Ha­waï, po­lis­sonne d'état

Causeur - - Sommaire - Par Fré­dé­ric de Na­tal

Une riche prin­cesse, un ma­riage les­bien, le so­leil des tro­piques : l’his­toire qui pas­sionne l’île d’ha­waï réunit tous les in­gré­dients d’un feuille­ton tré­pi­dant. Cet au­tomne, la cour de justice d’ho­no­lu­lu a dé­cla­ré la prin­cesse Abi­gail Ka­wa­na­na­koa men­ta­le­ment in­ca­pable de gé­rer sa for­tune de 215 mil­lions de dol­lars. Des­cen­dante en ligne di­recte du roi d’ha­waï Ka­me­ha­me­ha Ier, dont le nom semble sor­tir d’un man­ga ja­po­nais, la prin­cesse no­na­gé­naire a connu coup sur coup une crise cardiaque et un ma­riage contro­ver­sé qui a pous­sé sa pa­ren­té à in­ter­ve­nir pour pro­té­ger son pa­tri­moine. En épou­sant sa com­pagne Veronica Gail Worth de trente ans sa ca­dette, Abi­gail a dé­clen­ché une tem­pête fa­mi­liale riche en re­bon­dis­se­ments. Ac­cu­sée de vou­loir faire « main basse sur le ma­got » en ten­tant d’ex­tir­per un droit de si­gna­ture à sa conjointe, Gail Worth di­vise les par­ti­sans de la dy­nas­tie qui pré­si­dait aux des­ti­nées de l’état d’alo­ha de 1795 à 1893. Si son ho­mo­sexua­li­té était jus­qu’ici peu connue de ses sou­tiens, la pré­ten­dante au trône bé­né­fi­cie d’une forte po­pu­la­ri­té chez les Ha­waïens en rai­son de sa gé­né­ro­si­té et de son sens du mé­cé­nat. Dé­chue de ses droits, Abi­gail Ka­wa­na­na­koa vit dé­sor­mais dans son ap­par­te­ment luxueux avec pour seuls com­pa­gnons les fan­tômes d’une vie pas­sée et de son in­dé­pen­dance per­due. Comme cette île où les États-unis ont pro­cla­mé la ré­pu­blique en 1894. •

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