Dé­sor­mais in­no­cent

Une in­time convic­tion, d'an­toine Raim­bault Sor­tie le 6 fé­vrier 2019

Causeur - - Culture & Humeurs -

Au fond, ce deuxième film d'an­toine Raim­bault est aux an­ti­podes de ce­lui de Fran­çois Ozon. Quand ce der­nier mal­mène la né­ces­saire pré­somp­tion d'in­no­cence, le pre­mier ne s'in­té­resse à la re­ten­tis­sante af­faire Vi­guier qu'une fois la vé­ri­té ju­di­ciaire éta­blie (et même deux fois dans le cas pré­sent : ac­cu­sé du meurtre non prou­vé de sa femme, un homme en a été ac­quit­té deux fois à dix ans d'in­ter­valle). Et même avec cette bien­fai­sante dis­tance, il fait le pari du ci­né­ma et de la fic­tion en créant un épa­tant per­son­nage d'an­cienne ju­rée (Ma­ri­na Foïs, par­faite) cen­sée ai­der l'avo­cat de la dé­fense du se­cond pro­cès, le vi­re­vol­tant, aga­çant et brillant Du­pond-mo­ret­ti (joué, dé­joué et re­mar­qua­ble­ment dé­fen­du par un Oli­vier Gour­met éblouis­sant). S'en­suit un film ha­le­tant dont le men­tir-vrai est d'au­tant plus ré­jouis­sant que le réel n'est ja­mais fon­da­men­ta­le­ment mal­trai­té. On y en­tend no­tam­ment les pa­roles du se­cond pro­cès, soit des mo­ments ora­toires de haut vol. Il est à craindre que le film-pro­cès d'ozon ne vienne éclip­ser ce film de pro­cès et ce se­rait dom­mage, puisque l'un se sert du ci­né­ma tan­dis que l'autre le sert. À cha­cun d'en ju­ger… •

Une in­time convic­tion, d'an­toine Raim­bault.

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