Phi­lippe Ray­naud « Ma­cron a ral­lié une par­tie des votes po­pu­laires »

Si Em­ma­nuel Ma­cron a rem­por­té l'élec­tion pré­si­den­tielle, c'est en consta­tant la crise du sys­tème par­ti­san. Par sa ver­ti­ca­li­té, le chef de l'état re­donne un se­cond souffle à une Ve Ré­pu­blique qu'il de­vra ré­for­mer.

Causeur - - Sommaire N° 48 – Été 2017 - Pro­pos re­cueillis par Gil Mi­hae­ly

Cau­seur. Dans votre der­nier es­sai L'es­prit de la Ve Ré­pu­blique (Per­rin, 2017), vous es­ti­mez que la Ve Ré­pu­blique ne fait plus consen­sus. À vous lire, elle peine au­jourd'hui à réa­li­ser « le pro­gramme fon­da­men­tal de la dé­mo­cra­tie li­bé­rale » que vous dé­fi­nis­sez comme « la com­bi­nai­son de la li­ber­té des ci­toyens et de la force du gou­ver­ne­ment ». Pire en­core, il y a en­core quelques se­maines, on avait l'im­pres­sion que la Ve Ré­pu­blique était à l'ago­nie, ache­vée par le trio Chi­rac-sar­ko­zy-hol­lande. Pour­tant, avec Em­ma­nuel Ma­cron à sa tête, cette vieille ré­pu­blique semble vivre une se­conde jeu­nesse… Phi­lippe Ray­naud.

Je n'ai pour ma part ja­mais consi­dé­ré que nous étions au bord d'une crise de ré­gime ! En re­vanche, nous as­sis­tons bien à une crise du sys­tème par­ti­san tel qu'il s'était sta­bi­li­sé du­rant le se­cond man­dat de Mit­ter­rand. Jus­qu'en 1981, le sys­tème par­ti­san s'est or­ga­ni­sé à l'ar­ti­cu­la­tion de deux lois élec­to­rales : la ré­forme consti­tu­tion­nelle de 1962 qui a abou­ti à l'élec­tion du pré­sident de la Ré­pu­blique au suf­frage uni­ver­sel d'une part, et d'autre part le main­tien, pour toute élec­tion dé­ci­sive, du sys­tème ma­jo­ri­taire à deux tours, adop­té pour rompre avec la IVE Ré­pu­blique. Ce sys­tème, qui au dé­part li­mi­tait le poids des par­tis tra­di­tion­nels et as­su­rait l'hé­gé­mo­nie du grand par­ti gaul­liste, s'était fi­na­le­ment sta­bi­li­sé dans ce que Mau­rice Du­ver­ger ap­pe­lait « le qua­drille bi­po­laire » for­mé de deux blocs bi­par­ti­sans : le PC et le PS d'un cô­té, L'UDF et le RPR de l'autre. Cet équi­libre re­po­sait sur une vie po­li­tique ap­pa­rem­ment très conflic­tuelle, parce que entre les deux blocs il y avait une op­po­si­tion idéo­lo­gique forte : d'un cô­té ceux qui se re­pré­sen­taient comme les seuls vrais na­tio­naux, et de l'autre une al­liance qui pré­ten­dait rompre avec le ca­pi­ta­lisme. Le « qua­drille bi­po­laire » a ain­si ser­vi de mé­ca­nisme in­té­gra­teur : à l'époque, les par­tis ex­trêmes étaient mar­gi­na­li­sés et l'im­mense ma­jo­ri­té de la po­pu­la­tion se re­con­nais­sait dans ce choix simple et fon­da­men­tal. Et ce­la fonc­tion­nait bien car aux élec­tions de 1978 où la gauche avait failli ga­gner, on avait une par­ti­ci­pa­tion de 85 %.

Pour­quoi ce sys­tème a-t-il ces­sé de fonc­tion­ner ?

Le sys­tème s'est dis­sous du fait de l'ar­ri­vée de la gauche au pou­voir et de l'aban­don de son pro­gramme. Un aban­don réa­li­sé d'ailleurs as­sez ra­pi­de­ment et qui dé­bouche sur le fa­meux tour­nant de 1983, dont les consé­quences po­li­tiques ne sont ti­rées qu'un an plus tard, avec le gou­ver­ne­ment Fa­bius. Dès lors, on voit poindre un sys­tème nou­veau qui est lié à ce que les au­teurs de La Ré­pu­blique du centre, Fran­çois Fu­ret, Pierre Ro­san­val­lon et Jacques Jul­liard, ont ap­pe­lé « la fin de l’ex­cep­tion fran­çaise », c'est-à-dire la fin d'une vie po­li­tique struc­tu­rée par le sou­ve­nir de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise et l'op­po­si­tion entre une droite do­mi­née par les gaul­listes et une gauche dans la­quelle le par­ti com­mu­niste res­tait puis­sant.

À par­tir de 1983, en lieu et place du cli­vage « na­tio­naux contre an­ti­ca­pi­ta­listes », nous avons donc un nou­veau sys­tème bi­po­laire do­mi­né par le RPR et le PS, et struc­tu­ré, non pas par un an­ta­go­nisme mais au­tour d'une adhé­sion com­mune à l'in­té­gra­tion eu­ro­péenne et à l'éco­no­mie de mar­ché ?

Exac­te­ment. C'est un sys­tème beau­coup moins conflic­tuel : le par­ti com­mu­niste est af­fai­bli, le gaul­lisme s'est af­fa­di et on a un consen­sus entre les forces po­li­tiques prin­ci­pales sur la com­bi­nai­son entre l'éco­no­mie de →

mar­ché, le main­tien d'un État pro­vi­dence gé­né­reux, le tout sur fond d'adhé­sion à la construc­tion eu­ro­péenne, afin de don­ner un sens et une pers­pec­tive his­to­rique à l'ac­tion po­li­tique.

Un sup­plé­ment d'âme au­quel il faut ajou­ter l'an­ti­ra­cisme...

À ce nou­veau consen­sus ré­pu­bli­cain, qui com­bine une idéo­lo­gie of­fi­cielle as­sez à gauche et une po­li­tique so­ciale mo­dé­rée, s'agrège en ef­fet l'an­ti­ra­cisme qui, comme l'avait bien sai­si Alain-gé­rard Sla­ma, joue un rôle sem­blable à ce­lui de l'an­ti­clé­ri­ca­lisme com­biste dans les an­nées 1900. Tout ce­la a te­nu tant que le Front na­tio­nal res­tait à moins de 20 %, trop faible pour per­tur­ber le sys­tème d'al­liances. La crise de­vient évi­dente après les élec­tions ré­gio­nales de 2015, où l'im­por­tance du vote fron­tiste a em­pê­ché de consti­tuer des ma­jo­ri­tés de gauche et de droite « nor­males ». On est alors en­tré dans un chan­ge­ment dé­ci­sif parce que la vie po­li­tique a ces­sé de s'or­ga­ni­ser en fonc­tion de l'al­ter­nance qua­si cer­taine entre la droite et la gauche.

Le FN a-t-il fait va­ciller le sys­tème par­ti­san à lui tout seul ?

Non. La crise a vé­ri­ta­ble­ment dé­mar­ré avec la pri­maire de la droite. Je ne suis pas de l'avis de ceux qui pensent que, sans les af­faires, Fillon au­rait pu être élu. La pri­maire a cas­sé la lo­gique de prime à la mo­dé­ra­tion qui pré­va­lait en­core en 2012. À l'élec­tion de 2012, tout le monde sa­vait qu'il y au­rait une op­po­si­tion entre la droite et la gauche, et les so­cia­listes ont choi­si de sou­te­nir le can­di­dat le plus mo­dé­ré : Fran­çois Hol­lande. En 2016, le sys­tème s'est grip­pé lorsque la droite, sûre de sa vic­toire, a éli­mi­né son can­di­dat mo­dé­ré – Jup­pé – au bé­né­fice de quel­qu'un de moins consen­suel – Fillon. La pri­maire de la gauche a ajou­té une couche en pré­fé­rant Ha­mon à Valls : la ma­jeure par­tie des élec­teurs de gauche qui se sont dé­pla­cés ne vou­laient pas as­su­rer la vic­toire du par­ti so­cia­liste, mais as­su­rer la vic­toire, à l'in­té­rieur de la gauche, de l'aile gauche, quitte à choi­sir un can­di­dat qui n'avait au­cune chance d'être élu !

Pour­tant, avant les af­faires, Fillon ap­pa­rais­sait comme le grand fa­vo­ri de la pré­si­den­tielle…

In­dé­pen­dam­ment de ses en­nuis ju­di­ciaires, sa cam­pagne était trop uni­la­té­ra­le­ment de droite pour être vrai­ment ras­sem­bleuse et il lui man­quait une di­men­sion po­pu­laire. Sa vic­toire à la pri­maire de la droite s'est faite à la fois contre l'orien­ta­tion mo­dé­rée ou cen­triste de Jup­pé et contre Sar­ko­zy, qui pen­sait qu'il fal­lait s'adres­ser aux élec­teurs po­pu­laires pour faire pas­ser des thèmes « de droite ». Le mes­sage de Fillon re­ve­nait à dire : « Les Fran­çais vont faire beau­coup d’ef­forts, mais ça ira mieux pour nous ! » Quand vous an­non­cez des baisses mas­sives du nombre de fonc­tion­naires et des baisses d'im­pôts, les mi­lieux po­pu­laires com­prennent qu'ils vont perdre d'un cô­té sans rien ga­gner de l'autre…

Si Fillon était con­dam­né à perdre parce qu'il ne par­lait pas au peuple, où est le peuple chez Ma­cron ?

Ma­cron os­cille entre le mo­dèle va­gue­ment mo­nar­chiste gaul­lien qui im­prègne les pro­fon­deurs de son cer­veau et la so­cio­lo­gie sur la­quelle il a construit son par­ti, celle d'un cer­tain type de classe moyenne mo­derne, qui cor­res­pond d'ailleurs au noyau dur du consen­sus de 1983, et à ce qu'on ap­pelle au­jourd'hui les « vain­queurs de la mon­dia­li­sa­tion ». Pen­dant tout le dé­but de la cam­pagne, entre ces deux pôles, il a net­te­ment pri­vi­lé­gié les res­sorts psy­cho­lo­giques de la mo­der­ni­sa­tion contre ceux de l'at­ta­che­ment conser­va­teur. Par exemple, en se pro­cla­mant contre la France des sta­tuts et pour la France de l'in­no­va­tion, il a heur­té une par­tie des classes po­pu­laires qui est très at­ta­chée au cô­té pro­tec­teur du CDI, du droit du tra­vail. Ou en­core, mais on l'a ou­blié – et sous-es­ti­mé –, en pro­cla­mant que son en­ne­mi, c'était la rente, ou ce qu'il dé­fi­nit comme telle : les re­ve­nus des pro­fes­sions ré­gle­men­tées et de la pro­prié­té im­mo­bi­lière. Il se pré­sen­tait alors comme l'ami de ceux qui gagnent de l'ar­gent contre ceux qui en ont ! Ce­la a sus­ci­té des hos­ti­li­tés très vives dans une par­tie de la bour­geoi­sie fran­çaise qui s'est alors re­con­nue plei­ne­ment dans Fillon. Ce­la conson­nait d'ailleurs avec la po­si­tion des ca­tho­liques-conser­va­teurs : Ma­cron re­pré­sen­tait le par­ti du mou­ve­ment contre le par­ti de la tra­di­tion, ce qui le condam­ne­rait à re­cher­cher le vote « bo­bo », avec comme co­rol­laire ex­pli­cite la né­ces­si­té de ré­cu­pé­rer une par­tie de l'élec­to­rat des ban­lieues. C'était d'ailleurs là-des­sus que Ma­rine Le Pen fai­sait re­po­ser toute sa stra­té­gie. Mais à l'exa­men des votes, ce n'est pas si simple.

Pour­tant, le pré­sident n'a pas vrai­ment sé­duit les classes po­pu­laires…

En réa­li­té, au cours de la cam­pagne il a trou­vé un mes­sage sub­li­mi­nal dans le­quel la di­men­sion mo­nar­chique était cen­trale. On a sous-es­ti­mé le suc­cès de ce mes­sage, qui lui a per­mis de ral­lier une par­tie des votes po­pu­laires. En fin de compte, il a ré­cu­pé­ré une par­tie du peuple tra­di­tion­nel et il a neu­tra­li­sé le reste, qui s'est moins mo­bi­li­sé que pré­vu pour les par­tis ex­trêmes. La Haute-vienne, par exemple, un dé­par­te­ment re­la­ti­ve­ment dés­in­dus­tria­li­sé, avec beau­coup de fonc­tion­naires, d'agri­cul­teurs, qui a tou­jours été so­cia­liste avec un bon fond com­mu­niste, a élu trois dé­pu­tés ma­cro­nistes sur quatre ! C'est très si­gni­fi­ca­tif car aux élec­tions lo­cales, la droite y avait fait un ta­bac. Une chose m'avait frap­pé lors d'un mee­ting re­trans­mis de Châ­tel­le­rault, dans une ré­gion ru­rale, pe­ti­te­bour­geoise, avec une in­dus­trie en dé­clin et une agri­cul­ture me­na­cée, c'est que Ma­cron était re­mar­qua­ble­ment à l'aise avec les gens du coin !

Pour au­tant, les Fran­çais vont-ils ac­cep­ter l'as­sou­plis­se­ment du mar­ché du tra­vail ?

C'est le grand en­jeu. Ma­cron doit les convaincre que la pro­tec­tion dont ils bé­né­fi­cient de­vient contre-

pro­duc­tive. Je pense à la fa­meuse note de la Fon­da­tion Saint-si­mon de De­nis Oli­vennes sur la pré­fé­rence fran­çaise pour le chô­mage, qui date de 1984. Celle-ci avait sans doute des rai­sons cultu­relles, que montrent très bien les ana­lyses de Phi­lippe d'iri­barne. Le rap­port des Fran­çais au tra­vail et au contrat n'est pas le même que ce­lui des An­glais ou des Al­le­mands. Il y a dans l'ima­gi­naire fran­çais l'idée qu'il est nor­mal d'avoir un vrai mé­tier re­la­ti­ve­ment stable, qu'on exerce avec conscience pro­fes­sion­nelle mais avec une cer­taine di­gni­té. On dit que c'est cor­po­ra­tiste, mais mé­lan­gé à de l'uni­ver­sa­lisme, ce qui est très fran­çais. C'est pour ce­la que la fi­gure du fonc­tion­naire n'est pas si im­po­pu­laire. On doit aus­si com­prendre que, comme le di­sait Ray­mond Bou­don, les gens peuvent avoir de bonnes rai­sons d'avoir tort. La ma­jo­ri­té des Fran­çais pensent que tôt ou tard on fi­nit par être « in­si­der », et que l'es­sen­tiel, c'est d'at­tendre d'être in­si­der dans des condi­tions conve­nables, après quoi, on est pro­té­gé jus­qu'à la re­traite. Ce­la ex­plique un phé­no­mène in­com­pré­hen­sible au­tre­ment : de Bal­la­dur à El Khom­ri en pas­sant par le CPE de Ville­pin, de­puis vingt-cinq ans, tous les mou­ve­ments de jeunes sont di­ri­gés contre les me­sures qui es­saient d'ou­vrir le mar­ché du tra­vail aux jeunes !

Est-ce en train de chan­ger ?

Cette idée est en fait bat­tue en brèche de­puis très long­temps. Le re­jet de l'im­mi­gra­tion est en par­tie lié à ce­la : on sent très bien qu'une des rai­sons pour les­quelles on a lais­sé ve­nir une cer­taine im­mi­gra­tion éco­no­mique, c'est pour ap­por­ter de la sou­plesse à un mar­ché du tra­vail trop ri­gide. On est au bout de l'an­cienne lo­gique qui a blo­qué la loi Ville­pin (CPE) parce que les gens voient que ça marche de moins en moins bien. Le pa­ri ex­pli­cite de Ma­cron est qu'avec un pe­tit ef­fort on peut sor­tir de ce sché­ma.

Sur un autre plan, Ma­cron sur­prend son monde en ré­in­tro­dui­sant de la so­len­ni­té dans la fonc­tion pré­si­den­tielle. Son sens de la ver­ti­ca­li­té vous sur­prend-il ?

Mal­gré son cô­té post­mo­derne de start-uper, Ma­cron a très vite com­pris qu'il y avait un res­sort puis­sant dans le ré­gime : il vou­lait tout chan­ger, sauf le pré­si­den­tia­lisme. Il avait d'ailleurs don­né une in­ter­view très frap­pante sur la mo­nar­chie à l'heb­do­ma­daire Le 1. Qu'un can­di­dat ve­nu de la gauche dise que le prin­ci­pal pro­blème de la France date du 21 jan­vier 1793, c'était as­sez in­ha­bi­tuel ! Il re­pro­chait à la gauche de pri­vi­lé­gier la pa­role aux dé­pens de la dé­ci­sion ver­ti­cale. Ma­cron avait le sys­tème pré­si­den­tia­liste dans son ADN et il a été le seul à jouer cette carte ! Ce­la fait pen­ser à la for­mule de Na­po­léon dans Le Mé­mo­rial de Sain­te­hé­lène : « Je n’ai pas usur­pé la cou­ronne, je l’ai re­le­vée dans le ruis­seau. » Em­ma­nuel Ma­cron a sans doute un gé­nie bo­na­par­tiste, qui lui per­met de com­bi­ner la tech­no­cra­tie et le mar­ché, donc de ré­ac­ti­ver une so­li­da­ri­té un peu ou­bliée mais très forte entre l'es­prit de la Ve Ré­pu­blique et la cul­ture de la deuxième gauche. Mais c'est un équi­libre fra­gile.

Tout ta­len­tueux et pré­si­den­tia­liste qu'il est, Ma­cron peut-il faire l'éco­no­mie d'une ré­forme des ins­ti­tu­tions de la Ve Ré­pu­blique ?

La ré­forme de notre ré­gime po­li­tique est in­dis­pen­sable. La France a l'exé­cu­tif le plus fort d'oc­ci­dent qui a pour­tant don­né des ré­sul­tats mé­diocres. Le fond de l'af­faire, c'est que le sys­tème ac­tuel ne pro­duit pas as­sez de lé­gi­ti­mi­té car il n'est pas as­sez re­pré­sen­ta­tif. Sur ce point, la Ve Ré­pu­blique pour­rait, sans se dé­na­tu­rer, re­prendre cer­tains pro­cé­dés de la IVE. Je prône un sys­tème com­bi­nant une part re­la­ti­ve­ment im­por­tante de pro­por­tion­nelle avec un pré­sident élu au suf­frage uni­ver­sel qui conser­ve­rait le droit de dis­so­lu­tion et res­te­rait en me­sure, pour par­ler comme Léo Ha­mon, de « sculp­ter la ma­jo­ri­té ». Re­gar­dons les autres na­tions d'eu­rope : il faut ar­rê­ter de nous dire que les pays qui pra­tiquent la pro­por­tion­nelle sont in­gou­ver­nables ! N'exa­gé­rons pas, par ailleurs, les bien­faits des ma­jo­ri­tés mas­sives. Après tout, le gou­ver­ne­ment Ro­card a réa­li­sé des ré­formes très im­por­tantes sans dis­po­ser de ma­jo­ri­té ab­so­lue. Il agis­sait à coups de trac­ta­tions, un coup avec les cen­tristes, un coup avec les com­mu­nistes, avec un large usage du 49-3. •

Phi­lippe Ray­naud, L’es­prit de la Ve Ré­pu­blique l’his­toire, le ré­gime, le sys­tème, édi­tions Per­rin, 2017.

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