Be­noît Ha­mon Le mul­ti­cul­ti bien de chez nous

Laï­ci­té, ou­verte , ac­com­mo­de­ments rai­son­nables et re­pen­tance à tous les étages. Pour le can­di­dat du PS , le mot iden­ti­té ne sau­rait être que plu­rielle.

Causeur - - Som­maire - Ke­vin Er­ke­le­tyan

Bi­lal Ha­mon. » Deux mots, un sur­nom suf­fisent à ré­su­mer la per­cep­tion qu'ont de « Be­noît Ha­mon ses plus fa­rouches ad­ver­saires. Mais c'est peut-être aus­si la sienne, celle qu'il a de lui ou dont il rêve. « Ali Jup­pé », l'in­té­res­sé avait trou­vé ça « dé­gueu­lasse ». « Bi­lal Ha­mon », Be­noît Ha­mon trouve ça char­mant : « Ils m'ont re­bap­ti­sé d'un très jo­li pré­nom. Je suis fier qu'ils m'ap­pellent Bi­lal et se­rais fier aus­si qu'ils m'ap­pellent Élie, Da­vid », s'est ré­joui le can­di­dat de­vant une salle dé­chaî­née qui scan­dait : « Bi­lal, Bi­lal, Bi­lal ! » C'était à Mon­treuil, ca­pi­tale du mul­ti­cul­tu­ra­lisme à la fran­çaise.

Ce­lui qu'il aime, ce­lui de son fief. Trappes. Ville de Ja­mel et d'anel­ka. 40 à 50 na­tio­na­li­tés, 70 % de mu­sul­mans. Et un in­té­rêt évident à les flat­ter. « Il vic­ti­mise et es­sen­tia­lise les mu­sul­mans, les en­tre­te­nant dans l'idée que la France ne fait pas tout ce qu'il faut pour les in­té­grer », as­sure son an­cien sup­pléant, Jean-phi­lippe Mal­lé. « C'est in­sup­por­table que l'on conti­nue à faire de la foi de mil­lions de nos com­pa­triotes un pro­blème dans la so­cié­té fran­çaise, ré­pond pen­dant la pri­maire Be­noît Ha­mon. Ar­rê­tons de faire de l'is­lam un pro­blème pour la Ré­pu­blique. » De là à dire que c'est la Ré­pu­blique qui est un pro­blème pour l'is­lam ? Le can­di­dat ne va pas (en­core ?) jusque-là. Mais en bon orien­ta­liste, Be­noît Ha­mon sait re­ce­voir ses in­vi­tés. Alors, c'est plu­tôt à elle de s'adap­ter : « Elle doit, comme dans le pas­sé, cher­cher et trou­ver un com­pro­mis entre la re­con­nais­sance du fait re­li­gieux et les li­mites po­sées à l'ex­ten­sion du do­maine re­li­gieux. » En clair : des « ac­com­mo­de­ments rai­son­nables » à la Jus­tin Tru­deau. Pour Be­noît Ha­mon, « la ma­trice des va­leurs com­munes existe bien ». Par­ler voile ou bur­ki­ni, c'est dé­jà « stig­ma­ti­ser ». L'ab­sence des femmes dans les bars – au-de­là d'être une tra­di­tion ou­vrière « his­to­rique » – ne re­lève pas du re­li­gieux mais du « so­cial ». Et la pro­po­si­tion de Ma­rine Le Pen d'in­ter­dire l'en­sei­gne­ment des « langues d'ori­gine » à l'école, c'est « nau­séa­bond ». Comme l'as­si­mi­la­tion ? Un Fran­çais, se­lon Ha­mon, c'est quel­qu'un qui vit en France. L'iden­ti­té n'existe qu'au plu­riel et les iden­ti­tés ne sont pas un cri­tère d'ap­par­te­nance à la France. De toute fa­çon, pour Ha­mon, on n'ap­par­tient pas à la France, c'est elle qui nous ap­par­tient.

La France de Be­noît Ha­mon ne cesse de de­man­der par­don : aux peuples co­lo­ni­sés, à Ben­ze­ma non sé­lec­tion­né en équipe de France. For­cé­ment, ça ne laisse pas beau­coup de temps pour par­ler des autres Fran­çais. Heu­reu­se­ment, ses porte-pa­role sont là pour ça. Sa res­pon­sable « éga­li­té femmes-hommes », Lau­ra Sli­ma­ni, vient de trai­ter le maire de Mont­pel­lier de « vieux mâle blanc li­bé­ral ». Jus­qu'ici, Ha­mon n'a pas bron­ché. •

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