L'es­prit de l'es­ca­lier

Causeur - - Sommaire - Alain Fin­kiel­kraut

Chaque di­manche, à mi­di, sur les ondes de RCJ, la Ra­dio de la Com­mu­nau­té juive, Alain Fin­kiel­kraut com­mente, face à Éli­sa­beth Lé­vy, l'ac­tua­li­té de la se­maine. Un rythme qui per­met, dit-il, de « s'ar­ra­cher au mag­ma ou au flux des hu­meurs». Vous re­trou­ve­rez ses ré­flexions chaque mois dans Cau­seur. LE TES­TAMENT PO­LI­TIQUE DE JOHN KERRY 8 jan­vier

Après le vote de la ré­so­lu­tion du Conseil de sé­cu­ri­té condam­nant la co­lo­ni­sa­tion is­raé­lienne, j’ai été convié à par­ti­ci­per à une ma­ni­fes­ta­tion de so­li­da­ri­té avec Is­raël et à prendre la pa­role. J’ai dé­cli­né cette in­vi­ta­tion du Crif. Je ne l’ai pas fait de gaie­té de coeur : je dé­teste hur­ler avec les loups et l’unanimité contre Is­raël m’in­quiète tou­jours. Mais il se trouve que j’ai lu in­té­gra­le­ment la longue al­lo­cu­tion pro­non­cée par John Kerry pour ex­pli­quer la dé­ci­sion des Amé­ri­cains de ne pas mettre leur ve­to à ce texte. Le dis­cours de Kerry est ad­mi­rable. Avec un tact et une ri­gueur exem­plaires, il rap­pelle que l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma a blo­qué tous les ef­forts de dé­lé­gi­ti­ma­tion de l’état juif. Il sou­ligne l’am­pleur du sou­tien mi­li­taire des États-unis à cet État. Il in­siste sur le ca­rac­tère per­son­nel de son en­ga­ge­ment. En 1986, il a fait son pre­mier voyage en Is­raël, il est al­lé à Mas­sa­da et sur les hau­teurs du Go­lan et, me­su­rant l’étroi­tesse de son es­pace aé­rien, il a pu se rendre compte par lui-même du be­soin de sé­cu­ri­té d’is­raël. Et Kerry condamne non seule­ment le ter­ro­risme mais le double lan­gage de l’au­to­ri­té pa­les­ti­nienne. Il n’a pas de mots as­sez durs pour cri­ti­quer le Ha­mas qui, au lieu d’as­su­rer une vie dé­cente aux ha­bi­tants de Ga­za, dé­tourne les ma­té­riaux de construc­tion pour bâ­tir des tun­nels et me­na­cer ain­si Is­raël d’at­taques meur­trières contre les ci­vils. Il ajoute que les co­lo­nies ne sont pas la seule ni même la pre­mière cause du conflit, mais il dit que les im­plan­ta­tions qui se mul­ti­plient à l’est de la bar­rière de sé­cu­ri­té n’ont pas pour but de ren­for­cer la sé­cu­ri­té d’is­raël : elles alour­dissent le far­deau sé­cu­ri­taire qui pèse sur Tsa­hal. Il af­firme que seule la so­lu­tion de deux États peut per­mettre à Is­raël de res­ter un État juif et dé­mo­cra­tique. Il dit qu’avec la mul­ti­pli­ca­tion des im­plan­ta­tions, les Pa­les­ti­niens vivent dans des en­claves sé­pa­rées. Et il pose cette ques­tion lim­pide et pro­fonde : « Quel Is­raé­lien ac­cep­te­rait ce­la ? » Je ne suis pas de ceux qui fuient dans les pos­tures mo­rales les dures réa­li­tés de l’his­toire. J’ai lu at­ten­ti­ve­ment la charte ter­ri­fiante du Ha­mas et je sais que cette or­ga­ni­sa­tion pour­rait prendre le pou­voir dans l’état pa­les­ti­nien nou­vel­le­ment créé. Mais je sais aus­si qu’après la condam­na­tion par un tri­bu­nal mi­li­taire du sol­dat is­raé­lien qui a ache­vé un ter­ro­riste pa­les­ti­nien alors qu’il était à terre, des membres du gou­ver­ne­ment se sont in­di­gnés, des ma­ni­fes­ta­tions ont écla­té et Ga­di Ei­zen­kot, le chef d’état-ma­jor qui avait dé­cla­ré que cet acte vio­lait le code éthique de Tsa­hal, a été abreu­vé d’in­sultes et de me­naces telles que : « Ga­di pré­pare-toi, Ra­bin cherche un ami. » Ce slo­gan té­moigne de l’ef­fet len­te­ment cor­rup­teur de l’oc­cu­pa­tion : perte des repères mo­raux, éro­sion des prin­cipes fon­da­men­taux de la dé­cence or­di­naire (il y a des choses qui ne se font pas), ef­fon­dre­ment de ce sur­moi qui, au temps de ses ex­ploits, fai­sait la gloire d’is­raël. Je ne par­le­rai pas, en l’oc­cur­rence, d’un re­tour de la re­li­gion et de la tra­di­tion mais de la sub­sti­tu­tion d’une re­li­gion na­tio­nale à la re­li-

gion sur­moïque de la tra­di­tion et à ce qu’en avait per­pé­tué l’athéisme mo­derne. Un nou­veau ni­hi­lisme est à l’oeuvre qui prend à contre-pied Dos­toïevs­ki : « Puisque Dieu existe, tout nous est per­mis. » Il reste de nom­breux garde-fous en Is­raël. Et cette re­li­gion est mi­no­ri­taire. Mais si le cow-boy qui entre à la Mai­son-blanche en­terre, avec l’es­prit de John Kerry, la so­lu­tion de deux États, comme il l’a pro­mis, ce­la met­tra Is­raël en grand pé­ril.

D'UN CONSER­VA­TISME L'AUTRE 15 jan­vier

Se­lon le phi­lo­sophe an­glais Mi­chael Oa­ke­shott : « L’in­di­vi­du de tem­pé­ra­ment conser­va­teur croit qu’on ne pour­rait sa­cri­fier à la lé­gère un bien connu pour un mieux in­con­nu, il ne res­sent au­cune at­ti­rance pour ce qui est dan­ge­reux et dif­fi­cile, il n’a pas l’es­prit aven­tu­reux, il n’a nulle en­vie de na­vi­guer dans les mers in­ex­plo­rées. » Il aime mieux, au­tre­ment dit, la stabilité que le chan­ge­ment et l’in­no­va­tion. Ce conser­va­tisme pru­dent est tout à fait ho­no­rable et lé­gi­time, mais je ne me re­con­nais pas en lui et je ne crois pas qu’il ca­rac­té­rise l’es­prit conser­va­teur de notre temps. Si conser­va­tisme il y a au­jourd’hui, ce n’est pas un conser­va­tisme scep­tique mais tra­gique : il ne pré­fère pas le tan­gible au pos­sible, il s’in­quiète de la fra­gi­li­té, de l’éva­nes­cence, de la mor­ta­li­té du tan­gible. Mor­ta­li­té de la terre, mor­ta­li­té de la beau­té, mor­ta­li­té de la langue, mor­ta­li­té des pay­sages, et de la France même. Ce n’est pas le pro­grès en soi qui l’an­goisse ou le déses­père, c’est, sous le nom de « pro­gres­sisme », l’apo­lo­gie de cette grande li­qui­da­tion. Jean-claude Mi­chéa par­tage cette an­goisse. Il est donc conser­va­teur en ce sens mais, par sa cri­tique du li­bé­ra­lisme et de l’ex­ten­sion de la lo­gique mar­chande à toutes les sphères de la vie, il in­té­resse aus­si des cercles, des sites et des re­vues clas­sés à gauche. Le Monde vient donc de lui consa­crer un grand dos­sier en don­nant, pour res­pec­ter les ap­pa­rences de l’ob­jec­ti­vi­té, la pa­role aux pour et aux contre. Mais, l’air de rien, le même jour­nal nous ap­prend que Mi­chéa est le pen­seur pré­fé­ré d’alain de Be­noist, l’an­cien théo­ri­cien de la Nou­velle Droite et que ce­lui-ci lit aus­si avec plai­sir les nou­veaux conser­va­teurs tels que Ma­thieu Bock-cô­té ou Eu­gé­nie Bastié. Il faut se sou­ve­nir qu’en 1994, Le Monde pu­bliait un appel à la vi­gi­lance contre les in­tel­lec­tuels qui, à l’ins­tar de Pierre-an­dré Ta­guieff, par­ti­ci­paient à des col­loques avec Alain de Be­noist ou écri­vaient dans l’une ou l’autre de ses re­vues. Et au­jourd’hui, Le Monde feint de s’in­ter­ro­ger : « Est-ce Alain de Be­noist qui a chan­gé ou bien est-ce l’époque ? » On re­con­naît bien là les mé­thodes sour­noises du cha­fouin de →

ré­fé­rence. Sans avoir l’air d’y tou­cher, il fait en­dos­ser aux conser­va­teurs qui se cherchent les po­si­tions néo-païennes d’alain de Be­noist, son an­ti-amé­ri­ca­nisme ra­di­cal et son amour in­con­di­tion­nel pour les pen­seurs de la Ré­vo­lu­tion conser­va­trice al­le­mande. Mais re­ve­nons à Mi­chéa. Dans ce qu’il croit être la li­gnée d’or­well, il dresse un mur in­fran­chis­sable entre ceux d’en bas – seuls dé­po­si­taires de la com­mon de­cen­cy et des tra­di­tions sé­cu­laires – et les gens d’en haut – cu­pides, in­sa­tiables, hors-sol, sans foi ni loi. Comme si la culture et l’art de vivre ne de­vaient rien à l’aris­to­cra­tie, à la bour­geoi­sie, à ce qu’on ap­pe­lait au­tre­fois les classes su­pé­rieures. Contre ce conser­va­tisme ap­pau­vri, je vou­drais ci­ter le té­moi­gnage d’un autre grand in­tel­lec­tuel an­glais is­su des classes po­pu­laires : Ri­chard Hog­gart, l’au­teur de La Culture du pauvre. Dans son chef-d’oeuvre au­to­bio­gra­phique, 33 New­port Street, Hog­gart rend hommage au monde dont il vient mais aus­si au ly­cée qui lui a ou­vert l’es­prit. Du fait de ses études, il ne lui a plus été pos­sible d’être l’in­di­gène à part en­tière de ce monde, et ce n’est pas à re­gret­ter, dit-il, car il a « goû­té au fruit dé­fen­du ». « Sans vous sen­tir su­pé­rieur ou mé­pri­sant, écou­tez vous-même et soi­gneu­se­ment les conver­sa­tions des hommes sur un chan­tier de construc­tion : les en­thou­siasmes et les re­jets li­mi­tés, les dis­cus­sions sans fin au su­jet de la der­nière émis­sion de jeu té­lé­vi­sé ou des ré­vé­la­tions scan­da­leuses de leur jour­nal sur la fa­mille royale, le sport, le monde du spec­tacle, dont la ré­pé­ti­tion donne à pen­ser qu’elles touchent à quelque chose qui dé­passe les as­pects su­per­fi­ciels de l’exis­tence ; les ba­var­dages sur le sexe, non moins conven­tion­nels et non moins in­ter­mi­nables ; la rou­tine du lan­gage gros­sier, l’hu­mour même en grande par­tie d’ori­gine sexuelle, les réactions bor­nées aux po­si­tions po­li­tiques sim­pli­fiées pré­sen­tées par la plus grande par­tie de la presse po­pu­laire et col­por­tées dans le groupe : voi­là à quoi vous avez eu la chance et l’éner­gie d’échap­per. Mais ceux qui sont res­tés là mé­ritent mieux que ce­la, ils ne sont cer­tai­ne­ment pas aus­si stu­pides que le donne à pen­ser la nour­ri­ture spi­ri­tuelle com­mer­ciale qu’ils re­çoivent. En elles-mêmes, leurs conver­sa­tions ne sont pas plus con­ven­tion­nelles et pas plus ré­pé­ti­tives que celles qu’on en­tend dans de nom­breux clubs de golf […] Et il faut dire en­core qu’on trouve dans ce genre d’en­droits des in­di­vi­dus que ce ma­ca­ro­ni iné­pui­sable d’in­for­ma­tions frag­men­tées et idiotes mi­jo­tant dans un bouillon tiède d’opi­nions re­çues n’a pas em­pê­ché de par­ve­nir à une sorte de sa­gesse qui leur est propre. » Hog­gart est sor­ti de ce bouillon sans au­cun mé­pris pour ceux qui vivent de­dans. Mais il n’est plus pos­sible aux pe­tits Hog­gart d’au­jourd’hui de goû­ter au fruit dé­fen­du car, pour com­battre les in­éga­li­tés, l’école le leur a ôté de la bouche. Le conser­va­tisme, dès lors, est-il en­core pos­sible ?

L'IN­VES­TI­TURE DE TRUMP 22 jan­vier

Après la chute du mur de Ber­lin, la dé­mo­cra­tie al­liée à l’éco­no­mie de mar­ché sem­blait avoir vain­cu tous ses ad­ver­saires : le fas­cisme et le com­mu­nisme étaient à terre, ils n’exer­çaient plus au­cun at­trait. La ter­rible pa­ren­thèse du xxe siècle se fer­mait et Francis Fu­kuya­ma théo­ri­sait cet op­ti­misme dans son livre cé­lèbre : La Fin de l’his­toire. Les choses, on le sait, ont tour­né au­tre­ment. Les at­ten­tats contre le World Trade Cen­ter ont ap­por­té la preuve que l’hu­ma­ni­té était tra­ver­sée de sé­pa­ra­tions que le com­merce n’avait pas le pou­voir d’abo­lir et qu’au choc des

idéo­lo­gies suc­cé­dait non une grande as­pi­ra­tion uni­ver­selle mais le choc des ci­vi­li­sa­tions. La thèse de Sa­muel Hun­ting­ton l’em­por­tait sur celle de Fu­kuya­ma. Ba­rack Oba­ma a cru pou­voir amor­tir le choc avec le grand dis­cours du Caire, où il ten­dait la main au monde mu­sul­man – en poin­tant du doigt l’hor­rible laï­ci­té à la fran­çaise. Il a échoué et, nous disent ses thu­ri­fé­raires, c’est un pré­sident « hun­ting­to­nien » qui vient d’en­trer à la Mai­son-blanche. Trump re­garde la réa­li­té en face, il ne se paie pas de mots, il se pré­sente comme le dé­fen­seur sans com­plexes, non seule­ment des in­té­rêts amé­ri­cains, mais de la ci­vi­li­sa­tion oc­ci­den­tale. Et c’est là que le bât blesse. C’est parce que je crois que, nous autres Oc­ci­den­taux, nous avons des en­ne­mis re­dou­tables, et que le ter­ro­risme nous me­nace au­tant que la sub­mer­sion mi­gra­toire, c’est parce que je me re­con­nais dans la ci­vi­li­sa­tion oc­ci­den­tale, que je ne peux pas me re­con­naître dans ce Ram­bo gon­flé à la tes­to­sté­rone et tout content d’ex­hi­ber ses ro­bi­nets en or. Quel rap­port entre l’oc­ci­den­ta­li­té dé­fi­nie et dé­fen­due par Kun­de­ra dans son ar­ticle de 1984 : « Un Oc­ci­dent kid­nap­pé : la tra­gé­die de l’eu­rope cen­trale », et Do­nald Trump ? Il n’as­sume ni ne ré­sume notre ci­vi­li­sa­tion, il lui fait honte. Trump, c’est en guise de ci­vi­li­sa­tion, l’avi­di­té sans li­mites, « la pas­sion fa­tale pour les ri­chesses sou­daines », la des­truc­tion de toutes les va­leurs autres que celles de l’ar­gent. Or, et nous voi­ci re­ve­nus à Mi­chéa, ceux d’en bas, les per­dants de la mon­dia­li­sa­tion, les cols bleus du Mi­chi­gan et du Wis­con­sin, loin d’être hor­ri­fiés par le mé­pris de Trump pour les règles de la dé­cence com­mune, voient en lui la re­vanche du peuple sur les élites. Il y a là un pa­ra­doxe que j’ai ten­té d’élu­ci­der en me re­plon­geant dans le livre au­then­ti­que­ment dé­ran­geant de Han­nah Arendt sur la ré­vo­lu­tion amé­ri­caine : « L’ef­fort pré­coce de vaincre la mi­sère ap­pa­rem­ment éter­nelle de l’hu­ma­ni­té consti­tue cer­tai­ne­ment l’un des plus grands es­poirs de l’his­toire de l’oc­ci­dent et de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té. L’en­nui, c’est que sous l’im­pact d’un flux mi­gra­toire mas­sif et in­in­ter­rom­pu venu d’eu­rope, la lutte pour l’abo­li­tion de la pau­vre­té tom­ba de plus en plus sous la coupe des pauvres eux-mêmes, et fi­nit ain­si sous la gou­verne des idéaux is­sus de la pau­vre­té, dis­tincts des prin­cipes qui avaient ins­pi­ré la fon­da­tion de la li­ber­té. Car l’abon­dance et la consom­ma­tion sans fin sont l’idéal dont rêvent les pauvres, elles sont le mi­rage dans le dé­sert de la mi­sère, en ce sens, opulence et dé­tresse ne sont que les deux faces d’une même mé­daille. » Les choses s’éclairent : Trump n’est pas le conti­nua­teur de la Ré­vo­lu­tion amé­ri­caine cé­lé­brée par Han­nah Arendt, il est l’in­car­na­tion du rêve amé­ri­cain dans sa ver­sion la plus som­maire, la plus bête, la plus vile. Le rêve amé­ri­cain au­ra-til rai­son de la ré­vo­lu­tion amé­ri­caine, et même de la ci­vi­li­sa­tion amé­ri­caine ? Telle est la ques­tion qui se pose au­jourd’hui avec une acui­té ab­so­lu­ment dra­ma­tique. Mais Mi­chéa a en­core son mot à dire : il y a beau­coup de gens d’en bas que l’élection de l’homme dont le vo­ca­bu­laire n’ex­cède pas 300 mots dé­sole. Hilla­ry Clin­ton n’au­rait pas eu trois mil­lions de voix d’avance si une par­tie de ce peuple qu’on op­pose aux bo­bos, aux hips­ters et aux mi­no­ri­tés, n’avait pas vo­té pour elle. Lorsque j’ai ap­pris ce­pen­dant que cer­taines fé­mi­nistes avaient ma­ni­fes­té contre le ra­cisme et la mi­so­gy­nie du nou­veau pré­sident en bran­dis­sant la pho­to d’une femme re­vê­tue d’un voile is­la­mique aux cou­leurs de la ban­nière étoi­lée, je me suis dit que le rêve amé­ri­cain n’était pas le seul en­ne­mi in­té­rieur de la ci­vi­li­sa­tion amé­ri­caine et j’ai eu le coeur en­core plus lourd. •

Do­nald Trump, aux cô­tés de sa femme Me­la­nia, lors du tra­di­tio­nel bal d'in­ves­ti­ture, 20 jan­vier 2017.

Jean-claude Mi­chéa.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.