Les­lie Shaw, pro­fes­seur as­so­cié à L'ESCP Eu­rope, pré­sident du Fo­rum sur le ra­di­ca­lisme is­la­mique et le ma­na­ge­ment (FIRM) « Une of­fen­sive concer­tée aux États-unis »

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Cau­seur. Vous avez or­ga­ni­sé au Congrès, à Wa­shing­ton, le 26 avril, un col­loque sur le thème de la ra­di­ca­li­sa­tion is­la­mique sur les lieux de tra­vail. Pour­quoi ?

Les­lie Shaw. Les en­tre­prises amé­ri­caines sont confron­tées de­puis plu­sieurs an­nées à une of­fen­sive concer­tée, vi­sant à culpa­bi­li­ser les em­ployeurs sur le thème de l’is­la­mo­pho­bie. Cette of­fen­sive est sou­te­nue par le Conseil des re­la­tions amé­ri­ca­no-is­la­miques (Coun­cil on Ame­ri­can-is­la­mic Re­la­tions, CAIR), qui se pré­sente comme une as­so­cia­tion an­ti­dis­cri­mi­na­tion. Elle uti­lise le titre vii de la loi sur les droits ci­viques de 1964. Écrit à l’ori­gine pour lut­ter contre la dis­cri­mi­na­tion des Noirs, il sert au­jourd’hui, se­lon nous, d’instrument de chan­tage pour im­po­ser des normes is­la­miques dans le monde du tra­vail.

Quelle est l'am­pleur du phé­no­mène ?

Se­lon nos re­le­vés, les pro­cé­dures sur la base du titre vii ont coû­té quatre mil­liards de dol­lars aux em­ployeurs amé­ri­cains entre 1992 et 2017. Le CAIR a créé une ap­pli­ca­tion pour mo­bile qui per­met aux « dis­cri­mi­nés » de se faire connaître... Nous avons re­cen­sé 62 902 pro­cé­dures l’an der­nier de­vant l’equal Em­ploy­ment Op­por­tu­ni­ty Com­mi­tee (EEOC). Cet or­ga­nisme a consi­dé­ré que les plaintes avaient une « cause rai­son­nable » dans 3 % seule­ment des cas !

Com­ment ré­agissent les en­tre­prises amé­ri­caines ?

Beau­coup cèdent pour abré­ger les pro­cé­dures, alors qu’elles sont dans leur bon droit, car le CAIR n’hé­site pas à al­ler en jus­tice quand il est dé­bou­té par L’EEOC. Pre­mière ins­tance, ap­pel, cas­sa­tion… C’est rui­neux. Nike ou Wal­mart ont ca­pi­tu­lé. EPPS Avia­tion [une so­cié­té de Geor­gie, NDLR] a te­nu bon, re­fu­sant qu’une de ses sa­la­riés, mu­sul­mane, porte le voile. Se­lon nous, il faut ab­so­lu­ment ré­sis­ter, si­non les en­tre­prises de­vien­dront in­gé­rables.

Com­ment ré­agissent les syn­di­cats amé­ri­cains ?

Ils sont em­bar­ras­sés. Ce sont des sa­la­riés qui re­ven­diquent contre l’em­ployeur. Dif­fi­cile de prendre po­si­tion contre eux ! •

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