LES VÉ­GÉ­TAUX PRENNENT LA PA­ROLE

À l'af­fiche ce mois-ci, rien que du beau linge : Jé­sus, On­fray, Théo, Ma­cron – et sur­tout mes jeunes ca­ma­rades de Gé­né­ra­tion Vé­gé­tale !

Causeur - - Le Moi De Basile - Par Ba­sile de Koch

EN­FIN UN CAN­DI­DAT UFCR-UDG ! Jeu­di 2 fé­vrier

Qui ose­ra dire que le dé­bat de fond n'est pas lan­cé dans cette cam­pagne ? Il suf­fit de s'in­for­mer. Ain­si, dans mes spams d'au­jourd'hui, je ré­cu­père un com­mu­ni­qué de presse d'alain Mour­guy, can­di­dat de l'union des forces ci­toyennes et ré­pu­bli­caines et de l'union des gens de bon sens (UFCR-UDG) à la pré­si­den­tielle de 2017. Par­mi 159 autres in­té­res­santes pro­po­si­tions, il nous ex­plique « comment créer un mil­lion d’em­plois tout en éco­no­mi­sant huit mil­liards d’eu­ros par an ». A prio­ri ça a l'air ten­tant ; j'ai pas tout lu mais en gros, pour fi­nan­cer le truc, il suf­fi­rait de sup­pri­mer le chô­mage.

LALANNE LAND Ven­dre­di 3 fé­vrier

En­core une preuve de la vi­va­ci­té du dé­bat dé­mo­cra­tique – au moins dans les couches conscien­ti­sées de la so­cié­té : le « Col­lec­tif éco-ci­toyen 100 % » pré­si­dé par le po­ly­va­lent Fran­cis Lalanne pré­sen­te­ra aux pro­chaines lé­gis­la­tives des can­di­dats dans toutes les cir­cons­crip­tions, de fa­çon à « of­frir une al­ter­na­tive ci­toyenne à la po­li­tique po­li­ti­cienne ». Il fal­lait y pen­ser !

Tou­jours est-il que, sur ce pro­gramme, le col­lec­tif réunit pas moins de « 28 mou­ve­ments po­li­tiques, ci­toyens et éco­lo­giques ». Même que par­mi eux, en ma qua­li­té de pré­sident à vie de Ja­lons, je vou­drais adres­ser un sa­lut tout par­ti­cu­lier à nos amis de Gé­né­ra­tion Vé­gé­tale, qui sont la re­lève des idées que nous por­tons ! Qu'ils le sachent : en cas de pro­blème à Lalanne Land, il y au­ra tou­jours à Ja­lons une place pour ces jeunes pousses.

FI­GA­RO-CI, FI­GA­RO-LÀ Mer­cre­di 8 fé­vrier

Ven­dre­di 3 fé­vrier : au plus fort de la tem­pête, Le Fi­ga­ro lâche ce­lui qui était de­ve­nu son hé­ros de­puis son triomphe aux pri­maires. Le titre, qui s'étale sur cinq co­lonnes à la une, est sans am­bi­guï­té : « Fillon conti­nue, la droite s’in­quiète. » Pas dur de de­vi­ner ce qu'il fau­drait pour la cal­mer… À l'in­té­rieur, deux ar­ticles de fond pré­cisent le mes­sage : « Une af­faire ju­di­ciaire et fa­mi­liale qui n’en fi­nit pas », dé­plore l'un ; « Les ré­flexions s’ac­cé­lèrent au­tour du plan B », ras­sure l'autre. En bon fran­çais : Fillon est fou­tu, il est temps de pas­ser à autre chose !

Ce mer­cre­di, cinq jours plus tard, la tem­pête semble s'être cal­mée, au point que Le Fi­ga­ro re­monte sur le na­vire : « La droite res­serre les rangs au­tour de Fillon », titre le jour­nal à nou­veau mo­bi­li­sé. Et de fi­ler, en pages in­té­rieures, la mé­ta­phore mi­li­taire : « Fillon soude son camp et repart sur le ter­rain », « La contre-of­fen­sive est aus­si ju­ri­dique »… Mais le plus fort, c'est quand Le Fi­ga­ro nous ex­plique en une que « le can­di­dat en­tend re­lan­cer une cam­pagne en­tra­vée de­puis quinze jours ». Comme si le quo­ti­dien lui-même n'y avait pas contri­bué en an­non­çant au peuple de droite que son can­di­dat était cuit !

Heu­reu­se­ment il n'y pa­raît plus, et à lire la li­vrai­son d'au­jourd'hui, tout va pour le mieux dans le meilleur

des mondes fillo­nistes… Jus­qu'au pro­chain obs­tacle qui pour­rait faire tré­bu­cher le can­di­dat ; au­quel cas, n'en dou­tons pas, le quo­ti­dien re­pren­drait sa fa­meuse « li­ber­té de blâ­mer ».

JÉ­SUS, ON­FRAY ET MOI Sa­me­di 11 fé­vrier

Dieu sait que j'aime bien On­fray, j'ai même été le pre­mier à l'in­ter­vie­wer pour ce ma­ga­zine. Avec tout ça, il est au cou­rant bien sûr pour mon pro­blème de ca­tho­lisme, mais il ne m'en veut pas ; il me plaint, c'est tout. Moi, pa­reil ! Quel dom­mage, lui ai-je ha­bi­le­ment re­pré­sen­té, qu'un es­prit aus­si ou­vert, fé­cond et in­dé­pen­dant que le sien se crispe dès qu'il s'agit des re­li­gions mo­no­théistes, et de la mienne en par­ti­cu­lier. Mais rien à faire ! Pour toute ré­ponse On­fray, sûr de son fait, se contente de mo­quer gen­ti­ment mes chi­mères d'« ar­rière-monde »… Ce soir, Mi­chel est ve­nu chez Ru­quier pour par­ler de Dé­ca­dence, le tome 2 de sa Brève En­cy­clo­pé­die, consa­cré pré­ci­sé­ment au constat de dé­cès de la ci­vi­li­sa­tion ju­déo-chré­tienne. Mais comme tout ça est un peu sé­rieux, pour dé­tendre l'at­mo­sphère, on lui de­mande de dé­ve­lop­per sa thèse sur l'in­exis­tence his­to­rique de Jé­sus. Fla­vius Jo­sèphe at­teste du contraire, de même que Ta­cite et Sué­tone ? C'est qu'ils n'ont pas eu ac­cès aux bonnes sources ! Le meilleur ar­gu­ment d'on­fray – en­fin, mon pré­fé­ré : « Si Jé­sus avait exis­té, il au­rait bien sûr man­gé des lou­koums ! » Et bien sûr les quatre évan­gé­listes (s'ils avaient eux-mêmes exis­té) se se­raient bous­cu­lés pour nous rap­por­ter l'af­faire, vu son im­por­tance. À ce compte-là, moi aus­si j'ai ma preuve de l'in­exis­tence his­to­rique du Ch­rist : dans tous les évan­giles on le voit man­ger, mais nulle part il ne fait po­po ! Pas très cré­dible, tout ça. Sur quoi, une heure plus tard, qu'est-ce que j'ap­prends ? Saint Paul non plus n'au­rait pas exis­té ! Quand même, il exa­gère, Mi­chel… com­men­cé-je à mar­mon­ner, avant de me cal­mer tout net : de toute fa­çon, une fois qu'il n'y a plus de Jé­sus, hein…

AF­FAIRE THÉO : LE FILM Jeu­di 16 fé­vrier

En exclu dans Le Point, du nou­veau sur l'af­faire Théo : le té­moi­gnage des flics, et ce­lui des ca­mé­ras de sur­veillance. En gros, l'his­toire n'est pas aus­si simple qu'a bien vou­lu nous le ra­con­ter le jeune homme, re­layé de­puis quinze jours par tous les mé­dias. Non seule­ment il s'est in­ter­po­sé vio­lem­ment pour em­pê­cher l'in­ter­pel­la­tion d'un dea­ler, qui a pu prendre la fuite, mais il était chaud pour se figh­ter – et les flics ne se sont pas faits prier ! Tout ça s'est pas­sé en moins d'une mi­nute et, se­lon L'IGPN, l'in­ten­tion­na­li­té de l'acte n'est pas éta­blie. N'em­pêche qu'on lui a troué le cul, à Théo, alors qu'il mé­ri­tait deux baffes… Et la pro­por­tion­na­li­té des peines ?

PLU­TÔT MÉ­LEN­CHON QUE MA­CRON ! Ven­dre­di 17 fé­vrier, 1h15

Sur LCI en ce mo­ment, re­dif­fu­sion du dis­cours de Mé­len­chon à Stras­bourg. On aime ou on n'aime pas, mais ça a le mé­rite d'exis­ter. Je n'en di­rais pas au­tant du ze­ro man show de Ma­cron, avec ses am­bian­ceurs – ro­bots ca­pables de scan­der sur com­mande n'im­porte quoi. Il faut les en­tendre s'épou­mo­ner à hur­ler « Eu­rope ! Eu­rope ! », avec cet en­thou­siasme ir­réel qui est l'es­sence du ma­cro­nisme et le mo­teur de son ac­tion.

EM­MA­NUEL 2 : Y A-T-IL UN PI­LOTE DANS MA­CRON ? Sa­me­di 18 fé­vrier

Qu'on cesse de dire qu'em­ma­nuel n'a pas de pro­gramme ! Il l'a dé­taillé en mee­ting cet après-mi­di à Tou­lon : -« Je veux être élu ; - Je vous ai com­pris ; - Je vous aime.» Ce­la dit, si vrai­ment il est élu sur de telles bases, cha­peau ! Ce n'est plus du cha­risme, c'est de l'hyp­nose mes­mé­rienne. •

Fran­cis Lalanne.

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