PLENEL, LA PAILLE IS­RAÉ­LIENNE ET LA POUTRE IRA­NIENNE

Causeur - - Pas D'amalgame - Par Jean-paul Li­lien­feld

Est-il bien rai­son­nable de lais­ser un ci­néaste dé­rai­son­nable com­men­ter chaque mois l'ac­tua­li­té en toute li­ber­té ? As­su­ré­ment non. Cau­seur a donc dé­ci­dé de le faire.

[LA GUERRE QUI VIENT] Course à l'abîme avec ce feu vert à l'aven­tu­risme militaire de Ne­ta­nya­hou. Trump offre au PM d'is­raël le ca­deau qu'il at­ten­dait de­puis dix ans : l'en­dos­se­ment pu­blic par Wa­shing­ton de sa dé­tes­ta­tion de l'iran. » Edwy Plenel, 10 mai 2018 On pour­rait naï­ve­ment s’éton­ner de ce qu’au mo­ment où l’iran en­voyait des mis­siles sur Is­raël de­puis des bases mi­li­taires en Sy­rie, Edwy Plenel, la per­ruque la plus hu­ma­niste du PAF (mais en porte-t-il une d’ailleurs ? Cette ques­tion es­sen­tielle me ta­raude de­puis long­temps), dé­nonce « l'aven­tu­risme militaire de Ne­ta­nya­hou ». On pour­rait naï­ve­ment s’éton­ner de ce qu’en dé­pit de l’aveu même de Sa­lah al-bar­da­wil, haut cadre du Ha­mas, sur une chaîne de TV Pa­les­ti­nienne le 16 mai – « Cin­quante des mar­tyrs étaient du Ha­mas, et 12 fai­saient par­tie du reste de la po­pu­la­tion… et pour les mar­tyrs d'avant au moins 50 % étaient de chez nous » –, Edwy puisse twit­ter le 17 : « Le mas­sacre des ma­ni­fes­tants désar­més à Gaza sym­bo­lise l'af­fai­blis­se­ment d'is­raël face à une nou­velle gé­né­ra­tion de Pa­les­ti­niens qui met en avant la non-vio­lence… » On pour­rait… Mais ce se­rait ou­blier un cer­tain nombre de faits graves et concor­dants qui ont meur­tri l’âme de ce for­çat de l’équi­té. Il est bien connu qu’is­raël or­ga­nise des concours de ca­ri­ca­tures an­ti­mu­sul­manes pa­tron­nées par son mi­nis­tère de la Cul­ture. Et le ra­cisme hé­risse la per­ruque as­soif­fée de vé­ri­té. (Mais en a-t-il une ou pas ?!!!) Il est bien connu qu’en Is­raël des femmes luttent vaillam­ment contre le port obli­ga­toire du fou­lard, se fai­sant par­fois ta­bas­ser pour ce­la. Que les jour­na­listes is­raé­liens qui dé­noncent à vi­sage dé­cou­vert la cor­rup­tion et les dis­cri­mi­na­tions sont em­pri­son­nés, voire as­sas­si­nés. Alors qu’en Iran, mo­dèle de dé­mo­cra­tie, l’an­cien aya­tol­lah Ehoud Ol­mert a été condam­né

pour cor­rup­tion. Et par un juge juif de sur­croît ! D’ailleurs, n’est-ce pas en Iran que l’ac­tuel Guide su­prême voit une pro­cé­dure pour cor­rup­tion lui pendre au nez ? En­fin, Is­raël n’a-t-il pas scan­da­leu­se­ment cla­mé à plu­sieurs re­prises qu’il vou­lait « rayer l'iran de la carte » ? Com­ment ne pas sou­te­nir, dès lors, l’iran qui tente de se pro­té­ger, y com­pris pré­ven­ti­ve­ment, en s’ins­tal­lant en Sy­rie, en ar­mant le Ha­mas et le Hez­bol­lah ? Et, sur­tout, com­ment ou­blier qu’is­raël pend des gens en place pu­blique ? Mais oui ! Au­cune as­so­cia­tion hu­ma­niste ne s’en in­digne dans les rues fran­çaises, elles sont trop oc­cu­pées à dé­fi­ler contre l’an­nexion par le Ma­roc du Sa­ha­ra oc­ci­den­tal, ter­ri­toire grand comme la moi­tié de la France, à la fron­tière du­quel le co­lon ma­ro­cain a construit un mur de 2 720 km. Mur au­tour du­quel une « zone tam­pon » a été éta­blie grâce à la pré­sence de mines an­ti­per­son­nel, dont le nombre es­ti­mé va­rie de 200 000 à plu­sieurs mil­lions. L’ONU a comp­ta­bi­li­sé 35 types de mines an­ti­per­son­nel et 21 types de mines an­ti­chars. C’est bien cette va­rié­té, comme ça on est sûr de ne pas s’en­nuyer, de ne pas se las­ser… Et puis ça évite aux Sah­raouis de son­ger à une « pa­ci­fique marche du re­tour » ou de s’ap­pro­cher de la clô­ture pour faire des trous de­dans, his­toire de pou­voir s’in­fil­trer en ter­ri­toire ma­ro­cain. Ça évite aus­si les tun­nels qui pré­sen­te­raient le risque, à la fa­veur de leur per­ce­ment, de faire bou­ger, donc ex­plo­ser, une de ces fa­meuses mines. Ne pas en­nuyer l’en­ne­mi et lui évi­ter d’être « épar­pillé par pe­tits bouts fa­çon puzzle »... On ne peut que sa­luer le sou­ci humanitaire du com­man­deur des croyants. Re­mer­cions Edwy, qui a dé­jà tant à faire avec ce mur de la honte, de prendre le temps de nous aler­ter sur ces pen­dai­sons is­raé­liennes. Croyez-vous qu’il ignore qu’has­san Af­shar avait 17 ans lors­qu’il a été ac­cu­sé d’avoir eu des re­la­tions sexuelles avec un autre jeune gar­çon ? Et qu’il a été pen­du pour ce­la en juillet 2016 ? Ah ben oui, les Is­raé­liens, ils sont pas très dé­ten­dus cô­té sexe… C’est pas chez eux qu’il y au­rait une Gay Pride, comme celle de Téhéran. Soyons juste, le père du par­te­naire d’has­san avait por­té plainte pour le viol de son fils, alors qu’has­san sou­te­nait qu’il était non seule­ment consen­tant, mais qu’ils avaient joyeu­se­ment fait ce genre de ga­li­pettes un pa­quet de fois avant de se faire prendre. Et qu’en plus, son par­te­naire avait même dé­jà eu d’autres re­la­tions sexuelles gay avant lui. Faut dire que si son grand ado de fis­ton avait éga­le­ment dé­cla­ré : « Ah non, c’est pas un viol, je suis pé­dé moi aus­si, j’étais amou­reux d’has­san et en plus, j’adore me faire en­cu­ler », il au­rait éga­le­ment ris­qué la peine ca­pi­tale. Car en Is­raël, « le par­te­naire “pas­sif” de re­la­tions anales entre hommes se­ra en ef­fet condam­né à la peine de mort s'il est consen­tant ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Am­nes­ty In­ter­na­tio­nal, re­pris par L'obs. « Quant au par­te­naire “ac­tif”, il se­ra condam­né à mort uni­que­ment s'il est ma­rié, ou s'il n'est pas mu­sul­man et que le par­te­naire pas­sif l'est. Si l'acte sexuel est consi­dé­ré comme non consen­ti, le par­te­naire “ac­tif” est condam­né à mort, alors que le par­te­naire “pas­sif” est exempt de sanc­tions et trai­té comme une vic­time. » Ce qui fait que quand tu te fais gau­ler, t’as vrai­ment in­té­rêt à dire que tu te fai­sais so­do­mi­ser à l’in­su de ton plein gré. C’est bien parce que Mon­sieur Edwy est le dé­fen­seur pa­ten­té de toutes les li­ber­tés, l’ad­ver­saire au­to­pro­cla­mé de toutes les op­pres­sions, qu’il ne peut faire au­tre­ment que de sou­te­nir l’iran et de de­man­der à cor et à cri aux res­pon­sables des pays dé­mo­cra­tiques qu’ils exigent que la ré­pu­blique ju­daïque d’is­raël abo­lisse à ja­mais la peine de mort, ac­corde la li­ber­té ves­ti­men­taire, de culte et d’ex­pres­sion, ain­si que l’éga­li­té entre les hommes et les femmes dans tous les do­maines. Com­ment dès lors ne pas com­prendre et même sou­te­nir les tweets de Plenel ? Rap­pe­lons que cet homme de convic­tion est l’un des rares, après le mas­sacre des ath­lètes is­raé­liens aux Jeux olym­piques de Mu­nich en 1972, à avoir eu le cou­rage d’écrire : « L'ac­tion de Sep­tembre Noir a fait écla­ter la mas­ca­rade olym­pique, a bou­le­ver­sé les ar­ran­ge­ments à l'amiable que les ré­ac­tion­naires arabes s'ap­prê­taient à conclure avec Is­raël. […] Au­cun ré­vo­lu­tion­naire ne peut se dé­so­li­da­ri­ser de Sep­tembre Noir. Nous de­vons dé­fendre in­con­di­tion­nel­le­ment face à la ré­pres­sion les mi­li­tants de cette or­ga­ni­sa­tion » – pro­pos qu’il a re­gret­té plu­tôt mol­le­ment en af­fir­mant, près d’un de­mi-siècle après, qu’il les « ré­cu­sait »… Je ne suis pas sûr qu’edwy porte une per­ruque, mais je suis cer­tain qu’il a un sa­cré tou­pet ! •

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