Em­ma­nuel, le risque et la rente…

Causeur - - Dossier : Emmanuel 2 - Pierre La­ma­lat­tie

Il est dif­fi­cile de pro­po­ser im­promp­tu des di­mi­nu­tions si­gni­fi­ca­tives d’im­pôts pour les uns, im­pli­quant des aug­men­ta­tions pour les autres. Il faut ar­gu­men­ter, jus­ti­fier. Le mieux, en réa­li­té, est de faire en amont un vé­ri­table tra­vail sur les « va­leurs », un tra­vail par­fois très long, mais qui seul peut confé­rer une sorte de lé­gi­ti­mi­té. C’est ce qu’a es­sayé de faire Em­ma­nuel Ma­cron du­rant sa cam­pagne pré­si­den­tielle en op­po­sant le « risque » et la « rente ». C’est ce qu’il ne cesse de faire de­puis. Il est vrai que cette op­po­si­tion fonc­tionne bien et les gens, lors de ses mee­tings, ap­plau­dis­saient à tout rompre. Per­sonne n’ima­gi­nait se re­trou­ver un jour du cô­té de la « rente ». Le dan­ger avec les va­leurs, c’est qu’elles sont en gé­né­ral aus­si belles que floues. C’est lorsque la né­bu­leuse ver­bale se condense en me­sures concrètes, lorsque l’on dé­couvre l’am­pleur des taxa­tions et des exo­né­ra­tions, qu’on voit ce que ce­la donne. Le « risque », c’est tout sim­ple­ment le monde des en­tre­prises et du ca­pi­ta­lisme fi­nan­cier. La « rente », ce sont, en gros, les par­ti­cu­liers, ceux qui bé­né­fi­cient d’avan­tages ju­gés ar­chaïques, ceux qui es­sayent de sé­cu­ri­ser leur vie, ceux qui (quand ils le peuvent) font des éco­no­mies et des pla­ce­ments simples, ceux, en­fin, qui rêvent de choses ba­siques comme pos­sé­der leur mai­son et ai­der leurs en­fants.

Les trans­ferts de charge du « risque » à la « rente » sont dé­jà bien avan­cés. Avec cette af­faire de « gi­lets jaunes », il y a un im­pré­vu. Les « caves » se re­biffent. Il va fal­loir mettre un bé­mol.

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