Apol­li­naire, Fran­çais par l'encre ver­sée

Causeur - - Sommaire N° 62 – Novembre 2018 - Jé­rôme Le­roy

Fils na­tu­rel d'une mère po­lo­naise et d'un père in­con­nu, Gu­glie­mo Al­ber­to Wla­di­mi­ro Ales­san­dro Ap­po­li­nare de Kos­tro­wits­ky est de­ve­nu fran­çais par les lettres. Re­bap­ti­sé Guillaume Apol­li­naire, ce poète ly­rique et guer­rier est mort des suites de ses bles­sures deux jours avant l'ar­mis­tice de 1918. Cent ans après, ses rimes im­prègnent tou­jours la culture po­pu­laire aux cô­tés de Rim­baud, Ara­gon et Pré­vert.

Il se­rait heu­reux qu'on voie Apol­li­naire im­pri­mé sur les tee­shirts à la ma­nière de Che Gue­va­ra.

Dans Pa­ris-tom­bouc­tou, Paul Mo­rand ra­conte qu’en 1928, alors qu’il pro­cé­dait à ses ablu­tions ma­ti­nales, en pleine sa­vane afri­caine, il se ra­sait en ré­ci­tant « La Chan­son du ma­lai­mé » de Guillaume Apol­li­naire :

Un soir de de­mi-brume à Londres Un voyou qui res­sem­blait à Mon amour vint à ma ren­contre Et le re­gard qu’il me je­ta Me fit bais­ser les yeux de honte

Mo­rand s’avi­sa alors qu’apol­li­naire était mort de­puis dix ans et qu’il était un des rares poètes dont on pou­vait en­core ap­prendre les vers par coeur. Il ne sa­vait pas en­core, d’ailleurs, que ce poème, comme tant d’autres, se­rait re­pris par Léo Fer­ré ou Mou­loud­ji et se­rait un suc­cès po­pu­laire…

Je ne suis pas Mo­rand, mais pour ma part, quatre-vingt­dix ans plus tard, quand il m’ar­rive de me rendre à la Mai­son de la ra­dio, ou même au ha­sard d’une ran­don­née où il faut tra­ver­ser un pont, spon­ta­né­ment, c’est la pre­mière strophe du « Pont Mi­ra­beau » qui me re­vient, poème qui lui aus­si a sou­vent été in­ter­pré­té par des chan­teurs, y com­pris des chan­teurs à mi­nettes, comme Marc La­voine :

Sous le pont Mi­ra­beau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en sou­vienne La joie ve­nait tou­jours après la peine

Ap­prendre un poème par coeur, à force de le re­lire et parce que tout un jeu de rimes, de rythmes, d’as­so­nances, d’al­li­té­ra­tions nous y aide, fait par­tie du bon­heur d’être au monde : le poème le re­double, le met en pers­pec­tive, l’en­chante un ins­tant… Cette ques­tion du « par coeur », cette pos­si­bi­li­té, aus­si, pour le poème de de­ve­nir une ri­tour­nelle, est plus im­por­tante qu’il n’y pa­raît. Après Apol­li­naire, il n’y au­ra guère qu’ara­gon et Pré­vert pour être à leur tour des poètes qu’on en­tend à la ra­dio, des poètes dont, pour pa­ra­phra­ser Charles Tre­net, les chan­sons courent en­core dans les rues long­temps après qu’ils ont dis­pa­ru. Cer­tains, un peu cris­pés sur le ca­rac­tère sa­cré de la poé­sie, vous di­ront qu’il s’agit d’un sa­cri­lège ou bien, que si la poé­sie des­cend aus­si fa­ci­le­ment de son Olympe pour al­ler se pro­me­ner sur les lèvres des jo­lies filles, c’est qu’elle n’était pas vrai­ment de la poé­sie. C’est pour­tant tout le contraire, et Apol­li­naire lui-même en était convain­cu, dans « Zone », par exemple : « Tu lis les pros­pec­tus les ca­ta­logues les af­fiches qui chantent tout haut / Voi­là pour la poé­sie et pour la prose il y a les jour­naux » Ce­la si­gni­fie juste que sa poé­sie est vi­vante, qu’elle de­vient une di­men­sion de la vie quo­ti­dienne, qu’elle peut en­core sor­tir de la salle de classe et des cé­nacles uni­ver­si­taires pour de­ve­nir cette nymphe de ruis­seau ou cette vé­nus de bar­rière dont parle Bras­sens, par ailleurs grand chan­teur de Villon, dans « Les Amours d’an­tan ». L’air de rien, Mo­rand dé­plo­rait, en son­geant à Apol­li­naire, la perte de cette di­men­sion fa­mi­lière, comme il dé­plo­rait tout ce qui contri­buait, en ce xxe siècle qui se spé­cia­li­sait dans les car­nages pla­né­taires, au désen­chan­te­ment du monde. « Désen­chan­te­ment » est à prendre dans tous les sens du terme : il est ter­ri­ble­ment lo­gique que la poé­sie ne chante plus quand le voyage n’est plus qu’un dé­pla­ce­ment, que les pay­sages s’uni­fient, que les villes se res­semblent toutes et que la guerre elle-même, dès 1914, de­vient une af­faire de tech­nique de la tue­rie et d’industrie du mas­sacre. Les choses ont-elles tel­le­ment chan­gé de­puis, alors que notre époque res­semble de plus en plus à « un soir de de­mi­brume à Londres » et que le 9 no­vembre 2018 mar­que­ra le cen­te­naire de la mort de notre Or­phée ar­tilleur, de notre Mer­lin des tran­chées qui écri­vait, dans « Chef de sec­tion », qu’il at­ten­dait, les yeux fixés sur sa montre, « la mi­nute pres­crite pour l’as­saut » ? Qui lit en­core la poé­sie qui s’écrit au­jourd’hui ? Soyons hon­nêtes : plus grand monde et ce n’est pas for­cé­ment la faute du lec­teur qui man­que­rait de cu­rio­si­té ou de sen­si­bi­li­té. C’est, en­core une fois, que la poé­sie ne (se) chante plus et se par­tage à éga­li­té entre deux ten­dances : d’une part, un for­ma­lisme in­tel­lec­tua­li­sant et, d’autre part, un compte ren­du va­gue­ment na­tu­ra­liste de la vie quo­ti­dienne. On est soit dans la tra­di­tion de Mau­rice Scève et Mal­lar­mé, soit dans celle d’un Pré­vert mal re­su­cé ou d’un Charles Bu­kows­ki mal tra­duit. Le ly­risme, ce cher et vieux ly­risme, qui nous serre le coeur ou le fait battre plus vite, qui nous met la larme à l’oeil ou le sou­rire aux lèvres, est presque de­ve­nu un gros mot. On lui pré­fère, en poé­sie comme en po­li­tique (mais c’est la même chose), le concept dés­in­car­né pour mon­trer qu’on est in­tel­li­gent ou le dé­tail tri­vial cen­sé être un gage d’au­then­ti­ci­té. Alors ? Alors, Apol­li­naire. Il se­rait heu­reux que ce cen­te­naire soit l’oc­ca­sion d’une nou­velle sor­tie des tran­chées, d’un nou­vel as­saut et pas seule­ment d’une com­mé­mo­ra­tion par­mi d’autres. Il se­rait heu­reux qu’apol­li­naire de­vienne un peu plus qu’un de nos plus grands poètes et ac­cède, en­fin, au sta­tut de mythe, qu’on le voie im­pri­mé sur les tee-shirts à la ma­nière de Che Gue­va­ra et de Rim­baud. Il au­rait ai­mé ce­la, d’ailleurs, notre cher Guillaume : →

Hommes de l’ave­nir sou­ve­nez-vous de moi Je vi­vais à l’époque où fi­nis­saient les rois Il est vrai que Rim­baud, mal­gré lui, convient mieux à notre temps : qu’im­porte les contre­sens, on prend chez Rim­baud la né­ces­si­té d’être jeune, ra­pide, in­can­des­cent et de sa­voir dis­pa­raître pré­ma­tu­ré­ment : Rim­baud est rock, pour tout dire, fa­ci­le­ment as­si­mi­lable par le tweet et le clip pour des ado­les­cents qui confondent le Ha­rar et les ré­seaux so­ciaux. La vie d’apol­li­naire, elle, offre une tra­jec­toire moins mé­téo­rique. On pour­rait tout de même nuan­cer en ob­ser­vant qu’au bout du compte, il ne mour­ra qu’un an plus âgé que Rim­baud, à 38 ans. Mais quand Rim­baud cesse d’écrire à vingt et un ans, en 1875, pour choi­sir une ma­nière de sui­cide dif­fé­ré en de­ve­nant tra­fi­quant d’armes dans la Corne de l’afrique, Apol­li­naire, lui, donne l’im­pres­sion d’avoir eu trois ou quatre vies, par­fois si­mul­ta­né­ment. Pour com­men­cer, et c’est tou­jours une bonne chose pour un poète, Apol­li­naire vient de nulle part, puis­qu’il est d’ori­gine po­lo­naise et que la Po­logne, c’est nulle part, comme nous l’in­dique obli­geam­ment Al­fred Jar­ry en ou­ver­ture d’ubu roi. Ces deux-là, d’ailleurs, eurent le temps de se connaître et de s’ap­pré­cier lors des soi­rées lit­té­raires de la re­vue La Plume, aux alen­tours de 1903. Mais qui Apol­li­naire n’a-t-il pas ren­con­tré, dans ces an­nées pré­cé­dant la guerre de 1914, où les avant-gardes, comme le cu­bisme, flam­boient avant l’hor­reur ? Il naît un 26 août 1880, à Rome, de pa­rents in­con­nus avant d’être re­con­nu par sa mère le 3 no­vembre : c’est An­je­li­ca de Kos­tro­witz­ky, 22 ans, is­sue de la pe­tite no­blesse po­lo­naise, de­ve­nue de­mi-mon­daine en rup­ture de ban fa­mi­lial, qui fré­quen­tait la bonne so­cié­té ro­maine. Son nom de bap­tême ? Gu­gliel­mo Al­ber­to Wla­di­mi­ro Ales­san­dro Ap­po­li­nare de Kos­tro­wits­ky. Son père ? In­con­nu, même si les bio­graphes ont de fortes pré­somp­tions pour un aris­to­crate et homme po­li­tique pié­mon­tais, Fran­ces­co Flu­gi d’asper­mont. Guillaume Apol­li­naire ne naî­tra que plus tard, avec les pre­mières an­nées du xxe siècle, quand il fe­ra ses dé­buts, comme cri­tique à La Re­vue blanche. Entre-temps, il se ver­ra do­té d’un pe­tit frère, né lui aus­si de père in­con­nu. En­semble, ils se­ront un temps mo­né­gasques, ni­çois, puis belges du cô­té de Sta­ve­lot, en nour­rice ou sous la fé­rule d’éta­blis­se­ments re­li­gieux, pen­dant que leur mère vit sa vie avec une gra­cieuse in­dif­fé­rence à ses re­je­tons. Elle les lais­se­ra même, ado­les­cents, dé­mé­na­ger à la cloche de bois d’une pen­sion de fa­mille ar­den­naise, alors qu’elle est dé­jà par­tie pour Pa­ris. Wil­helm de Kos­tro­witz­ky, pour l’état ci­vil, Guillaume Apol­li­naire, dans le monde des lettres, est donc cet homme qui doit s’in­ven­ter, cet en­chan­teur qui ap­pren­dra à va­rier ses mé­ta­mor­phoses, ce Fran­çais de ha­sard et de né­ces­si­té. Il ex­pli­que­ra ce pa­ra­doxe dans une ébauche d’au­to­bio­gra­phie ro­man­cée, « His­toire de Claude Au­ray » : « C’était un étran­ger. Il n’avait au­cune na­tio­na­li­té cer­taine et bien qu’il fût né à Rome, ses pa­rents étant po­lo­nais sa dé­cla­ra­tion d’étran­ger por­tait se­lon leur dé­sir “su­jet russe”. Mais, comme il avait été éle­vé en France et qu’il y de­meu­rait de­puis son jeune âge, Claude Au­ray consi­dé­rait la France comme sa pa­trie ou plu­tôt comme une pa­trie des­ti­née à de­ve­nir celle de tous les hommes. Claude Au­ray était un poète vé­ri­table et il vou­lait don­ner à la langue fran­çaise plus de gloire qu’elle en a. » Ébauche, sans doute, texte mar­gi­nal dans son oeuvre, cer­tai­ne­ment. C’est pour­tant dans ces marges-là que l’on trouve des clefs. Apol­li­naire n’est pas fran­çais par le sang, ni même par le sol, il l’est d’abord par la langue. Il n’em­pêche que, se­lon le vieil adage qui veut qu’il n’y ait pas d’amour, mais seule­ment des preuves d’amour, Apol­li­naire don­ne­ra les siennes en vou­lant s’en­ga­ger dès août 1914, alors qu’il n’est même pas na­tu­ra­li­sé. Il lui faut at­tendre dé­cembre pour que sa de­mande soit ac­cep­tée et qu’il soit af­fec­té au 38e ré­gi­ment d’in­fan­te­rie, à Nîmes.

Dis l’as-tu vu Gui au ga­lop Du temps qu’il était mi­li­taire Dis l’as-tu vu Gui au ga­lop Du temps qu’il était ar­ti­flot À la guerre

Et c’est en­core lui qui in­siste pour être ver­sé dans l’in­fan­te­rie et par­tir sur le front en Cham­pagne en 1915, où il de­vient sous-lieu­te­nant et découvre les tran­chées. Il ap­prend qu’il est na­tu­ra­li­sé fran­çais en mars 1916, quelques jours avant qu’un éclat de shrap­nel perce son casque et le blesse gra­ve­ment, ce qui en­traî­ne­ra une tré­pa­na­tion dont il ne se re­met­tra ja­mais tout à fait. Les fé­ti­chistes apol­li­na­riens, dont je fais par­tie, se sou­viennent en­core avec émo­tion de l’ex­po­si­tion « Apol­li­naire à la guerre », qui s’était te­nue à l’his­to­rial de Pé­ronne, en 2005 : on y voyait le casque troué et un exem­plaire du Mer­cure de France ta­ché de sang que Guillaume li­sait quand il a été tou­ché. Il y a d’ailleurs quelque chose d’unique, en ces pé­riodes de com­mé­mo­ra­tions de la Grande Guerre, chez Apol­li­naire sol­dat. Apol­li­naire n’est pas un ros­si­gnol des char­niers fa­çon Bar­rès, ni un trau­ma­ti­sé dé­fi­ni­tif fa­çon Cé­line. Son at­ti­tude pour­rait même avoir, pour un « lec­teur mo­ral », quelque chose de ra­di­ca­le­ment scan­da­leux : Apol­li­naire, « guet­teur mé­lan­co­lique », à dé­faut d’ai­mer la guerre l’ac­cepte avec une joie sou­ve­raine parce qu’elle est le moyen de se sen­tir com­plè­te­ment vi­vant, de faire de la vio­lence le moyen d’éprou­ver plus in­ten­sé­ment en­core le sen­ti­ment amou­reux, l’ex­pé­rience éro­tique. Il ne cache rien de l’hor­reur des tran­chées, mais le dé­sir est om­ni­pré­sent, ren­du en­core plus im­pé­rieux. Il faut lire, par exemple, les poèmes pour Lou ou Ma­de­leine :

Tendres yeux écla­tés de l’amante in­fi­dèle Obus mys­té­rieux Si tu sa­vais le nom du beau che­val de selle Qui semble avoir tes yeux Car c’est Lou­lou mon Lou que mon che­val se nomme Un ale­zan brû­lé Cou­leur de tes che­veux cul rond comme une pomme Il est là tout sel­lé

À l’hô­pi­tal du Val-de-grâce, Apol­li­naire connaît une double re­con­nais­sance, ra­di­ca­le­ment contra­dic­toire, à l’image de sa vie : il est dé­co­ré de la Croix de guerre et re­çoit la vi­site d’un jeune étu­diant en mé­de­cine sous l’uni­forme, un cer­tain An­dré Bre­ton, qui l’ad­mire pour avoir dé­jà pen­sé à cette fu­sion ra­di­cale de tous les arts comme dans les idéo­grammes ly­riques des Cal­li­grammes et mis en avant cette puis­sance sub­ver­sive de la poé­sie qui ne vaut que si elle change la vie. Apol­li­naire, qui a le pre­mier em­ployé le mot « sur­réa­liste » dans Les Ma­melles de Ti­ré­sias, et Bre­ton res­te­ront amis jus­qu’à la mort de Guillaume, deux jours avant l’ar­mis­tice, af­fai­bli par cette apo­ca­lypse vi­rale qui va ache­ver de dé­ci­mer l’eu­rope après le conflit : la grippe es­pa­gnole. Oui, nous avons be­soin d’apol­li­naire comme nous avons be­soin d’un mythe ou d’un mo­dèle : entre les né­vroses iden­ti­taires et les né­vroses tech­no­cra­tiques de su­pra­na­tio­na­li­té no­made, Apol­li­naire de­meure ce poète au cos­mo­po­li­tisme créa­teur mort pour sa pa­trie d’élec­tion. Por­no­graphe d’élite, avec ses « En­fers » et ses Onze mille verges, il pré­fère les trans­gres­sions mer­veilleuses aux to­lé­rances obli­ga­toires qui masquent mal un néo­pu­ri­ta­nisme. Aux pay­sages uni­fiés de la mo­der­ni­té qui sont en fait très vieux –« À la fin, tu es las de ce monde an­cien » –, il op­pose la dé­cou­verte in­las­sable de formes nou­velles, éter­nel­le­ment nou­velles, en im­po­sant avant tout le monde les noms de Pi­cas­so, Braque, Du­champ, Pi­ca­bia. S’il flirte un ins­tant avec le fu­tu­risme de Ma­ri­net­ti, il pressent avec un nez très sûr les pro­dromes d’une vi­sion to­ta­li­taire qui veut gom­mer le pas­sé et fe­ra d’eux, après sa mort, des sou­tiens zé­lés du fas­cisme. Pour Apol­li­naire, on peut ai­mer le mer­veilleux mo­derne, mais ce n’est pos­sible, comme il le chante dans Al­cools, qu’en ré­con­ci­liant toutes les tra­di­tions, en se pla­çant sous le triple signe de Dio­ny­sos, d’apol­lon et du Ch­rist. Puisse le cen­te­naire de Guillaume nous ser­vir à en­tendre de nou­veau sa voix, car au­jourd’hui c’est elle et seule­ment elle qui per­met en­core et tou­jours de dis­tin­guer l’éter­ni­té des sen­ti­ments sous l’éphé­mère des modes, de cé­lé­brer la las­si­tude d’un monde qui n’en fi­nit pas de fi­nir, mais sans suc­com­ber à la sé­duc­tion somp­tueuse et dé­pres­sive d’un cré­pus­cule dé­fi­ni­tif ou d’une gla­cia­tion trans­hu­ma­niste. Et sur­tout, sur­tout, de chan­ter la puis­sance du dé­sir et du plai­sir alors que « Le mé­ga­phone crie / Al­lon­gez le tir / Al­lon­gez le tir amour de vos bat­te­ries ». Entre sang et so­leil, Apol­li­naire nous re­vient. Ne lais­sons pas se perdre un al­lié si pré­cieux. •

Guillaume Apol­li­naire dans son ap­par­te­ment pa­ri­sien, 1909.

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