La longue Marche fait es­cale à Tou­lon

Causeur - - Sommaire N° 44 – Mars 2017 - Pierre La­ma­lat­tie

Le 18 fé­vrier, Em­ma­nuel Ma­cron te­nait mee­ting à Tou­lon, juste après l'af­faire de la co­lo­ni­sa­tion qua­li­fiée de « crime contre l'hu­ma­ni­té ». Ren­contres avec les fans, dis­cours, ma­nifs et im­pré­vus de toute sorte…

Je suis dans l'une des files qui s'al­longent de­vant le Zé­nith Omé­ga de Tou­lon. On n'est pas pres­sés, Em­ma­nuel Ma­cron n'in­ter­vien­dra pas avant 15 heures. Une dame pré­cise qu'il lui rap­pelle Bo­ris Vian. Les autres sont du­bi­ta­tifs. On s'en amuse. J'ai d'abord es­sayé d'ame­ner la conver­sa­tion sur les dé­cla­ra­tions du can­di­dat qua­li­fiant la co­lo­ni­sa­tion de «crime contre l’hu­ma­ni­té». Mais ça n'ac­cro­chait pas. Je n'in­siste pas. Je ne veux pas cas­ser l'am­biance. Je sym­pa­thise avec mes voi­sins de queue : un jeune in­gé­nieur en nou­velles tech­no­lo­gies, un couple de per­son­nels hos­pi­ta­liers, la res­pon­sable d'une agence de com, un chef d'en­tre­prise de dé­co­ra­tion in­té­rieure. On ba­varde. Cer­tains viennent avec une cu­rio­si­té fa­vo­rable, d'autres sont dé­jà conquis.

Aux yeux de tous ceux qui poi­reautent avec moi, Ma­cron in­carne la nou­veau­té et ça, ça plaît beau­coup. De plus, il est jeune, ce qui est une forme de nou­veau­té. Il s'in­té­resse aux dé­fis tech­no­lo­giques et éco­lo­giques. Il veut aus­si faire de la po­li­tique en « dé­pas­sant les vieux cli­vages ». Il in­tro­dui­ra la pro­por­tion­nelle pour que la re­pré­sen­ta­tion soit plus re­pré­sen­ta­tive. On lui prête de n'être ni de droite ni de gauche, mais de prendre « ce qu’il y a de mieux de chaque cô­té». Il est comme une mo­tion de syn­thèse élar­gie à tous les « pro­gres­sistes ». Sa ligne gra­phique conjugue le bleu pâle et le rose pâle. Ce qui sé­duit le plus, c'est l'idée d'as­so­cier à son mou­ve­ment des gens ve­nus de la « so­cié­té ci­vile ». En Marche ! semble ef­fec­ti­ve­ment avoir réus­si à ame­ner en po­li­tique des per­sonnes qui n'étaient en­car­tées nulle part et qui dé­couvrent les joies de l'en­ga­ge­ment. Un peu

par­tout cir­culent des bé­né­voles en tee-shirt «Ma­cron pré­sident ». Les or­ga­ni­sa­teurs, pen­sant peut-être que les mi­li­tants se­raient tous jeunes et sveltes, ont com­man­dé sur­tout des pe­tites tailles. Beau­coup de vo­lon­taires, dé­jà avan­cés en âge et en cor­pu­lence, pa­raissent bou­di­nés, mais la bonne hu­meur est pal­pable. On fi­nit par at­teindre l'ac­cueil. Une dame me donne le mot de passe du wi-fi : la­france-en­marche. Fas­toche! On entre. On s'ins­talle. En at­ten­dant que la salle se rem­plisse, un clip est dif­fu­sé en boucle. On voit Ma­cron al­ter­na­ti­ve­ment avec Mi­chel Ro­card et en com­pa­gnie du da­laï-la­ma. Je com­mence à m'en­nuyer. Du coup, je res­sors le livre du can­di­dat. Je le feuillette. Mes voi­sins le re­gardent. Je le re­mets dans mon sac. Tout de même, en ti­trant son bou­quin Ré­vo­lu­tion, Ma­cron en fait peu­têtre un peu trop. C'est comme quand il in­ti­tule le por­teà-porte de ses mi­li­tants « La Grande Marche ». L'at­tente est in­ter­mi­nable. Une re­pré­sen­tante des « Jeunes avec Ma­cron » est in­ter­viewée dans l'al­lée par des jour­na­listes. Je m'ap­proche pour écou­ter. «Nous les jeunes, dé­clare-t-elle, on veut faire de la po­li­tique au­tre­ment!» Les té­lés braquent sur elle un éclai­rage in­tense qui rend son vi­sage in­can­des­cent. Elle a du cran. Elle ré­pète le même mes­sage avec des for­mu­la­tions va­riées et un large sou­rire. Quand les té­lés sont par­ties, je vais vers elle pour en sa­voir plus sur les as­pects éco­no­miques et fis­caux du pro­jet Ma­cron. Dans son livre, Em­ma­nuel Ma­cron op­pose sans cesse le « risque » et la « rente ». Dans le pre­mier re­grou­pe­ment, on trouve sur­tout des en­tre­prises, dans le se­cond, sur­tout des par­ti­cu­liers. Il pré­voit de conti­nuer à al­lé­ger si­gni­fi­ca­ti­ve­ment les pré­lè­ve­ments des en­tre­prises. Il en at­tend des ef­fets très po­si­tifs, no­tam­ment sur l'em­ploi. On a bien sûr en tête les ré­formes du chan­ce­lier Schrö­der en Al­le­magne. Dif­fi­cile ce­pen­dant d'ima­gi­ner que les com­pen­sa­tions et trans­ferts de charges en ré­sul­tant soient ano­dins. Ce­pen­dant, on ne sait pas très bien en quoi ils consis­te­ront, en de­hors de la mon­tée en puis­sance de la CSG et de la pres­sion sur l'im­mo­bi­lier. Mon in­ter­lo­cu­trice est bien em­bar­ras­sée par ces ques­tions tech­niques. Elle me dit fi­na­le­ment qu'elle n'a pas lu Ré­vo­lu­tion, mais qu'elle fait confiance à Em­ma­nuel. Je re­grette de l'avoir en­nuyée. Je lui conseille, si elle achète le livre, de ne pas ra­ter mon pas­sage pré­fé­ré (p.15). C'est ce­lui où est évo­quée la grand-mère d'em­ma­nuel Ma­cron à l'âge où elle est en­core éco­lière. Elle rentre de classe. Elle ra­mène avec elle son li­vret. Ses ex­cel­lentes notes sont ac­com­pa­gnées de l'ap­pré­cia­tion «Bonne à tous égards ». Elle re­çoit une tor­gnole aus­si sec. Son père croit qu'il est ques­tion de moeurs lé­gères. Il est presque 16 heures. Il y a du re­tard. Il s'est peu­têtre pas­sé quelque chose. Je m'aper­çois qu'un cer­tain nombre de jour­na­listes ont quit­té l'es­pace qui leur est ré­ser­vé. Un peu par­tout, les gens consultent leurs smart­phones. J'ap­prends que de­hors se dé­roule une ma­nif et qu'il y a eu une échauf­fou­rée. Des as­so­cia­tions de pieds-noirs et de har­kis, ain­si que quelques élus du Front na­tio­nal pro­testent contre les pro­pos te­nus par Ma­cron en Al­gé­rie. On at­tend en­core. La salle est à moi­tié vide. Ça sent un peu le flop. Sans doute moins de 1 500 per­sonnes. Puis, tout à coup, les pro­grammes vi­déo changent. Les ré­fé­rences aux grands hommes s'ac­cé­lèrent. J'ai juste le temps de re­con­naître au pas­sage Vic­tor Hu­go, Dos­toïevs­ki, de Gaulle, Si­mone Veil, Mit­ter­rand et Chi­rac… Une pre­mière ora­trice se pré­sente au pu­pitre : « Je m’ap­pelle Va­lé­rie, dit-elle. J’ai 47 ans. Je suis consul­tante en com­mu­ni­ca­tion. Is­sue de la so­cié­té ci­vile, je suis une femme et une ma­man. J’ai vé­cu les in­éga­li­tés de sa­laires et le sexisme. Comme je vous le di­sais, je tra­vaille dans la com­mu­ni­ca­tion et même la com­mu­ni­ca­tion di­gi­tale. […] Oui, Em­ma­nuel ! Nous, le peuple de France, nous avons le ta­lent né­ces­saire pour faire bou­ger les lignes !… » Un élu lo­cal lui suc­cède. Il s'agit de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, dé­pu­té PS ral­lié à En Marche !. Il at­taque sur le thème de la co­lo­ni­sa­tion qui a fait un tol­lé ces jours der­niers. Il ra­conte comment des har­kis ra­me­nés vers l'al­gé­rie sur un na­vire mi­li­taire fran­çais où ser­vait son père se jettent dans la mer sa­chant ce qui les at­tend dans la mère pa­trie. On ne com­prend pas si l'ora­teur veut dé­non­cer les crimes du FLN, ceux de la France, tous les crimes à la fois, mais l'épi­sode est émou­vant. On ap­plau­dit. Ma­cron ar­rive en­fin. La salle exulte. Il at­taque bille en tête. Il fus­tige le com­por­te­ment de ceux qui ont gra­ve­ment blo­qué l'ac­cès à son mee­ting. C'est à cause de ce­la qu'il y a in­suf­fi­sam­ment de monde. Il fé­li­cite ceux qui sont là : «Vous êtes des cou­ra­geux parce que vous êtes ve­nus jus­qu’ ici ! » En ce qui me concerne, je n'ai ren­con­tré au­cun obs­tacle, mais ça me fait quand même plai­sir. Ses pro­pos sont nets et ryth­més. Pas l'ombre d'une hé­si­ta­tion. On sent qu'il a l'au­dace d'un jeune gé­né­ral d'em­pire et la nuance chan­tour­née d'un haut fonc­tion­naire. Quand il a be­soin de re­prendre sa res­pi­ra­tion, il lâche des phrases sans risque comme : « Il faut re­gar­der en face nos dé­fis qui sont mul­tiples et y ré­pondre avec exi­gence ! » Par­fois, il lève les yeux et les bras vers le ciel avec une can­deur saint-sul­pi­cienne. Ce sont sans doute ces mo­ments étranges qui ont fait dire à Mi­chel Houel­le­becq : «Il fait un peu mu­tant!» Ce­pen­dant, Em­ma­nuel Ma­cron, qui est un pe­tit nou­veau en po­li­tique, a une verve éton­nante. Il pour­rait faire en­vie à des ora­teurs che­vron­nés. Il a une vi­sion. Il a une pa­role. Je sens que la salle n'a au­cun doute sur sa sta­ture pré­si­den­tielle. On l'ap­plau­dit quand il aborde les nou­velles tech­no­lo­gies et l'éco­lo­gie. Même chose en ce qui concerne la fa­çon nou­velle de faire de la po­li­tique avec la so­cié­té →

ci­vile. Les gens ac­crochent bien. Ils battent des mains en­core da­van­tage lors­qu'il fait l'éloge de l'en­tre­prise, de la réus­site per­son­nelle, de la li­bé­ra­tion des ini­tia­tives et du dé­sir d'ave­nir. Ce pu­blic en a vi­si­ble­ment marre du ma­rasme ac­tuel, de l'in­com­pré­hen­sion à l'en­contre des pré­oc­cu­pa­tions en­tre­pre­neu­riales, de l'en­li­se­ment et de la sauce aux va­leurs. La réus­site, c'est son su­jet nu­mé­ro un et c'est ce qui in­té­resse l'au­di­toire. La salle ap­plau­dit à tout rompre. Le reste est pro­ba­ble­ment ac­ces­soire pour les par­ti­ci­pants. C'est ce reste que Ma­cron com­mente dans une deuxième par­tie. Le propre d'une pos­ture de can­di­dat est, en ef­fet, d'abor­der tous les su­jets. Ma­cron dé­ve­loppe son point de vue sur des thèmes tels que l'iden­ti­té, la sé­cu­ri­té, l'is­lam ra­di­cal, etc. Ces su­jets semblent re­le­ver pour lui d'une bonne ges­tion des moyens de l'état (ad­mi­nis­tra­tion, po­lice, ar­mée, etc.), et rien de plus. Il égraine des sé­ries de me­sures al­lant du ren­for­ce­ment du ren­sei­gne­ment cen­tra­li­sé à la po­lice de proxi­mi­té do­tée d'une ca­pa­ci­té de trai­ter par des amendes les dé­lits cou­rants. Mais le mes­sage po­li­tique est sur­tout qu'il se pose en bar­rage contre le Front na­tio­nal, mou­ve­ment qu'il ren­voie dos à dos avec l'is­lam ra­di­cal. Il fus­tige les « mar­chands de haine » et tous ceux qui rêvent d'un « âge d’or n’ayant ja­mais exis­té ». Ce der­nier point concerne aus­si, évi­dem­ment, le « conser­va­tisme » de Fran­çois Fillon. Bref, dans ce do­maine comme dans tous les autres, l'idée d'em­ma­nuel Ma­cron est de ne rien cé­der aux « pas­sions tristes » (ex­pres­sion ré­cur­rente du can­di­dat, em­prun­tée à Spi­no­za). La salle ma­ni­feste son ap­pro­ba­tion à in­ter­valles ré­gu­liers, mais elle est vi­si­ble­ment sor­tie du do­maine de la fer­veur pour en­trer dans ce­lui de l'ad­hé­sion rai­son­nable. La ver­sion ini­tiale du dis­cours de­vait pro­ba­ble­ment s'ar­rê­ter là. Mais l'ac­tua­li­té ins­pire à Ma­cron un long ad­di­tif dans le­quel il re­vient sur ses dé­cla­ra­tions d'al­ger. C'est la cas­se­role dont il ai­me­rait se dé­bar­ras­ser. Il an­nonce d'en­trée de jeu qu'il ne s'ex­cu­se­ra pas, mais on sent qu'il ai­me­rait beau­coup qu'on l'ex­cuse. Il aime les Al­gé­riens, il aime les pieds-noirs, il aime les mi­li­taires fran­çais, il aime les har­kis. « Je vous aime ! » ré­pète-t-il à l'en­vi. Il ex­prime de la com­pas­sion pour toutes les souf­frances ! À éga­li­té ! Il ap­pelle à une sorte de syn­cré­tisme des mé­moires «dans toute leur com­plexi­té». Sur­tout, il se veut tour­né vers l'ave­nir. L'ave­nir, c'est ce qui compte ! Il s'adresse plus par­ti­cu­liè­re­ment aux pieds-noirs et à leurs des­cen­dants. La phrase de ré­con­ci­lia­tion qui lui vient mal­en­con­treu­se­ment à l'es­prit est : «Je vous ai com­pris ! » Il ra­joute aus­si­tôt : « Et je vous aime ! » Il me fait pen­ser à ces si­tua­tions où, vou­lant ef­fa­cer une tache, on ne fait que l'éta­ler. La salle écoute. On sent que les sup­por­ters sont un peu em­bê­tés. Per­sonne ne se dou­tait, il y a en­core quelques jours, que la ré­con­ci­lia­tion des mé­moires fran­çaise et al­gé­rienne de­vien­drait le su­jet prin­ci­pal de l'ac­tua­li­té ma­cro­nienne. Il tente d'ex­pli­quer qu'il se ré­fé­rait non à la no­tion tra­di­tion­nelle de crime contre l'hu­ma­ni­té, mais à sa dé­fi­ni­tion élar­gie par la loi de 2010. C'est un peu com­pli­qué. Fi­na­le­ment, sa meilleure pa­rade consiste en une ha­bile pi­rouette : il parle dé­sor­mais de «crime contre l’hu­main». Il en vient en­fin à la conclu­sion gé­né­rale et re­çoit un ton­nerre d'ap­plau­dis­se­ments. L'éva­cua­tion com­mence. Je vois pas­ser Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, le dé­pu­té des Alpes-de-haute-pro­vence. Je l'aborde. J'ai­me­rais sa­voir si les al­lè­ge­ments pré­vus pour les en­tre­prises vont être ga­gés par des alour­dis­se­ments chez les par­ti­cu­liers. On en vient à dis­cu­ter de la ques­tion de l'éga­li­té de­vant l'im­pôt. Les riches doivent certes payer da­van­tage que les pauvres, mais à ri­chesse com­pa­rable, cha­cun doit ver­ser en gros la même chose, quelle que soit sa ca­té­go­rie so­cio­pro­fes­sion­nelle. La France s'est dé­jà beau­coup écar­tée de ce prin­cipe pour s'en­ga­ger dans la voie d'une fis­ca­li­té dif­fé­ren­ciée. Les pou­voirs pu­blics uti­lisent de­puis long­temps l'im­pôt pour en­cou­ra­ger ou pé­na­li­ser telle ou telle ac­ti­vi­té et, en fin de compte, tel ou tel groupe so­cial. Ce­la abou­tit à des si­tua­tions par­fois gros­siè­re­ment in­éga­li­taires. Par exemple, on peut trans­mettre qua­si­ment en fran­chise d'im­pôt un em­pire in­dus­triel à ses en­fants grâce au dis­po­si­tif du pacte Du­treil. En un sens, il est heu­reux que les en­tre­prises ne soient pas mises en dif­fi­cul­té à chaque suc­ces­sion. Mais un sa­la­rié sans en­fants tra­vaillant dans ce même groupe se voit taxé à hau­teur de 55 % plus di­vers frais s'il veut lé­guer

sa simple mai­son à un frère ou à un ne­veu. Ce­la peut gé­né­rer ce que l'on ap­pelle des « pas­sions tristes » en lan­gage spi­no­zo-ma­cro­nien. J'ai beau in­sis­ter, mon in­ter­lo­cu­teur ne peut pas me don­ner da­van­tage de dé­tails. Il fau­dra at­tendre. Du coup, on change de su­jet de conver­sa­tion. On évoque la dé­cla­ra­tion de pa­tri­moine ré­cem­ment dé­po­sée par le can­di­dat à la Haute Au­to­ri­té pour la trans­pa­rence de la vie pu­blique. Em­ma­nuel Ma­cron a ga­gné plu­sieurs mil­lions d'eu­ros ces der­nières an­nées, no­tam­ment dans la pé­riode où il était as­so­cié à la banque Roth­schild. Tant mieux! Mais il n'en sub­siste, semble-t-il, que des miettes. Mon in­ter­lo­cu­teur m'as­sure qu'il n'y a pas de loup. Em­ma­nuel Ma­cron a payé ses impôts et il a dé­pen­sé le reste. Voi­là l'ex­pli­ca­tion! Le dé­pu­té me fait com­prendre que son ami Em­ma­nuel a un tem­pé­ra­ment joyeux. Cha­cun a le droit de dé­pen­ser son argent comme il veut ! On est bien d'ac­cord. Il y a quand même peut-être un pe­tit dé­ca­lage avec nombre de Fran­çais. Cer­tains et même beau­coup, lors­qu'ils en ont la pos­si­bi­li­té, es­sayent d'épar­gner une part de leur re­ve­nu pour sé­cu­ri­ser leur vie, pour bo­ni­fier l'ave­nir de leurs en­fants, voire pour être gé­né­reux avec d'autres. Ma­cron, lui, aime le « risque ». Il le ré­pète. Mais pour beau­coup de Fran­çais, l'ave­nir n'est pas seule­ment une op­por­tu­ni­té d'épa­nouis­se­ment et de réus­site. C'est aus­si un su­jet d'in­quié­tude. •

Mee­ting d'em­ma­nuel Ma­cron au Zé­nith Omé­ga de Tou­lon, 18 fé­vrier 2017.

Tou­lon, 18 fé­vrier 2017.

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