LAÏ­CI­TÉ, Y A-T-IL UN PLAN MA­CRON ?

Le pré­sident va-t-il re­mettre en cause la loi de 1905 ? Sur ce su­jet aus­si, il a été très vague du­rant sa cam­pagne. Mais sa proxi­mi­té avec Ha­kim El Ka­roui, au­teur du fa­meux rap­port de l'ins­ti­tut Mon­taigne sur l'is­lam de France, a de quoi in­quié­ter.

Causeur - - L'actu vue par Alain Finkielkra­ut - Par Bar­ba­ra Le­febvre

Pour Em­ma­nuel Ma­cron, ce prag­ma­tique qui croit que tout – y com­pris la di­men­sion cultu­relle – dé­coule de l'éco­no­mique, la laï­ci­té est un non-su­jet : il ne pense pas « qu'elle soit réel­le­ment me­na­cée1 ». Il a néan­moins pro­mis de res­pec­ter la loi de 1905 à la­quelle les Fran­çais sont at­ta­chés. C'est donc avec ses lu­nettes idéo­lo­giques que le nou­veau pré­sident aborde la ques­tion de l'in­té­gra­tion ré­pu­bli­caine de l'is­lam. Il y a sans doute ré­flé­chi. Et il sait pou­voir comp­ter sur son ami Ha­kim El Ka­roui. Ex-di­rec­teur des fu­sions ac­qui­si­tions Afri­que­mé­di­ter­ra­née chez Roth­schild, mi­li­tant ac­tif de la di­ver­si­té en en­tre­prise (il a fon­dé l'in­fluent Club xxie siècle, ain­si que les Young Me­di­ter­ra­nean Lea­ders, sur le mo­dèle du ré­seau fran­co-amé­ri­cain des Young Lea­ders2 dont il fut membre en 2007 et 2008, comme Ma­cron et Phi­lippe qui ont par­ti­ci­pé, en­semble, au pro­gramme de 2012), cet an­cien conseiller de Jean-pierre Raf­fa­rin à Ma­ti­gnon a sou­te­nu la cam­pagne d'em­ma­nuel Ma­cron.

Mais El Ka­roui est aus­si l'au­teur du rap­port « Un is­lam de France est pos­sible » pa­ru en oc­tobre 2016. Et ce qui s'ap­pa­rente fort à une note po­li­tique por­tée par le think tank li­bé­ral ins­ti­tut Mon­taigne ex­pose une vé­ri­table stra­té­gie par­fai­te­ment adap­tée à la vi­sion ma­cro­nienne de l'homme et de la so­cié­té. Les re­com­man­da­tions de ce rap­port risquent donc de for­mer le sque­lette de la po­li­tique du pré­sident quand il dé­ci­de­ra de se pen­cher sur le su­jet « is­lam de France ». Du reste, la tri­bune pu­bliée dans le JDD, avant la pa­ru­tion des bonnes feuilles du rap­port, par El Ka­roui et d'autres fu­turs sou­tiens d'em­ma­nuel Ma­cron comme Ba­ri­za Khia­ri et Rah­mene Az­zou­zi, donne une idée des pré­ten­dants à la di­rec­tion de cet « is­lam de France3».

L'en­quête de l'ins­ti­tut Mon­taigne a sus­ci­té dans l'opi­nion des com­men­taires in­quiets. Elle ré­vé­lait l'am­pleur de la dif­fu­sion de l'idéo­lo­gie is­la­miste et du conser­va­tisme re­li­gieux au sein de la com­mu­nau­té mu­sul­mane fran­çaise, en par­ti­cu­lier chez les jeunes. Mais on a peu com­men­té les ana­lyses et les re­com­man­da­tions. On a eu tort, car celles-ci im­pliquent une re­fonte ra­di­cale de la laï­ci­té que la Ré­pu­blique a ins­ti­tuée dans le droit en 1905.

L'ex­pli­ca­tion-réflexe so­cio-éco­no­mique

El Ka­roui re­prend ré­gu­liè­re­ment dans son ana­lyse la cause so­cio-éco­no­mique (« la pré­ca­ri­té ») pour ex­pli­quer la plus grande re­li­gio­si­té et le res­sen­ti­ment de la jeu­nesse mu­sul­mane à l'égard de la so­cié­té fran­çaise. La vo­lon­té de « vivre en terre d'is­lam » af­fir­mée par près de 30 % de l'échan­tillon re­flète se­lon lui l'ab­sence de « pers­pec­tive de l'amé­lio­ra­tion de leur condi­tion so­ciale […] sous l'ef­fet des dis­cri­mi­na­tions et des in­éga­li­tés ». Voi­là bien la lec­ture de l'ho­mo-eco­no­mi­cus oc­ci­den­ta­lo-cen­tré, pour qui l'en­ga­ge­ment re­li­gieux ne peut être qu'un pal­lia­tif au mal­heur so­cial. La ra­di­ca­li­té re­li­gieuse, un fait cultu­rel voire théo­lo­gique ? Pen­sez donc ! Comme nos po­li­tiques après chaque at­ten­tat is­la­miste, El Ka­roui trie le « bon » du « mau­vais » mu­sul­man. Il ex­com­mu­nie les Koua­chi et autre Abaoud, les « ce n'est pas ça, l'is­lam », pour dé­cul­pa­bi­li­ser les mu­sul­mans du sur­gis­se­ment de l'is­lam po­li­tique et en faire por­ter la res­pon­sa­bi­li­té à toute la so­cié­té fran­çaise. À l'ins­tar d'em­ma­nuel Ma­cron qui l'a lais­sé en­tendre après les at­ten­tats de no­vembre 2015, El Ka­roui écrit : c'est « notre échec à tous ». Vient alors la liste des dis­cri­mi­na­tions en tous genres su­bies par les jeunes mu­sul­mans, sui­vie par la so­lu­tion : la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive que l'on nous sert, en vain, de­puis Chi­rac… El Ka­roui re­com­mande aus­si de « les in­clure de nou­veau dans le récit na­tio­nal en tant que mu­sul­mans ». Éton­nante re­quête de ces pas­sion­nés de la di­ver­si­té : clas­ser les ci­toyens par re­li­gion ou quan­ti­té de mé­la­nine (les fa­meux « ra­ci­sé-es »), tout en ac­cu­sant la so­cié­té fran­çaise de ra­cisme.

Vi­si­bi­li­té, os­ten­ta­tion, pro­sé­ly­tisme po­li­ti­co­re­li­gieux ? El Ka­roui ne tranche pas.

Comme les mé­dias l'ont re­le­vé à la pu­bli­ca­tion de l'en­quête, les mu­sul­mans in­ter­ro­gés as­pirent à une plus grande vi­si­bi­li­té de l'is­lam dans l'es­pace pu­blic. El Ka­roui va dans le même sens, dé­plo­rant que « les mos­quées fran­çaises [soient] re­la­ti­ve­ment mo­destes, voire in­vi­sibles » et re­gret­tant qu'il n'y ait en France que trois mos­quées ca­thé­drales car « ce­la ne cor­res­pond pas à la réa­li­té de l'is­lam fran­çais ».

L'her­mé­neu­tique d'el Ka­roui ar­rive d'ailleurs à ap­pri­voi­ser même les chiffres les plus com­pli­qués à ex­pli­quer. 80 % des mu­sul­mans in­ter­ro­gés sou­haitent que le ha­lal soit pro­po­sé dans les can­tines sco­laires, alors que se­lon une étude Ifop (2015) 64 % des Fran­çais re­fusent de cé­der aux re­ven­di­ca­tions com­mu­nau­taires dans les can­tines pu­bliques. 85 % des Fran­çais sont op­po­sés au port du hi­jab à l'école en ver­tu de la loi de 2004 (Ifop, 2015) quand 60 % des mu­sul­mans son­dés par l'ins­ti­tut Mon­taigne y sont fa­vo­rables, en dé­pit de la loi4. Pour El Ka­roui ce n'est pas si grave : « 50 % d'entre eux [les mu­sul­mans vi­vant en France] suivent un che­min qui va les me­ner pro­gres­si­ve­ment vers la sé­cu­la­ri­sa­tion. » El Ka­roui va jus­qu'à af­fir­mer que « l'ar­ri­vée du sa­la­fisme et sa vi­si­bi­li­té at­testent, pa­ra­doxa­le­ment, de la re­la­tive bonne in­té­gra­tion de l'is­lam dans le pay­sage na­tio­nal ». D'ailleurs, les 28 % qui se­lon l'en­quête af­firment avoir

une pra­tique re­li­gieuse ré­gu­lière et sont fa­vo­rables à l'ex­pres­sion re­li­gieuse sur leur lieu de tra­vail, sont pour El Ka­roui des « mu­sul­mans sé­cu­la­ri­sés » qui font « évo­luer le sys­tème de va­leurs de la France contem­po­raine »…

Le pro­jet ex­po­sé par Ha­kim El Ka­roui oblige l'état à se mê­ler des cultes et à les fi­nan­cer par l'im­pôt.

Pour « in­clure les mu­sul­mans dans le récit na­tio­nal », El Ka­roui compte sur l'école mais d'une étrange fa­çon. 67 % des mu­sul­mans de l'en­quête sou­haitent que leurs en­fants étu­dient à l'école pu­blique l'arabe clas­sique – ce­lui de la langue co­ra­nique ? Qu'à ce­la ne tienne, El Ka­roui éta­blit une équa­tion ha­bile pour sa­tis­faire cette at­tente des mu­sul­mans et celle des pou­voir pu­blics (à sa­voir la lutte contre la ra­di­ca­li­sa­tion) : « En­sei­gner l'arabe clas­sique à l'école pu­blique pour ré­duire l'at­trac­ti­vi­té des cours d'arabe dans les écoles co­ra­niques et dans les mos­quées », qu'il dé­crit plus haut comme prin­ci­paux lieux de la ra­di­ca­li­sa­tion aux mains d'au­to­ri­tés étran­gères. Il ac­cuse en outre l'éducation na­tio­nale d'avoir pro­gres­si­ve­ment fer­mé l'ac­cès à l'arabe dans le se­con­daire aux des­cen­dants d'im­mi­grés mu­sul­mans, les obli­geant « à se com­mu­nau­ta­ri­ser ». C'est ou­blier que ces fer­me­tures de postes ré­sultent de deux mou­ve­ments au cours des an­nées 1990-2000 : la dé­crue des ins­crip­tions en cours d'arabe clas­sique car les fa­milles et les élèves ne trou­vaient pas sa­tis­fac­tion dans l'ap­pren­tis­sage laïque et aca­dé­mique de cette langue, et l'at­trac­ti­vi­té des ré­seaux pa­ral­lèles al­liant ap­pren­tis­sage de l'arabe et éducation co­ra­nique. On ferme des classes quand les élèves dé­sertent. El Ka­roui conti­nue en ap­puyant sa re­com­man­da­tion de l'en­sei­gne­ment de l'arabe à l'école par un ar­gu­ment fal­la­cieux : il est « sou­te­nu par une large par­tie de la po­pu­la­tion en si­tua­tion de se­mi­bi­lin­guisme ». Mais ce bi­lin­guisme ré­fère à l'arabe dia­lec­tal : ces fa­milles parlent l'arabe al­gé­rien, l'arabe ma­ro­cain, etc. et non l'arabe clas­sique ! Quant à son ar­gu­men­taire sur l'arabe langue des af­faires qui fa­vo­ri­se­ra les bu­si­ness­men fran­co-magh­ré­bins, on at­teint le som­met du ri­di­cule. Quid du ma­gis­tère de l'an­glais dans ce monde-là ?

L'état ré­pu­bli­cain en deus ex ma­chi­na de l'is­lam de France ?

Quelle est la réa­li­té de cette com­mu­nau­té mu­sul­mane de France qu'el Ka­roui a tant de mal ou de ré­ti­cence à dé­crire ? Pour lui, nous sommes face à un « is­lam des col­lec­ti­vi­tés », c'est-à-dire des ter­ri­toires, des quar­tiers, des com­mu­nau­tés d'ori­gine, di­vi­sé et dif­fi­cile à or­ga­ni­ser. Sa so­lu­tion ? Oeu­vrer « à la struc­tu­ra­tion de l'is­lam en France à la fois par les mu­sul­mans de France et par la puis­sance pu­blique ». On y est ! L'état doit se mê­ler d'af­faires re­le­vant du culte en dé­pit de la neu­tra­li­té laïque de la Ré­pu­blique. El Ka­roui sou­haite que soient créées, sous l'im­pul­sion de la puis­sance pu­blique, des « ins­tances théo­lo­giques gé­rées par une nou­velle gé­né­ra­tion de mu­sul­mans hors de la tu­telle des États étran­gers », dont l'ob­jec­tif est de for­mer « des ins­tances ca­pables de pro­duire et de dif­fu­ser des idées et des va­leurs fran­çaises » dans une ligne théo­lo­gique propre à l'is­lam de France. On leur sou­haite bon cou­rage pour dé­fi­nir une telle ligne vu les dis­sen­sions théo­lo­giques et po­li­tiques en is­lam.

Pour ce qui concerne le fi­nan­ce­ment, El Ka­roui mise sur la re­de­vance ponc­tion­née sur la consom­ma­tion ha­lal qu'il sou­haite cen­tra­li­ser dans une « as­so­cia­tion mu­sul­mane pour un is­lam de France ». Elle se­rait ac­co­lée à la fon­da­tion pour l'is­lam de France qui s'oc­cu­pe­ra du vo­let cultu­rel. La gou­ver­nance de ces deux ins­ti­tu­tions est tout sim­ple­ment aux mains de l'état ré­pu­bli­cain ! Elle se­ra as­su­rée par des per­sonnes qui « de­vront être co­op­tées par l'état » car c'est lui qui au­ra « confé­ré à l'as­so­cia­tion le mo­no­pole de la dé­li­vrance de cartes de cer­ti­fi­ca­tion per­met­tant ain­si le mo­no­pole re­li­gieux [et que] l'état de­vra as­su­mer la né­ces­si­té de re­nou­ve­ler à la fois les gé­né­ra­tions et l'or­ga­ni­sa­tion ». Les représenta­nts du CFCM, se­lon lui dé­lé­gi­ti­més parce qu'aux ordres des pays d'ori­gine, y se­ront de fac­to mi­no­ri­taires, mais le sort de L'UOIF, qui a quit­té le CFCM, n'est pas pré­ci­sé. En de­man­dant ex­pli­ci­te­ment que la puis­sance pu­blique ac­com­pagne « l'émer­gence de cette nou­velle gé­né­ra­tion de mu­sul­mans fran­çais en la nom­mant au conseil d'ad­mi­nis­tra­tion et à la di­rec­tion gé­né­rale de la fon­da­tion », El Ka­roui dé­truit le prin­cipe de neu­tra­li­té laïque de l'état, mais aus­si la re­pré­sen­ta­ti­vi­té dé­mo­cra­tique des mu­sul­mans au sein de leurs propres or­ga­ni­sa­tions.

Le concor­dat comme rampe de lan­ce­ment de la fu­sée « is­lam de France ».

Comme Em­ma­nuel Ma­cron, El Ka­roui s'ac­com­mode de la dé­ro­ga­tion concor­da­taire. Il de­mande même que le concor­dat soit éten­du à l'is­lam afin de faire de l'al­sace-mo­selle la base ar­rière de la construc­tion de l'is­lam de France. Le ré­gime concor­da­taire fa­vo­ri­se­rait « un éco­sys­tème po­li­tique et ju­ri­dique qui per­met aux ins­tances re­pré­sen­ta­tives des mu­sul­mans de France à la puis­sance pu­blique de faire émer­ger un is­lam fran­çais5 ». Il de­mande – rien de moins ! – une chaire de théo­lo­gie mu­sul­mane à l'uni­ver­si­té de Stras­bourg et une école de formation des imams, fi­nan­cées par l'état pour un coût éva­lué à en­vi­ron six mil­lions d'eu­ros. El Ka­roui sou­haite op­ti­mi­ser le fi­nan­ce­ment de « la ges­tion de l'is­lam au quo­ti­dien », voi­là pour­quoi ce se­ra aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales de fa­vo­ri­ser l'émer­gence d'un is­lam lo­cal, no­tam­ment par « la ga­ran­tie de l'em­prunt pour la construc­tion de lieux de culte ». En cas de dé­faut de paie­ment de l'em­prun­teur, la mu­ni­ci­pa­li­té (le contri­buable) ga­rante de l'em­prunt n'au­ra donc d'autre choix

que de rem­bour­ser… El Ka­roui va jus­qu'à pro­po­ser « d'ins­crire dans le plan lo­cal d'ur­ba­nisme des es­paces ré­ser­vés à l'édi­fi­ca­tion de lieux de culte », ce qui si­gni­fie des ter­rains ré­ser­vés voire pré­emp­tés par la mu­ni­ci­pa­li­té pour y construire des lieux de culte même si au­cune de­mande n'est en­core for­mu­lée. Le clien­té­lisme a de belles heures de­vant lui !

Avec pru­dence, dans ce qu'il nomme un « scé­na­rio op­tion­nel », Ha­kim El Ka­roui pro­pose d'ac­tua­li­ser la loi de 1905 pour prendre en compte les nou­veaux cultes, et en par­ti­cu­lier l'in­té­gra­tion dans le do­maine pu­blic des lieux de culte construits après 1905. La na­tio­na­li­sa­tion ! Ce qui obli­ge­rait l'état à pro­cé­der à un au­dit des cultes en contra­dic­tion avec la neu­tra­li­té laïque. El Ka­roui fait croire aux dé­ci­deurs po­li­tiques que ce « droit de re­gard dans l'af­fec­ta­tion de l'édi­fice cultuel, sans in­fluer sur l'orien­ta­tion théo­lo­gique, lui per­met­trait d'avoir une meilleure connais­sance des dis­cours et des orientatio­ns prô­nées ». En clair, pour sur­veiller les mos­quées ra­di­cales, on met tous les autres cultes sous sur­veillance. Il pro­pose en­fin que l'état par­ti­cipe fi­nan­ciè­re­ment à l'en­tre­tien des lieux de culte, ce que re­jettent pour­tant 77 % des Fran­çais (Ifop, 2015).

Dans ces condi­tions, on peut craindre que le prag­ma­tisme re­ven­di­qué par le pré­sident serve d'ali­bi à la dé­cons­truc­tion du mo­dèle laïque fran­çais. En ef­fet, le pro­jet ex­po­sé par Ha­kim El Ka­roui oblige l'état à se mê­ler des cultes et à les fi­nan­cer par l'im­pôt gé­né­ral. De sur­croît, il ouvre la voie à une plus grande frac­tu­ra­tion de la com­mu­nau­té mu­sul­mane, entre une ma­jo­ri­té si­len­cieuse prise dans un conflit de loyau­té à l'égard d'un dogme théo­lo­gique ri­go­riste, et une mi­no­ri­té ty­ran­nique qui rêve d'un is­lam hé­gé­mo­nique. •

1 . Le Monde des re­li­gions, 4 mai 2017. 2 . http://french-ame­ri­can.org/ac­tions/young-lea­ders/ 3 . « Ap­pel des 41 » pa­ru dans le JDD du 31 juillet 2016, ras­sem­blant des per­son­na­li­tés se pré­sen­tant comme « mu­sul­manes » qui veulent re­fon­der l'is­lam de France et in­ti­tu­lé « Nous, Fran­çais et mu­sul­mans, sommes prêts à as­su­mer nos res­pon­sa­bi­li­tés ». Il avait été sui­vi d'une vive po­lé­mique puisque, en énu­mé­rant les vic­times des at­ten­tats is­la­mistes, les si­gna­taires avaient « bê­te­ment » ou­blié les vic­times de Me­rah et de l'hy­per ca­cher. 4 . Sans par­ler des 28 % de femmes mu­sul­manes fa­vo­rables sur le prin­cipe au port du voile in­té­gral (p. 30). 5 . On se rap­pelle qu'à l'été 2016, après le trau­ma­tisme des at­ten­tats du 14 juillet à Nice et de Saint-étienne-du-rou­vray, une ru­meur avait cir­cu­lé sur le pro­jet d'éta­blir un concor­dat avec l'is­lam por­té par le gou­ver­ne­ment de Ma­nuel Valls. Sus­ci­tant le tol­lé des as­so­cia­tions laïques, le pro­jet avait été ra­pi­de­ment dé­men­ti.

Em­ma­nuel Ma­cron dans la ba­si­lique Notre-dame d'afrique, lors de sa vi­site à Al­ger, 14 fé­vrier 2017.

Ha­kim El Ka­roui, au­teur du rap­port de l'ins­ti­tut Mon­taigne « Un is­lam fran­çais est pos­sible »..

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