ADIEU, OLI­VIER

Causeur - - Culture & Humeurs -

C'était le 22 dé­cembre, soir de bou­clage à Cau­seur. Alors que nous dé­gus­tions un des alcools bi­zarres qu’oli­vier Pré­vôt avait pris l’ha­bi­tude d’ap­por­ter pour l’oc­ca­sion, je l’ai in­for­mé que son en­tre­tien avec Do­mi­nique Cabrera ne pour­rait pas pas­ser dans le nu­mé­ro, faute de place, et qu’il se­rait pu­blié sur le site. « Et puis, tu ne peux pas rem­plir tout le nu­mé­ro, il y a dé­jà ta ru­brique ci­né­ma et ton en­quête sur la RATP, laisse-nous un peu de place ! » Lui qui était l’amé­ni­té même a un peu ron­chon­né, pas par nar­cis­sisme mais parce qu’il n’au­rait vou­lu pour rien au monde frois­ser la ci­néaste, et puis nous avons plai­san­té sur le fait qu’en peu de temps, il avait su se rendre in­dis­pen­sable. Comme com­pa­gnon de dis­cus­sion. Comme au­teur. Comme ami. L’his­toire d’oli­vier avec Cau­seur avait com­men­cé par la Nor­vège, pays dont il avait ap­pris la langue sans autre rai­son que son dé­sir et sur le­quel il nous avait pro­po­sé d’écrire. Plus tard, je l’ai croi­sé un jour place de la Ré­pu­blique, alors que j’étais al­lée me faire une idée sur Nuit de­bout. Nous avons ri en com­men­tant les in­ter­mi­nables dé­bats. Et puis, il a com­men­cé cette ru­brique ci­né­ma dont je lui rap­pe­lais en riant qu’elle ne s’ap­pe­lait pas « ci­né­ma et psy­cha­na­lyse ». J’ajou­tais qu’il n’avait droit qu’à un film ouz­bek par mois parce que, lui di­sais-je, « moi j’aime bien le ci­né­ma avec de vrais mor­ceaux d’ac­tion de­dans ». Il le­vait les yeux au ciel. Nous n’avons pas re­vu Oli­vier. Il est mort d’un AVC, le 25 dé­cembre, à 50 ans. L’en­tre­tien avec Gé­rard Had­dad, (p. 92-93) se­ra son der­nier texte. Et je ne sais plus quel film al­ler voir. Alors mer­ci, Oli­vier, ce fut bref, trop bref, mais bon comme l’ami­tié. Toute la rédaction de Cau­seur adresse à De­nis, son ma­ri, ses plus af­fec­tueuses pen­sées. EL

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