Des Amé­ri­cains au Yé­men

Causeur - - Brèves - Par Ha­drien De­suin

Do­nald Trump et sa di­plo­ma­tie du tour­billon n’en fi­nissent plus de sur­prendre. Som­met sur­prise avec Kim Jong-un, ten­sions avec Pou­tine, me­naces crois­santes contre Téhéran : le pré­sident amé­ri­cain ap­plique aux af­faires du monde la bru­ta­li­té de la té­lé-réa­li­té. Si le ré­cent trans­fert de l’am­bas­sade amé­ri­caine à Jé­ru­sa­lem a beau­coup fait par­ler, un évé­ne­ment non moins cru­cial est lar­ge­ment pas­sé sous les radars.

Aux États-unis, le conseil des édi­to­ria­listes du New York Times a pu­blié le 3 mai un texte dé­non­çant la guerre se­crète que les Amé­ri­cains mènent au Yé­men. Se­lon les révélations du New York Times, les Green Be­rets de L’US Ar­my s’ac­tivent contre les re­belles proi­ra­niens hou­this pour dé­fendre l’ara­bie saou­dite contre leurs tirs de mis­sile. Or, le Congrès n’a pas été consul­té sur l’en­ga­ge­ment des boys, ce qui est contraire à la Consti­tu­tion fé­dé­rale.

Ini­tia­le­ment, les forces spé­ciales amé­ri­caines de­vaient com­battre Daech et Al-qaï­da dans la pé­nin­sule ara­bique, fi­liale de la mul­ti­na­tio­nale Ben La­den qui for­ma ja­dis les frères Koua­chi au ma­nie­ment des armes. Mais, al­liance avec les Saoud oblige, les troupes amé­ri­caines ciblent dé­sor­mais en prio­ri­té les tri­bus hou­thies qui ri­postent à coups de mis­siles aux bom­bar­de­ments de l’avia­tion saou­dienne.

À Riyad, faute de mé­dias et de par­le­ment in­dé­pen­dants, on est très dis­cret sur le bi­lan de ce conflit qui a com­men­cé en 2015. Sur le ter­rain, la ca­pi­tale Sa­naa échappe tou­jours au contrôle d’aden, siège du gou­ver­ne­ment al­lié aux Saou­diens. Et une sé­ces­sion gran­dit à l’est du pays. Pis, sur un plan humanitaire, les Na­tions unies es­timent à sept mil­lions le nombre de Yé­mé­nites souf­frant de la fa­mine et à un mil­lion les ma­lades du cho­lé­ra.

Il y a quelques se­maines, les jour­na­listes qui ont in­ter­pel­lé à ce su­jet le prince hé­ri­tier et mi­nistre de la Dé­fense Mo­ham­med ben Sal­mane lors de sa ve­nue à Wa­shing­ton ont es­suyé une fin de non-re­ce­voir cin­glante. « Nous ne vou­lons pas pas­ser notre temps à ar­gu­men­ter à pro­pos du Yé­men. Nous n'avons pas le choix, c'est une ques­tion de sé­cu­ri­té vi­tale pour nous. » D’autres ques­tions ? •

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