si dans de nom­breuses villes d'al­le­magne et d'ailleurs, le terme le plus em­ployé par les ré­dac­tions fut « si­dé­ra­tion ». Dans un pays où l'on tente de dres­ser les mâles au­toch­tones à pis­ser as­sis pour en fi­nir avec l'un des der­niers ves­tiges de l'in­éga­li­té entre les sexes, la pré­da­tion mas­sive d'hommes ve­nus d'ailleurs sur des femmes du coin a pro­vo­qué une sur­prise ex­trême. Une réa­li­té toute crue, qu'un an­ti­ra­cisme obli­ga­toire et ré­pan­du avait in­ter­dit de nom­mer jusque-là pour ne pas faire le jeu des par­tis po­pu­listes, s'est éta­lée en place pu­blique, à la si­dé­ra­tion gé­né­rale. La dé­mons­tra­tion de force bru­tale, mas­sive et obs­cène de ces foules dé­crites comme « arabes » par la po­lice de Cologne un soir de fête a si­dé­ré l'al­le­magne et l'eu­rope en concen­trant dans le temps et dans l'es­pace la réa­li­té d'une cri­mi­na­li­té dif­fuse. De­puis que l'in­for­ma­tion n'est plus in­con­ve­nante et qu'elle cir­cule, nous ap­pre­nons qu'à l'ouest, il n'y a rien de nou­veau. En ef­fet, on dé­cou­vrait mi-jan­vier un rap­port ja­mais di­vul­gué sur la dé­lin­quance des Nord-afri­cains, qui ré­vé­lait qu'il y avait eu au­tant d'agres­sions sexuelles le soir du 31 que pen­dant le der­nier tri­mestre 2015 dans toute l'al­le­magne, soit en­vi­ron 600 agres­sions sexuelles et 260 viols, ma­jo­ri­tai­re­ment com­mis par des étran­gers, de­man­deurs d'asile ou sans-pa­piers. Et ces chiffres qui peuvent si­dé­rer n'ont rien d'ex­cep­tion­nel quand on les com­pare à ceux qu'on en­re­gistre dans les pays d'eu­rope qui re­çoivent une im­mi­gra­tion de même type et de même am­pleur. En France, l'ob­ser­va­toire na­tio­nal de la dé­lin­quance et des ré­ponses pé­nales, qui ne s'ar­rête pas aux nombres de plaintes dé­po­sées mais s'ap­puie sur les en­quêtes de vic­ti­mi­sa­tion, avance des chiffres re­con­nus par Ma­nuel Valls ou Laurent Muc­chiel­li, tous deux hommes de gauche : 264 viols et ten­ta­tives de viols et 383 agres­sions sexuelles hors mé­nage, toutes les vingt­quatre heures. Ces en­quêtes n'éta­blissent pas de lien entre les crimes et l'ori­gine des cri­mi­nels, mais l'ex­plo­sion du nombre

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