Steve Ban­non Le vrai pré­sident !

Par­ti­san en­thou­siaste du choc des ci­vi­li­sa­tions, contemp­teur ob­ses­sion­nel des élites, ma­ni­pu­la­teur sur­doué : ce­lui que la presse dé­crit comme le Dark Va­dor de la Mai­son-blanche n'est pas très ras­su­rant. Mais Trump est sans doute trop ru­sé pour le suivre a

Causeur - - Sommaire N° 44 – Mars 2017 - Je­re­my Stubbs

De quoi Steve Ban­non est-il le nom ? Je m'ex­cuse d'en­trée de jeu d'uti­li­ser cette for­mule créée par le plus ve­ni­meux et le plus fu­tile des « pen­seurs » fran­çais. Il s'avère qu'elle est com­mode pour faire une dis­tinc­tion entre un in­di­vi­du dé­si­gné, in­di­vi­du qui ob­sède mo­men­ta­né­ment les mé­dias, et le phé­no­mène qu'il in­carne, phé­no­mène que la­dite ob­ses­sion em­pêche de voir.

Une tête de Turc bien faite

Ces der­niers temps, nous avons as­sis­té, dans la presse in­ter­na­tio­nale, à une pro­li­fé­ra­tion de por­traits bio­gra­phiques de Steve Ban­non, le stra­tège en chef de Do­nald Trump, ce­lui-là même que les mé­dias qua­li­fient dé­sor­mais de « vrai pré­sident ». Tous ces ar­ticles se res­semblent. Le pro­jec­teur est bra­qué tour à tour sur les ori­gines de Ban­non dans la classe ou­vrière ca­tho­lique et ses car­rières suc­ces­sives dans L'US Na­vy, chez Gold­man Sachs et à Hol­ly­wood. On passe en­suite à ses ac­ti­vi­tés plus ré­centes dans les mi­lieux de la droite amé­ri­caine an­ti-es­ta­blish­ment : la créa­tion de do­cu­men­taires po­lé­miques ; la di­rec­tion du très in­fluent

site d'ac­tua­li­tés Breit­bart News ; et en­fin, la ges­tion ef­fi­cace de la cam­pagne élec­to­rale du nou­vel oc­cu­pant du bu­reau ovale. Le point d'orgue de ces ar­ticles est tou­jours l'ima­ge­rie apo­ca­lyp­tique par la­quelle leur su­jet se­rait han­té. Ap­pa­rem­ment, pour Ban­non, nous se­rions à la veille d'un grand com­bat fi­nal entre un monde « ju­déo-ch­ré­tien », tom­bé au­jourd'hui dans un état de dé­ca­dence mo­rale, et un en­ne­mi aus­si vague que com­po­site qui in­clut le « fas­cisme dji­ha­diste » et une Chine de plus en plus hé­gé­mo­nique. En com­pa­rai­son avec cette vi­sion ins­pi­rée au­tant par la Bible ou le Bha­ga­vad-gi­ta que par les théo­ries fu­meuses de deux his­to­riens ama­teurs, William Strauss et Neil Howe, le « choc des ci­vi­li­sa­tions » de Sa­muel P. Hun­ting­ton fait fi­gure de pique-nique de boy-scouts (je ne ré­siste pas à cet an­gli­cisme). →

Les cri­tiques du po­pu­lisme doivent mon­trer qu'ils ont en­fin pris au sé­rieux les pro­blèmes des classes moyennes au lieu de les re­fou­ler ou de les dé­ni­grer.

Voi­là donc l'homme in­stable et in­digne, nous lais­set-on croire, qui est l'émi­nence grise du POTUS ! Au mois de no­vembre, un éditorial dans Le Monde, avec le ton docte et pha­ri­sien qui ca­rac­té­rise ce jour­nal, a de­man­dé que sa no­mi­na­tion soit an­nu­lée, ni plus ni moins. Après la si­gna­ture par M. Trump le 27 jan­vier de l'ordre exé­cu­tif créant un mo­ra­toire sur l'en­trée aux États-unis des im­mi­grés et ré­fu­giés de sept pays à ma­jo­ri­té mu­sul­mane, les com­men­ta­teurs se sont je­tés sur le lien de cau­sa­li­té évident entre, d'un cô­té, les scènes de chaos dans les aé­ro­ports et les pro­tes­ta­tions au­tour du monde, et, de l'autre, l'in­fluence de ce Ma­chia­vel qui se com­pare lui-même à Dark Va­dor. La conclu­sion pa­rais­sait simple : un pré­sident nar­cis­sique, in­ex­pé­ri­men­té et pa­res­seux se­rait ma­ni­pu­lé par un mau­vais gé­nie ir­res­pon­sable en proie à des vi­sions de fin des temps. Ce lien de cau­sa­li­té est in­suf­fi­sant. Nous ne sa­vons pas en­core si les ac­tions pra­tiques de Ban­non sont – ou se­ront – dic­tées par ses rê­ve­ries apo­ca­lyp­tiques. Nous ne sa­vons pas non plus si M. Trump est en­tiè­re­ment sous l'in­fluence de son stra­tège. Ses autres no­mi­na­tions, no­tam­ment celle de Reince Prie­bus, qui se­rait le ri­val de Ban­non à la Mai­son-blanche, in­diquent une ap­proche plus terre à terre, moins op­po­sée à la po­li­tique tra­di­tion­nelle. Après les hy­per­boles jour­na­lis­tiques, la consul­ta­tion des dis­cours et films de Ban­non, dis­po­nibles sur Youtube, se ré­vèle dé­ce­vante : un torrent de gran­di­lo­quence et d'in­vec­tives contre les classes di­ri­geantes, certes, mais au­cune plai­doi­rie pour le na­zisme ou le su­pré­ma­cisme blanc. Comme l'a dit son an­cien col­lègue et dé­sor­mais cri­tique, Ben Sha­pi­ro : « Steve’s an as­shole, but I don’t think he’s an an­ti-se­mite. » (« C’est un connard, mais je ne pense pas qu’il soit an­ti­sé­mite. ») Au fond, cette fo­ca­li­sa­tion des mé­dias sur la per­son­na­li­té énig­ma­tique de Ban­non consti­tue un leurre : on vou­drait croire et faire croire que tout le mal vient d'un seul homme. On risque ain­si de s'aveu­gler sur les pré­oc­cu­pa­tions col­lec­tives de beau­coup d'amé­ri­cains qui ont conduit à son as­cen­sion et ont créé les condi­tions où ses ta­lents par­ti­cu­liers peuvent s'exer­cer. Bref, on re­fuse de voir la lo­gique et la co­hé­rence d'un cer­tain po­pu­lisme.

De la rhé­to­rique à l'ac­tion

Un des se­crets de la sé­duc­tion po­pu­laire de Trump ré­side dans sa rhé­to­rique qui, par sa tru­cu­lence et sa gros­siè­re­té, s'écarte des normes du dé­bat po­li­tique. Son style Twit­ter en est la quin­tes­sence, et même ses dis­cours res­semblent à des mo­saïques de Tweets. Le prin­cipe de ce style est la pa­ra­taxe : au lieu de dé­rou­ler un rai­son­ne­ment com­plet, la phrase se contente de jux­ta­po­ser des élé­ments dont le ca­rac­tère po­si­tif ou né­ga­tif est évident. Cô­té né­ga­tif, il suf­fit d'in­sé­rer en ap­po­si­tion (comme disent les gram­mai­riens), après n'im­porte quel nom, geste ou évé­ne­ment, une ex­pres­sion telle que « to­tal di­sas­ter! », « to­tal lo­ser! » ou « fake news! » Le cô­té po­si­tif est plus simple : il suf­fit d'y ac­co­ler l'épi­thète « great ». On peut dé­plo­rer cette vul­ga­ri­té ma­ni­chéenne, mais il faut avouer qu'elle est dian­tre­ment ef­fi­cace pour re­muer la base de son élec­to­rat. Or les pre­miers gestes – ap­pa­rem­ment mal­ha­biles – du nou­veau pré­sident sont à l'ac­tion po­li­tique tra­di­tion­nelle ce que ses Tweets sont à la rhé­to­rique or­tho­doxe. Trop sou­vent, l'élo­quence ver­beuse de nos di­ri­geants n'est qu'un sub­sti­tut à l'ef­fi­ca­ci­té pra­tique dont ils sont in­ca­pables ou dont le dé­ploie­ment est lent et in­vi­sible1. Trump, conseillé par Ban­non, joint l'acte à la pa­role, crée le spec­tacle, pro­voque le drame. Les mé­dias visuels en sont in­vo­lon­tai­re­ment com­plices en mon­trant en boucle des images du pré­sident qui pa­raphe ses ordres exé­cu­tifs et ex­hibe le re­gistre dans le­quel ils sont ins­crits. Les scènes de désordre et de pro­tes­ta­tion qui en ré­sultent semblent pro­cla­mer haut et fort : « Moi, je parle, j’or­donne et il se passe des choses ! » Peu im­portent les dom­mages col­la­té­raux, ses élec­teurs sont gra­ti­fiés par cette éner­gie ap­pa­rente. Les ex­pres­sions d'in­di­gna­tion de la part de ses op­po­sants, que ce soit à New York, en Ca­li­for­nie ou à tra­vers la pla­nète, ne font qu'ac­cen­tuer la jouis­sance de ses sup­por­teurs dans l'amé­rique pro­fonde. Qu'il y ait aus­si de l'ama­teu­risme dans la for­mu­la­tion hâ­tive du dé­cret du 27 jan­vier ne fait pas de doute. L'in­ter­ven­tion du pou­voir ju­di­ciaire a bri­sé l'élan de ce grand geste d'in­ter­dic­tion. Pour­tant, le sou­ve­nir en reste vif dans les es­prits, et cette in­ter­ven­tion elle-même est in­cor­po­rée dans le ré­cit que construise­nt Trump et Ban­non. Ceux-ci peuvent main­te­nant dire à leurs élec­teurs : « Voi­là la preuve de ce que nous avons tou­jours pré­ten­du : les ins­ti­tu­tions tra­di­tion­nelles nous en­travent et vous tra­hissent. » Pour qui veut cri­ti­quer ef­fi­ca­ce­ment cette stra­té­gie, comme toutes les stra­té­gies po­pu­listes, le piège est dia­bo­lique. Si nous désap­prou­vons l'ac­tion, nous nous met­tons d'em­blée dans le camp des traîtres à la pa­trie ; si l'ac­tion échoue, c'est parce que les traîtres, dont nous fai­sons par­tie, y ont fait obs­tacle. Ce der­nier ar­gu­ment est très utile dans la me­sure où il n'est pas tou­jours fa­cile pour un po­pu­liste de te­nir des pro­messes sou­vent trop ra­di­cales sur le plan pra­tique.

Au nom du (vrai) peuple

Di­sons donc de Ban­non, comme le fait Po­lo­nius de Ham­let : « Quoique ce soit de la fo­lie, il y a pour­tant là de la suite. » Quels sont les élé­ments de fond qui ca­rac­té­risent ce « mou­ve­ment po­pu­liste mon­dial » que Ban­non ap­pelle de ses voeux ? Est po­pu­liste ce­lui qui pré­tend re­pré­sen­ter, non une ma­jo­ri­té d'élec­teurs dans une dé­mo­cra­tie plu­rielle, mais le peuple, ou mieux en­core, le

vrai peuple, au sens d'une en­ti­té mo­no­li­thique. Certes, le po­pu­liste s'op­pose aux élites, mais il le fait pré­ci­sé­ment au nom de cette ca­pa­ci­té ex­clu­sive qui lui est ré­ser­vée à par­ler au nom du peuple2. La grande in­ter­ro­ga­tion ré­side dans la dé­fi­ni­tion, réelle et sym­bo­lique, de ce peuple : qui est in­clus ? qui est exclu ? Pour Ban­non, l'évé­ne­ment cen­tral est la crise de 2008. Il y a consa­cré un de ses films les plus soi­gnés, Ge­ne­ra­tion Ze­ro, de 2010. Pro­pa­gan­diste ha­bile dans un genre pe­sant et em­pe­sé, in­fluen­cé par Le­ni Rie­fens­tahl et Mi­chael Moore, Ban­non construit, à tra­vers un mon­tage d'images d'ar­chives sur fond mu­si­cal as­som­mant, en­tre­cou­pé par des in­ter­views d'ex­perts par­tiaux, le ré­cit fon­da­teur de son peuple élu : les classes moyennes vic­times à la fois de la crise fi­nan­cière et de la mon­dia­li­sa­tion. Le krach de 2008 ré­sul­te­rait d'une conni­vence cri­mi­nelle entre les deux grands par­tis po­li­tiques et Wall Street, qui au­rait per­mis aux ban­quiers de prendre des risques in­sen­sés. Au lieu d'être pu­nis pour leurs pertes co­los­sales, ceux-ci ont vu leurs coffres ren­floués par l'argent pu­blic. Le pro­blème des sub­primes au­rait été ag­gra­vé par le sen­ti­ment de culpa­bi­li­té des Blancs vis-à-vis des Noirs et des His­pa­niques. Ce sen­ti­ment, im­po­sé par les classes di­ri­geantes, au­rait per­mis aux groupes eth­niques sou­vent les plus pauvres de contrac­ter des prêts im­mo­bi­liers que beau­coup d'entre eux n'étaient pas en me­sure de rem­bour­ser. À la fin, nous dit Ban­non, tous sont vic­times. Les seuls ga­gnants de cette his­toire sont ceux qu'il ap­pelle « le par­ti de Da­vos », une élite trans­fron­ta­lière de mil­liar­daires et de po­li­tiques. On sent ici un re­lent conspi­ra­tion­niste de ce « style pa­ra­noïaque » épin­glé il y a un de­mi-siècle par l'his­to­rien Ri­chard Hof­stad­ter3. De mèche avec les classes di­ri­geantes, les mé­dias clas­siques dif­fu­se­raient des contre-vé­ri­tés. En jan­vier, Ban­non les a dé­non­cés comme étant « le par­ti d’op­po­si­tion » au gou­ver­ne­ment de Trump.

Jeux sans fron­tières et ca­nard dé­chaî­né

Si pour Ban­non, comme pour d'autres, la dé­fi­ni­tion du « vrai peuple » se fonde d'abord sur des consi­dé­ra­tions éco­no­miques, elle a aus­si par­tie liée avec le pro­blème des fron­tières. Le ca­rac­tère po­reux de cel­les­ci, dans un monde de plus en plus in­ter­con­nec­té par le com­merce in­ter­na­tio­nal et des flux de ré­fu­giés, est de­ve­nu un fac­teur d'an­goisse. L'im­mi­gra­tion me­na­ce­rait l'iden­ti­té po­pu­laire en ap­por­tant, non seule­ment une main-d'oeuvre concur­rente, mais aus­si des prin­cipes mo­raux dif­fé­rents. C'est ici qu'in­ter­vient l'ob­ses­sion de Ban­non pour les va­leurs « ju­déo­chré­tiennes ». Son der­nier film, Torch­bea­rer (« Por­teur de flam­beau »), réa­li­sé en 2016, ex­horte les Amé­ri­cains à re­dé­cou­vrir leurs ra­cines re­li­gieuses qui se trouvent dans la Bible. Ce mes­sage est com­mu­ni­qué de ma­nière sur­réelle à tra­vers le dis­cours d'un cer­tain Phil Ro­bert­son, chas­seur de ca­nards de son état, in­ven­teur d'ap­pâts et ve­dette d'une émis­sion de té­lé-réa­li­té, Duck Dy­nas­ty. Cam­pé en homme des bois, ar­bo­rant une barbe grise de pro­phète, le per­son­nage in­carne une ver­sion fan­tas­ma­tique du ci­toyen de l'amé­rique pro­fonde, à l'op­po­sé du cos­mo­po­lite ma­té­ria­liste qui jus­qu'ici gou­ver­nait en son nom. Tous les élé­ments ras­sem­blés par Ban­non – le grand ré­cit ex­pli­ca­tif, l'op­po­si­tion sim­pliste entre le peuple au­then­tique et les élites trans­na­tio­nales, l'ob­ses­sion iden­ti­taire – se trouvent dans les dis­cours de Trump et jusque dans son al­lo­cu­tion inau­gu­rale.

Jouer avec le feu

Ex­ploi­ter po­li­ti­que­ment les émo­tions vis­cé­rales des gens reste dan­ge­reux. Dans le chef-d'oeuvre du ci­né­ma amé­ri­cain qu'est The In­tru­der (Ro­ger Cor­man, 1962), un agent pro­vo­ca­teur, joué ad­mi­ra­ble­ment par William Shat­ner, le fu­tur ca­pi­taine Kirk de Star Trek, ar­rive dans une ville du sud des États-unis avec le des­sein de pous­ser les ha­bi­tants blancs à des actes de vio­lence contre la ré­cente dé­sé­gré­ga­tion ra­ciale de l'école pu­blique. Ora­teur cha­ris­ma­tique, il y réus­sit trop bien, à tel point qu'il perd le contrôle du mou­ve­ment. Tra­gi­que­ment, l'église des ci­toyens noirs est dé­truite et leur pas­teur as­sas­si­né. À la fin, la po­pu­la­tion est dé­goû­tée, tan­dis que leur en­voû­teur se ré­vèle faible et lâche. Il y a là une le­çon ter­rible pour qui veut jouer avec la co­lère du peuple. Si on en­flamme trop les pas­sions, on en perd la maî­trise ; si on y fait ap­pel de fa­çon ré­pé­ti­tive, les gens s'épuisent ; si on le fait trop mol­le­ment, on perd leur es­time. Le pro­blème de la ca­na­li­sa­tion de la co­lère est dé­sor­mais notre pro­blème à nous tous. Sui­vons de près l'ex­pé­rience du duo Trump-ban­non pour pou­voir en ti­rer les le­çons. Il est évident que gou­ver­ner par le chaos est im­pos­sible. S'il est bien avi­sé, Trump en­cou­ra­ge­ra le cô­té Ban­non juste as­sez pour ne pas dé­ce­voir ses élec­teurs, en pour­sui­vant pa­ral­lè­le­ment un tra­vail plus so­lide et plus me­su­ré. Nous sa­vons main­te­nant que la ten­ta­tive de dis­qua­li­fier les po­pu­listes en les igno­rant ou les dé­non­çant ne marche pas. En re­vanche, imi­ter leur style et leur ap­proche – com­battre le feu par le feu – est sou­vent ris­qué, comme l'at­teste le fait que le « Pro­jet peur » du gou­ver­ne­ment de Da­vid Ca­me­ron n'a pas em­pê­ché le Brexit. La seule so­lu­tion pour les cri­tiques du po­pu­lisme consiste à faire en­fin quelque chose de vi­sible et de du­rable pour mon­trer qu'on a pris au sé­rieux les pro­blèmes des classes moyennes au lieu de les re­fou­ler ou de les dé­ni­grer. Il se peut que ce soit très éprou­vant pour nos classes po­li­tiques, nos mé­dias clas­siques et nos ins­ti­tu­tions éta­tiques. Jo­seph de Maistre avait rai­son d'af­fir­mer que « le re­mède du désordre se­ra la dou­leur ». Le chan­ge­ment dé­mo­cra­tique se fait tou­jours de ma­nière ago­nique. • 1. Voir Phi­lippe-jo­seph Sa­la­zar, Bla­bla Ré­pu­blique. Au verbe, ci­toyens !, Le­mieux édi­teur, 2017. 2. Voir Jan-wer­ner Mül­ler, Qu'est-ce que le po­pu­lisme ? Dé­fi­nir en­fin la me­nace, édi­tions Pre­mier Pa­ral­lèle, 2016. 3. Le Style pa­ra­noïaque. Théo­ries du com­plot et droite ra­di­cale en Amé­rique, édi­tions Fran­çois Bou­rin, 2012.

Steve Ban­non.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.