C'est grave, doc­teur-e ?

Causeur - - Sommaire N° 44 – Mars 2017 - Par Hen­ri Cam­bon

« Pour­quoi le lan­gage est-il im­por­tant ? » C'est sur cette vaste ques­tion que s'ouvre le pe­tit guide pu­blié par la Bri­tish Me­di­cal As­so­cia­tion (BMA), l'as­so­cia­tion re­pré­sen­tant la qua­si-to­ta­li­té des pra­ti­ciens du pays char­gée, entre autres tâches, de veiller à ce qu'éthique et mé­de­cine res­tent bonnes co­pines. A prio­ri, c'était une riche idée. Dans ce monde de brutes, le verbe, le choix des termes, la jus­tesse de la phrase n'étaient pas choses mortes. Même chez les mé­de­cins, on ne pou­vait pas faire comme si le mot ne comp­tait plus ! Hé­las, on dé­chante vite à la lec­ture at­ten­tive de ce rap­pel au rè­gle­ment, qui vire à l'at­ten­tat contre le bon sens dès qu'il aborde les ques­tions af­fé­rentes à la ma­ter­ni­té.

Car nos amis de la BMA ne s'en sont pas te­nus au bla­bla usuel contre « les sté­réo­types de genre », tou­jours « pro­fon­dé­ment en­fon­cés dans les es­prits ». Ils ont por­té le fer dans la plaie lan­ga­gière.

C'est tel­le­ment drôle que je ne ré­siste pas à ci­ter le pa­ra­graphe in­té­gra­le­ment : « Une grande ma­jo­ri­té de per­sonnes ayant été en­ceintes ou ac­cou­ché s’iden­ti­fie comme des femmes. On ces­se­ra de dis­cri­mi­ner les hommes in­ter­sexués et trans­genres qui pour­raient tom­ber en­ceints en remplaçant la for­mule “fu­ture mère” par “per­sonne en­ceinte”. » Main­te­nant, vous sa­vez pour­quoi le lan­gage im­porte. Et pour­quoi la langue com­mune im­por­tune. •

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