Les Chi­nois à Abu­ja

Causeur - - Sommaire N° 68 – Mai 2019 - Par Fré­dé­ric de Na­tal

Ob­jet de fan­tasmes en tout genre, la Chine a lan­cé ses ten­ta­cules à l’as­saut de l’afrique via son pro­jet de nou­velle route de la soie. Nou­veau jouet des griffes du dra­gon, le Ni­ge­ria. Cette ré­pu­blique fé­dé­rale an­glo­phone qui re­gorge d’or noir ai­guise tous les ap­pé­tits. À La­gos, le yuan est la nou­velle mon­naie à la mode. Les billets chi­nois ont pro­gres­si­ve­ment rem­pla­cé ceux de l’oncle Sam. De­vant la baisse de ses in­ves­tis­se­ments, vic­times de ses in­ces­santes in­sta­bi­li­tés po­li­tiques, le Ni­ge­ria du pré­sident Mu­ham­ma­du Bu­ha­ri mise sur Pé­kin pour sti­mu­ler son éco­no­mie. Le man­da­rin est en vogue sur tous les chan­tiers di­ri­gés par les Chi­nois. Grâce à leurs ca­pi­taux, la ca­pi­tale Abu­ja, sorte de Bra­si­lia créée au beau mi­lieu de la sa­vane, va bien­tôt connaître les joies de son pre­mier métro. Le pre­mier de l’afrique de l’ouest. Mais cette coo­pé­ra­tion n’est pas sans consé­quence.

Les produits de contrefaço­ns, no­tam­ment tex­tiles, ont inon­dé le mar­ché ni­gé­rian, fai­sant concur­rence aux produits locaux. Et l’apparition d’une nou­velle eth­nie mé­tisse si­no-ni­gé­riane n’est pas du goût de tous. Car il n’existe au­cun Chi­na­town au Ni­ge­ria. Contrai­re­ment à leur ré­pu­ta­tion, les illustres fils du ciel se mé­langent, épousent des Ni­gé­rianes et pro­duisent une des­cen­dante mixte. Cette di­plo­ma­tie d’in­fluence ho­ri­zon­tale est sou­vent per­çue comme une in­gé­rence in­si­dieu­se­ment pi­lo­tée par Xi Jin­ping. Le sa­trape man­da­rin est de­ve­nu le nou­vel Ogun du Ni­ge­ria, ce dieu du mé­tal et de la guerre peu sou­cieux des droits de l’homme. •

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