Alain Des­texhe : « 56 % des Bruxel­lois sont d'ori­gine étran­gère »

Causeur - - Sommaire N° 65 – Février 2019 - Pro­pos re­cueillis par Daoud Bou­ghe­za­la et Gil Mi­hae­ly

De­puis vingt ans, la Bel­gique a ou­vert grand les vannes de l'im­mi­gra­tion. L'ex­plo­sion dé­mo­gra­phique qui s'est en­sui­vie a ag­gra­vé l'is­la­mi­sa­tion du pays. Vic­time d'at­ten­tats dji­ha­distes ces der­nières an­nées, l'épi­centre de l'eu­rope ne peut plus fer­mer les yeux. En­tre­tien avec le sé­na­teur belge Alain Des­texhe.

Cau­seur. Le titre de votre livre, Im­mi­gra­tion et In­té­gra­tion : avant qu’il ne soit trop tard, res­semble à une son­nette d'alarme. La si­tua­tion en Bel­gique est-elle si grave ?

Alain Des­texhe. Ju­gez par vous-même : rap­por­tée à sa po­pu­la­tion, la Bel­gique a connu de­puis 2000 un choc mi­gra­toire plus im­por­tant que la France, l'al­le­magne ou les Pays-bas ! En vingt ans, la Bel­gique a na­tu­ra­li­sé 600 000 à 700 000 per­sonnes, c'est-à-dire 5 ou 6 % de la po­pu­la­tion, sans par­ler des clan­des­tins et des de­man­deurs d'asile… À Bruxelles, 56 % des ha­bi­tants sont d'ori­gine étran­gère. Or, cette vague mi­gra­toire ne s'est ac­com­pa­gnée d'au­cun dé­bat pu­blic. Pire en­core, le dé­fi­cit ma­jeur d'in­té­gra­tion d'une par­tie des po­pu­la­tions im­mi­grées met en dan­ger l'équi­libre du pays.

Quelles sont les prin­ci­pales ori­gines de ces nou­veaux Belges ?

Outre des Eu­ro­péens, il s'agit prin­ci­pa­le­ment de Ma­ro­cains et de Turcs, qui forment une im­mi­gra­tion de peu­ple­ment. C'est dans ces deux der­niers groupes que se concentren­t les pro­blèmes d'in­té­gra­tion ma­jeurs. Mais le po­li­ti­que­ment cor­rect oblige à dire que beau­coup par­mi eux sont par­fai­te­ment in­té­grés et ne posent au­cun pro­blème, ce qui est bien en­ten­du vrai. Mais quand on parle de chô­mage, on ne dit pas : « 85 % ou 90 % des gens ont du tra­vail, le pro­blème est à la marge… » Même mi­no­ri­taires, les im­mi­grés non in­té­grés sont beau­coup trop nom­breux.

Com­ment ex­pli­quez-vous l'échec de l'in­té­gra­tion ?

Ne tour­nons pas au­tour du pot : le pro­blème de l'in­té­gra­tion cultu­relle, c'est es­sen­tiel­le­ment par rap­port à l'is­lam. Une étude a mon­tré que 50 % des jeunes mu­sul­mans de Bel­gique étaient an­ti­sé­mites. Autre signe in­quié­tant, le re­fus du droit au blas­phème et à la ca­ri­ca­ture ou à la cri­tique de l'is­lam : 70 % des mu­sul­mans pensent que leurs va­leurs re­li­gieuses sont su­pé­rieures aux lois du pays ! En re­vanche, un chré­tien afri­cain qui trouve du bou­lot s'in­tègre cultu­rel­le­ment as­sez vite. C'est d'ailleurs sou­vent le cas de l'im­mi­gra­tion congo­laise, mal­gré un pas­sé co­lo­nial avec la Bel­gique.

Être cultu­rel­le­ment in­té­gré, voire as­si­mi­lé, a-t-il la même dé­fi­ni­tion en Bel­gique qu'en France ?

Mal­heu­reu­se­ment, plus per­sonne ne dé­fend l'as­si­mi­la­tion en Bel­gique. Au­jourd'hui, le dé­bat est entre l'in­té­gra­tion et ce qu'ils ap­pellent l'« in­clu­sion ». His­to­ri­que­ment, les pre­mières gé­né­ra­tions d'im­mi­grés, Ita­liens, Grecs, Po­lo­nais, s'as­si­mi­laient. Ils gar­daient par­fois des liens avec leurs pays d'ori­gine et quelques cou­tumes, mais se fon­daient glo­ba­le­ment dans la masse des Belges. La ma­jo­ri­té de mes com­pa­triotes sou­haite d'ailleurs qu'un nou­vel ar­ri­vant adhère aux codes de la so­cié­té d'ac­cueil, de sorte qu'en une gé­né­ra­tion, seul le pa­tro­nyme rap­pelle l'ori­gine. La Bel­gique a eu un Pre­mier mi­nistre d'ori­gine ita­lienne, Elio Di Ru­po, que per­sonne ne voyait comme un Ita­lien !

Et pour­tant, l'in­té­gra­tion semble au­jourd'hui avoir mau­vaise presse dans votre pays…

Les par­ti­sans du mul­ti­cul­tu­ra­lisme qui do­minent de plus en plus cer­taines élites, comme les fonc­tion­naires eu­ro­péens (l'eu­rope joue un rôle né­ga­tif dans ce dé­bat) et les in­tel­lec­tuels, mais aus­si les mé­dias, les uni­ver­si­tés et les ONG, re­fusent le mot et la lo­gique de l'in­té­gra­tion à la­quelle ils pré­fèrent l'in­clu­sion. Pour eux, la so­cié­té d'ac­cueil doit s'adap­ter aux im­mi­grés bien da­van­tage que les im­mi­grés à la so­cié­té d'ac­cueil. On ne de­mande pas grand-chose aux im­mi­grés, si­non de res­pec­ter la loi.

Ce n'est pas rien !

Certes, mais ils peuvent conti­nuer à me­ner une exis­tence pa­ral­lèle, sur les plans an­thro­po­lo­giques et cultu­rels, donc re­pliée sur leur com­mu­nau­té. C'est pour­quoi le res­pect de la loi ne suf­fit pas. En Bel­gique, on est à en­vi­ron 7 ou 8 % de mu­sul­mans qui, en 2050, re­pré­sen­te­ront entre 11 et 18 %, en fonc­tion des flux mi­gra­toires. Si on a 18 % de mu­sul­mans avec une par­tie si­gni­fi­ca­tive qui n'est pas vrai­ment in­té­grée, on va vers des pro­blèmes en­core plus graves. Dans cer­taines écoles, il n'y a plus que des élèves mu­sul­mans. Dans les →

«Les Fla­mands ont im­po­sé beau­coup plus d'exi­gences d'in­té­gra­tion»

écoles pu­bliques de la ré­gion bruxel­loise, où on choi­sit son en­sei­gne­ment re­li­gieux par­mi six re­li­gions re­con­nues, ou un cours de mo­rale laïque, 48 % des élèves choi­sissent le cours de re­li­gion mu­sul­mane !

Vous ci­tez sou­vent l'exemple bruxel­lois mais, vu de l'ex­té­rieur, il existe deux mo­dèles belges : fla­mand et fran­co­phone. Quel en­sei­gne­ment peut-on ti­rer d'une com­pa­rai­son entre fran­co­phones et Fla­mands ?

Les dif­fé­rences sont im­por­tantes. Les Fla­mands ont im­po­sé beau­coup plus d'exi­gences non éco­no­miques que les fran­co­phones. Si im­mi­gra­tion et na­tu­ra­li­sa­tion sont des com­pé­tences fé­dé­rales, l'in­té­gra­tion (sco­la­ri­té, ap­pren­tis­sage de la langue, tra­vail) est gé­rée par les ré­gions et les com­mu­nau­tés lin­guis­tiques. De­puis dix ans, la Flandre pra­tique une po­li­tique qu'elle ap­pelle de « ci­toyen­ne­té ». L'im­mi­gré est obli­gé de suivre des cours de langue et d'in­té­gra­tion sur les lois et les va­leurs pour l'ai­der et le pous­ser à s'in­té­grer dans la so­cié­té fla­mande. Pour ob­te­nir un lo­ge­ment so­cial, par exemple, il faut ap­prendre le néer­lan­dais. À Bruxelles, il n'y a rien de la sorte. Même l'ap­pren­tis­sage de la langue est fa­cul­ta­tif. Or, 30 % des im­mi­grés de Bel­gique ar­rivent à Bruxelles !

La po­li­tique d'in­té­gra­tion fla­mande donne-telle de meilleurs ré­sul­tats ?

Il n'y a pas d'études sys­té­ma­tiques com­pa­ra­tives avec une va­leur scien­ti­fique. Mais glo­ba­le­ment, les pro­blèmes d'in­té­gra­tion sont moins im­por­tants en Flandre. Il y a aus­si des quar­tiers à pro­blèmes, mais il reste une Flandre où le sen­ti­ment d'iden­ti­té fla­mande do­mine. À Bruxelles, la dé­rive com­mu­nau­ta­riste est nette.

Les jeunes Belges par­tis pour le dji­had son­tils plu­tôt d'ori­gine fran­co­phone ou fla­mande ?

Les deux ! Ils sont is­sus des com­munes où il y avait de fortes com­mu­nau­tés mu­sul­manes.

Y a-t-il des Mo­len­beek fla­mands ?

Pas à ce point, mais oui, dans la ban­lieue d'an­vers, ain­si que dans le Lim­bourg.

Ces zones de très forte concen­tra­tion im­mi­grée sont le pro­duit de l'his­toire. Pour­quoi l'im­mi­gra­tion a-t-elle ex­plo­sé en Bel­gique à la fin du XXE siècle ?

On peut da­ter le dé­but de la vague à l'an­née 2000. La Bel­gique adopte alors si­mul­ta­né­ment trois po­li­tiques. Tout d'abord, l'élar­gis­se­ment du re­grou­pe­ment fa­mi­lial qui de­vient ex­trê­me­ment fa­cile. En­suite, la ré­gu­la­ri­sa­tion mas­sive des clan­des­tins en­traîne un ap­pel d'air énorme. En­fin, le lé­gis­la­teur fa­ci­lite la pro­cé­dure de na­tu­ra­li­sa­tion. L'ef­fet conju­gué de ces me­sures crée un af­flux d'un mil­lion de per­sonnes en une di­zaine d'an­nées dans un pays de 10 mil­lions d'ha­bi­tants ! C'est un choc dé­mo­gra­phique énorme qui en­traîne une mo­di­fi­ca­tion de la com­po­si­tion du pays, sur­tout à Bruxelles, et ag­grave consi­dé­ra­ble­ment les pro­blèmes de com­mu­nau­ta­risme, la pro­pa­ga­tion du sa­la­fisme et plus gé­né­ra­le­ment du sé­pa­ra­tisme cultu­rel (hal­lal, voile, es­pace pu­blic mas­cu­li­ni­sé…).

Qui était der­rière cette lé­gis­la­tion ?

Es­sen­tiel­le­ment les so­cia­listes et les éco­lo­gistes. Ils ont ap­pli­qué in­tui­ti­ve­ment ce que Ter­ra No­va al­lait théo­ri­ser en France. La meilleure dé­mons­tra­tion de ce phé­no­mène est l'évo­lu­tion de Phi­lippe Mou­reaux, le bourg­mestre de Mo­len­beek. Au dé­but des an­nées 1990, il te­nait en­core des pro­pos durs vis-à-vis de l'im­mi­gra­tion et de l'is­la­misme. Dix ans plus tard, il change com­plè­te­ment son dis­cours. Or, il était non seule­ment bourg­mestre de Mo­len­beek, mais aus­si vice-pré­sident na­tio­nal du Par­ti so­cia­liste.

Ils ont créé leur élec­to­rat ?

Oui. En vingt ans, le centre de gra­vi­té po­li­tique de Bruxelles a com­plè­te­ment chan­gé. C'était une ville tra­di­tion­nel­le­ment de centre droit. Elle est de­ve­nue ma­jo­ri­tai­re­ment de gauche. Or, les per­sonnes d'ori­gine im­mi­grée votent beau­coup plus à gauche. Un tiers des Belges de Bruxelles sont dé­sor­mais des « nou­veaux Belges », c'est sans doute un re­cord mon­dial !

Mais ces lois ont bien été vo­tées ! Il y a donc eu un dé­bat au moins au Par­le­ment et au Sé­nat !

Oui, mais il n'y avait qua­si­ment pas d'op­po­si­tion ! Du cô­té fran­co­phone, tout le monde était à peu près d'ac­cord et les op­po­si­tions en Flandre ve­naient sur­tout de l'ex­trême droite. C'est seule­ment par la suite que, no­tam­ment face à cette vague d'im­mi­gra­tion, un par­ti na­tio­na­liste fla­mand – la N-VA – a com­men­cé sa mon­tée en puis­sance jus­qu'à de­ve­nir le plus grand par­ti du pays.

Les choses sont-elles en train de chan­ger ?

Len­te­ment. De­puis quatre, cinq ans, il y a un chan­ge­ment de bra­quet, mais les dy­na­miques dé­mo­gra­phiques sont telles que les po­li­tiques gou­ver­ne­men­tales ont peu d'in­fluence sur elles !

La loi sur le re­grou­pe­ment fa­mi­lial, un peu plus res­tric­tive, vo­tée en 2011, n'a-t-elle au­cun ef­fet ?

Si. De­puis 2011, la loi belge se rap­proche des li­mites im­po­sées par la di­rec­tive eu­ro­péenne, puisque au­pa­ra­vant nous étions en­core plus laxistes. Mais ce­la ne suf­fit pas. Il faut re­voir de toute ur­gence la po­li­tique du re­grou­pe­ment fa­mi­lial, car elle pro­duit un ef­fet ex­po­nen­tiel à tra­vers des ma­riages, des di­vorces et des re­ma­riages, des re­con­nais­sances d'en­fants… En Bel­gique, ce­la compte pour 50 % de l'im­mi­gra­tion lé­gale, alors que la moyenne eu­ro­péenne est de 30 %. Si on ajoute l'asile – qui est sur­tout de­man­dé par des im­mi­grés éco­no­miques – ce­la concerne les trois quarts de l'im­mi­gra­tion lé­gale. Au­tre­ment dit, la Bel­gique, comme la France, a peu de marge de ma­noeuvre sur 75 % de l'im­mi­gra­tion lé­gale.

Vous êtes sé­vère sur An­ge­la Mer­kel et la crise de 2015 ?

En 2016, au cours d'une vi­site par­le­men­taire en Iran, j'ai ren­con­tré un en­tre­pre­neur af­ghan d'is­pa­han, qui em­ployait lé­ga­le­ment des tra­vailleurs af­ghans. Il nous a ra­con­té que tous les jours deux bus rem­plis de ces Af­ghans qui vi­vaient et tra­vaillaient en Iran par­taient vers la fron­tière turque pour es­sayer d'ar­ri­ver en Eu­rope, no­tam­ment en An­gle­terre. L'exode était si mas­sif que la moi­tié de ses tra­vailleurs, qui étaient là de­puis des an­nées et avaient un sa­laire cor­rect, ont quit­té leur tra­vail pour al­ler ten­ter leur chance en Eu­rope. Il a failli faire faillite ! Non seule­ment ces per­sonnes n'étaient pas me­na­cées, mais on les a pous­sées à tout vendre pour fi­nan­cer leur aven­ture eu­ro­péenne. Tout ce­la est lar­ge­ment la faute d'an­ge­la Mer­kel et de l'énorme ap­pel d'air qu'elle a créé en 2015 sans consul­ter per­sonne ! Le Brexit est, au moins, aus­si par­tiel­le­ment la consé­quence de l'er­reur al­le­mande de 2015.

Votre constat ap­pelle un pro­gramme. Quelles me­sures met­tez-vous sur la table, comme on dit en Bel­gique ?

Nous de­vons pas­ser d'une im­mi­gra­tion su­bie à une im­mi­gra­tion choi­sie. Il faut que les pays eu­ro­péens puissent choi­sir qui ils dé­cident d'ac­cueillir et que ce ne soit pas im­po­sé par d'autres pays ou des conven­tions in­ter­na­tio­nales. Ce­la im­plique d'abord des me­sures plus res­tric­tives sur les condi­tions du re­grou­pe­ment fa­mi­lial (âge, lo­ge­ment, re­ve­nu, test d'in­té­gra­tion dans le pays d'ori­gine). On peut s'ins­pi­rer des Pays-bas ou du Da­ne­mark. Le contraire de ce que fait Ma­cron ! Sur l'asile, il faut re­ve­nir à l'es­prit et à la lettre de la conven­tion de Ge­nève : don­ner l'asile aux per­sonnes qui sont per­sé­cu­tées, dit le texte, à cause de leur re­li­gion, leur race, leurs convic­tions po­li­tiques. Il fau­drait donc ac­cueillir les de­man­deurs d'asile non pas en Eu­rope, mais dans les pays li­mi­trophes.

Et si vous faites par­tie des 85 % de dé­bou­tés, vous ne se­rez pas ex­pul­sé…

Non, dans la plu­part des cas. Même si c'est dif­fi­cile à en­tendre, un re­tour for­cé mas­sif de dé­bou­tés du droit d'asile et autres clan­des­tins n'est pas pos­sible. On ne va pas mettre de force des di­zaines de mil­liers de per­sonnes, des en­fants et des fa­milles dans des avions ! C'est un fan­tasme de dé­ma­gogues. C'est pour­quoi il faut ab­so­lu­ment les em­pê­cher de ve­nir chez nous. D'au­tant que les pays d'ori­gine re­fusent sou­vent de les re­prendre. La Bel­gique n'ar­rive pas à si­gner une conven­tion avec l'al­gé­rie qui re­fuse de ré­cu­pé­rer ses res­sor­tis­sants. Com­ment faire ?

Après les at­ten­tats, la Bel­gique a néan­moins adop­té une loi sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té des ter­ro­ristes bi­na­tio­naux. Ce­la a-t-il abou­ti à des ex­pul­sions ?

Très peu. En plus, même quand ils sont dé­chus, ils ne sont pas tou­jours pour au­tant ex­pul­sés du ter­ri­toire, à cause de la Cour eu­ro­péenne des droits de l'homme, au pré­texte qu'ils ris­que­raient d'être mal­me­nés dans leur pays au re­tour. Pour em­pê­cher l'af­flux de clan­des­tins, on de­vrait sé­cu­ri­ser com­plè­te­ment les fron­tières de l'eu­rope – l'ac­cord avec Er­doğan dé­montre que c'est pos­sible.

Pour Ste­phen Smith, il faut plu­tôt se pré­pa­rer à les in­té­grer qu'à les blo­quer…

C'est le point faible de son livre, que j'ai beau­coup ai­mé : Smith dit que l'im­mi­gra­tion mas­sive étant iné­luc­table, nous sommes obli­gés de la gé­rer. Mais je ne vois pas com­ment on va la gé­rer avec les pers­pec­tives dé­mo­gra­phiques de l'afrique ! Smith est fa­ta­liste, alors que je suis vo­lon­ta­riste. Je vois que l'ac­cord avec la Tur­quie marche, que Sal­vi­ni a ar­rê­té les ba­teaux, preuves qu'on peut faire beau­coup mieux pour pro­té­ger les fron­tières ex­té­rieures de l'eu­rope. Un der­nier point, les par­tis du centre et de droite ne doivent plus aban­don­ner ces ques­tions, comme ils l'ont fait pen­dant trop long­temps. La panne de l'eu­rope, c'est aus­si la faillite de la ges­tion de l'im­mi­gra­tion. •

Alain Des­texhe est sé­na­teur li­bé­ral (MR) de Bel­gique. Il pu­blie Im­mi­gra­tion et In­té­gra­tion : avant qu'il ne soit trop tard… (Dy­na­me­dia, 2019).

Phi­lippe Mou­reaux, bourg­mestre de Mo­len­beek­saint-jean entre 1992 et 2012, mars 2014.

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