Ma­rion Ma­ré­chal « L'al­liance LR/RN est in­évi­table »

Pro­pos re­cueillis par Daoud Bou­ghe­za­la et Éli­sa­beth Lé­vy

Causeur - - Sommaire N° 69 – Juin 2019 - Pro­pos re­cueillis par Daoud Bou­ghe­za­la et Éli­sa­beth Lé­vy

Après la dé­bâcle des Ré­pu­bli­cains aux eu­ro­péennes et la vic­toire en de­mi­teinte du RN, Ma­rion Ma­ré­chal livre un diagnostic im­pla­cable. Re­com­po­si­tion de la droite, immigratio­n, frac­tures fran­çaises, Union eu­ro­péenne : la di­rec­trice de l'is­sep n'élude au­cun su­jet épi­neux.

Cau­seur. De­puis plu­sieurs an­nées, on nous an­non­çait une vague po­pu­liste, sou­ve­rai­niste ou na­tio­na­liste, nous re­vien­drons sur ces termes, en Eu­rope. Or, à part en Ita­lie et en Eu­rope de l'est, elle n'a pas eu lieu le 26 mai aux élec­tions eu­ro­péennes. Ce cou­rant a-t-il at­teint son pla­fond de verre ? Ma­rion Ma­ré­chal. Je ne suis pas sûre que les élec­tions eu­ro­péennes soient le meilleur ba­ro­mètre de l’état de conscience po­li­tique d’un pays, car elles souffrent d’un biais so­cio­lo­gique fa­vo­ri­sant le vote des classes su­pé­rieures, les mé­tro­poles et les per­sonnes âgées. Au­jourd’hui, les Fran­çais de plus de 65 ans forment la tranche électorale la plus im­por­tante. D’ailleurs, cette échéance a confir­mé la frac­ture gé­né­ra­tion­nelle puisque 47 % des plus de 65 ans ont vo­té pour Ma­cron. Cette frac­ture peut ex­pli­quer la dif­fi­cul­té à voir émer­ger un pôle plus que l’autre. En ef­fet, une grande par­tie de la gé­né­ra­tion née juste après la guerre et qui a bé­né­fi­cié des Trente Glo­rieuses et de re­traites gé­né­ra­le­ment confor­tables est plu­tôt eu­ro­péiste et de ten­dance cen­triste. Elle n’a vé­cu la guerre que de loin et a bai­gné dans le mythe de L’UE ga­rante de paix. C’est com­pli­qué de faire bou­ger cet élec­to­rat qui a tou­jours en­ten­du le FN, puis le RN se faire as­si­mi­ler au fas­cisme et au na­zisme. Vou­lez-vous dire que le temps – le re­nou­vel­le­ment des gé­né­ra­tions – joue en fa­veur du RN et des mou­ve­ments com­pa­rables ? Pro­ba­ble­ment. Ajou­tons à ce­la que les per­sonnes âgées sont sou­vent plus sen­sibles aux sirènes du « par­ti de l’ordre », par­ti­cu­liè­re­ment bien jouées par Em­ma­nuel Ma­cron qui a vou­lu en­fer­mer les Fran­çais dans un choix scan­da­leux : soit vous êtes pour les gi­lets jaunes, soit vous êtes pour les forces de l’ordre. Je reste convain­cue que le gi­let jaune du rond-point, à la dif­fé­rence du cas­seur d’ex­trême gauche, as­pire aux mêmes choses que le po­li­cier qui fait son tra­vail cor­rec­te­ment. Que disent ces élec­tions de l'état de notre pays ? Elles ont ré­vé­lé un phé­no­mène très in­quié­tant : en ache­vant le cli­vage droite/gauche et en for­çant la re­com­po­si­tion de la vie po­li­tique, Ma­cron a ini­tié une nou­velle lutte des classes : entre ga­gnants et per­dants de la mon­dia­li­sa­tion, classe moyenne/supérieure et classe po­pu­laire, mé­tro­pole et pé­ri­phé­rie. Jus­qu’à pré­sent, on avait une « so­cié­té en si­lo » avec des ins­ti­tu­tions (na­tion, fa­mille) à tra­vers les­quelles le peuple cher­chait jus­te­ment à ré­duire les an­ta­go­nismes so­ciaux. Certes, la gauche ali­men­tait mal­heu­reu­se­ment dé­jà la lutte des classes, mais la fa­mille, la na­tion et tous les corps in­ter­mé­diaires per­met­taient de dé­pas­ser les ten­sions entre classes. En af­fai­blis­sant l’idée de na­tion, Ma­cron a re­mis des an­ta­go­nismes so­ciaux par­tout et nous en­ferme dans une so­cié­té de strates ir­ré­con­ci­liables où cha­cun vote à court terme en fonc­tion de ses in­té­rêts. Mais le conflit so­cial est in­hé­rent à la dé­mo­cra­tie qui n'est pas autre chose que

l'en­ca­dre­ment ci­vi­li­sé des désac­cords ! Certes. Mais si les ques­tions ma­té­rielles sont im­por­tantes dans le dé­bat dé­mo­cra­tique, elles peuvent être dé­pas­sées. D’autres su­jets mo­bi­lisent po­li­ti­que­ment les po­pu­la­tions, no­tam­ment les ques­tions d’iden­ti­té, de sé­cu­ri­té, de trans­mis­sion, de des­ti­née commune. La ver­tu d’ins­ti­tu­tions telles que la na­tion est de dé­pas­ser les an­ta­go­nismes pu­re­ment ma­té­riels et so­ciaux pour créer un fu­tur com­mun à par­tir d’un pas­sé com­mun. Le com­mu­nisme et le so­cia­lisme sont des ma­té­ria­lismes, le centre n’est rien d’autre qu’une tech­no­cra­tie éco­no­mique, pas éton­nant donc que le ci­toyen fi­nisse par ré­duire ses choix po­li­tiques à la ques­tion ma­té­rielle. Il est as­sez amu­sant d'en­tendre une an­cienne dé­pu­tée FN re­gret­ter le cli­vage droite/ gauche ! Ce cli­vage était en tout cas plus sain que le cli­vage so­cial ou gé­né­ra­tion­nel. Seule­ment, il était de­ve­nu illi­sible, voire im­propre de­puis que les par­tis re­ven­di­qués à droite n’étaient plus de droite et que l’al­ter­nance gou­ver­ne­men­tale entre gauche et droite ne se tra­dui­sait par au­cune dif­fé­rence réelle sur tous les su­jets fon­da­men­taux. Ce­la ne si­gni­fie pas pour au­tant que des courants de droite et de gauche ne conti­nuent pas d’ir­ri­guer la vie po­li­tique, sim­ple­ment ils ne cor­res­pondent pas for­cé­ment aux fron­tières par­ti­sanes par­tis. Les élec­teurs ne par­tagent pas tous cet avis : même des bas­tions de droite comme Ver­sailles ou Neuilly ont plé­bis­ci­té LREM plu­tôt que le conser­va­teur Bel­la­my ou le RN… C’est à nuan­cer. 27 % de l’élec­to­rat Fillon de 2017 a en ef­fet ral­lié LREM, une par­tie moins im­por­tante a vo­té RN et une moi­tié s’est abs­te­nue, tout comme la moi­tié de l’élec­to­rat RN et la ma­jo­ri­té des gi­lets jaunes. Sur le fond, il y a un angle mort dans l’élec­to­rat de droite qui ne se re­con­naît ni dans le cen­trisme LREM ni dans le Ras­sem­ble­ment na­tio­nal. Au­jourd’hui, LR ar­rive au bout d’une am­bi­va­lence née de la fusion de la droite gaul­liste et du centre dans L’UMP : le RPR avait les élec­teurs, L’UDF les élus. Ce­la n’a pas chan­gé struc­tu­rel­le­ment avec des élus LR plu­tôt cen­tro-com­pa­tibles comme Gé­rard Lar­cher, qui sont des géants ins­ti­tu­tion­nels, mais des nains élec­to­raux, et un élec­to­rat plu­tôt Rn-com­pa­tible. Je crois à une scis­sion iné­luc­table entre la branche cen­triste qui re­join­dra Ma­cron et l’aile droite de LR qui se­ra inexo­ra­ble­ment conduite à ac­cep­ter une coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale avec le RN si elle veut sur­vivre et être co­hé­rente. Cette droite de LR n'est-elle pas ir­ré­con­ci­liable avec le RN ? Non, car tous les grands cli­vages qui les dis­tin­guaient sont morts. L’op­po­si­tion entre gaul­lisme et an­ti­gaul­lisme re­lève de la né­cro­lo­gie po­li­tique, tout comme l’op­po­si­tion entre libre-échange et pro­tec­tion­nisme.

Pen­dant long­temps, la droite par­le­men­taire a dé­fen­du le pre­mier re­li­gieu­se­ment, par op­po­si­tion au com­mu­nisme. Le prin­cipe du pro­tec­tion­nisme est dé­sor­mais ac­quis dans le dis­cours LR et même à LREM. Même la dis­tinc­tion entre droite lé­gi­ti­miste is­sue de la contre­ré­vo­lu­tion et droite bo­na­par­tiste, ac­quise aux pré­ceptes ré­vo­lu­tion­naires, n’est plus struc­tu­rante comme ce­la fut le cas au xixe siècle. Au pas­sage, tout le monde met les « va­leurs de la Ré­pu­blique » à toutes les sauces, au point que ce terme a été com­plè­te­ment vidé de son sens.

Tout le monde, y com­pris le RN, sous la di­rec­tion de Ma­rine Le Pen, use abon­dam­ment de la rhé­to­rique de la Ré­pu­blique… Quoi qu'il en soit, croyez-vous au­jourd'hui pos­sible cette al­liance que vous ap­pe­lez de vos voeux ?

Nos modes de scru­tin ne per­mettent pas à un par­ti de ga­gner une élec­tion seul, je le re­grette, mais c’est ain­si. J’es­père que la dé­bâcle de LR et la si­tua­tion fran­çaise ac­cé­lé­re­ront ce qui est une né­ces­si­té : l’ap­pa­ri­tion d’un com­pro­mis pa­trio­tique entre dif­fé­rents courants pour évi­ter que Ma­cron conti­nue à mettre en oeuvre son pro­jet pro­gres­siste.

Mais à sup­po­ser que votre point de vue soit ma­jo­ri­taire chez les élec­teurs de droite, ce qui n'est pas sûr, même l'aile droite de LR conti­nue à chan­ter les ver­tus de l'union de la-droite-et-du-centre.

On y re­vient, les élus LR sont pri­son­niers de la struc­ture de leur par­ti. Ils tombent tou­jours dans le piège du « cor­don sa­ni­taire » de François Mit­ter­rand et, bien pire en­core, ils cèdent au ter­ro­risme in­tel­lec­tuel de la gauche. Le jour où la droite ar­rê­te­ra de s’ex­cu­ser et de se faire dic­ter sa conduite par Cohn-ben­dit et Yann Bar­thès, peut-être ar­ri­ve­ra-t-on à avan­cer.

Res­te­ra aus­si à sa­voir si le RN est vrai­ment un par­ti de droite. Quoi qu'il en soit, avant de réu­nir les droites, en­core faut-il un pro­jet sus­cep­tible de ré­pondre aux as­pi­ra­tions des Fran­çais. Ce qui sup­pose de les connaître. Croyez-vous vrai­ment qu'ils veulent plus de com­mun ? Le mou­ve­ment des gi­lets jaunes a plu­tôt été une ré­volte in­di­vi­dua­liste, cen­trée sur des re­ven­di­ca­tions stric­te­ment ma­té­rielles.

Les gi­lets jaunes ne se sont pas can­ton­nés à la jac­que­rie fis­cale du dé­but ni à la ques­tion du pou­voir d’achat. Très vite, ils ont abor­dé la ques­tion de la dé­mo­cra­tie en gé­né­ral avec no­tam­ment la cris­tal­li­sa­tion lé­gi­time au­tour du RIC. C’est la ré­ac­tion des in­vi­sibles de la Ré­pu­blique, dis­qua­li­fiés du dé­bat po­li­tique de­puis long­temps parce qu’on ne comp­ta­bi­li­sait pas leur vote blanc, qu’on mar­gi­na­li­sait ou cri­mi­na­li­sait les par­tis pour les­quels ils vo­taient. Ils ont ex­pri­mé un ma­laise beau­coup plus struc­tu­rel, que j’in­ter­prète comme une re­mise en cause de la dé­mo­cra­tie li­bé­rale au sens phi­lo­so­phique du terme. Sans le for­mu­ler, ils se sont aus­si ré­vol­tés contre une forme de dé­pos­ses­sion, de confis­ca­tion du pou­voir po­li­tique, qu’elle vienne de l’union eu­ro­péenne ou du gou­ver­ne­ment des juges, avec le pou­voir crois­sant du Conseil consti­tu­tion­nel, de la Cour de cas­sa­tion et du Conseil d’état.

De­puis Mon­tes­quieu, on ad­met que le pou­voir doit ar­rê­ter le pou­voir. Ces ins­ti­tu­tions doivent no­tam­ment s'as­su­rer que le gou­ver­ne­ment res­pecte la loi, estce condam­nable ? Se­riez-vous ac­quise à la dé­mo­cra­tie illi­bé­rale de Vik­tor Or­ban ?

Ne me faites pas dire n’im­porte quoi. Évi­dem­ment qu’il doit y avoir des contre-pou­voirs, le pro­blème est que ces ju­ri­dic­tions se mêlent aus­si de cen­su­rer po­li­ti­que­ment le gou­ver­ne­ment. Par ailleurs, il est com­pli­qué d’op­po­ser la règle de droit à un peuple. Parce qu’il se dit : eh ben chan­geons le droit ! Pour en re­ve­nir aux gi­lets jaunes, vous ne pou­vez les taxer d’égoïsme, car ils sont aus­si mus par une grande an­goisse pour l’ave­nir de leurs en­fants.

Nous n'avons pas dit « égoïstes », mais « in­di­vi­dua­listes ».

D’ac­cord. N’em­pêche qu’au­jourd’hui, en France, l’as­cen­seur so­cial est pratiqueme­nt im­mo­bi­li­sé. Nos élites tiennent de grands dis­cours sur l’école de la Ré­pu­blique tout en ins­cri­vant leurs ga­mins dans des écoles pri­vées, où ils sont entre pe­tits Blancs, et où on leur épargne les dé­lires pé­da­go­gistes, pour les pré­pa­rer à HEC ou Sciences-po…

Le mou­ve­ment des gi­lets jaunes a aus­si po­sé la ques­tion brû­lante des in­éga­li­tés entre ter­ri­toires.

Le fond du pro­blème est que l’énar­chie des an­nées 2000, ob­sé­dée par l’idée de faire bonne fi­gure dans la com­pé­ti­tion mon­diale, a dé­ci­dé de concen­trer les ef­forts, les investisse­ments po­li­tiques et les stra­té­gies éco­no­miques sur les grandes mé­tro­poles fran­çaises, dé­vi­ta­li­sant de larges ter­ri­toires. Ré­sul­tat, dans ces mé­tro­poles, les prix ex­plosent et les loyers ab­sorbent pratiqueme­nt 50 % de ce que les gens gagnent ! Et pour les autres, on crée des me­su­rettes, des zones franches, des zones de re­vi­ta­li­sa­tion ru­rale. Mais ça ne marche pas : quelle en­tre­prise vien­drait s’ins­tal­ler dans une ville où il n’y a ni tran­sports, ni bou­lan­ge­rie, ni le moindre ser­vice ? Plu­tôt que d’in­ves­tir dans le Grand Paris, l’état de­vrait s’oc­cu­per des villes in­ter­mé­diaires : ne plus être ob­nu­bi­lé par la France des 12 mé­tro­poles comme Lyon ou Paris, mais vi­ser la France des 100 ou 150 villes in­ter­mé­diaires comme Mâ­con, Bel­fort, Dra­gui­gnan et toutes ces villes en grande per­di­tion, mais qui ont conser­vé suf­fi­sam­ment de ca­pi­tal éco­no­mique, cultu­rel et d’in­fra­struc­tures pour être at­trayantes. Ce­la re­vi­ta­li­se­rait non seule­ment les ter­ri­toires pé­ri­phé­riques de ces villes moyennes, puisque les gens pour­raient vivre à cô­té de leur lieu de tra­vail, mais ce se­rait de sur­croît un gain de pou­voir d’achat →

consé­quent. Ce coup d’ar­rêt à l’ex­ten­sion de la France du vide de­vrait in­ter­ve­nir en même temps que l’ins­tau­ra­tion d’une pro­tec­tion aux fron­tières de notre in­dus­trie et de notre agri­cul­ture, pour­voyeurs d’em­ploi pour ces ter­ri­toires.

Même si la pous­sée électorale en fa­veur D'EELV s'est plu­tôt pro­duite dans les grands centres ur­bains, cette per­cée de l'éco­lo­gie cache-t-elle la né­ces­si­té d'une ré­orien­ta­tion pro­fonde de notre so­cié­té ?

La ques­tion éco­lo­gique est in­con­tes­ta­ble­ment pré­sente dans la conscience des jeunes Fran­çais qui en ont été bi­be­ron­nés à l’école pu­blique, ce qui ne me gêne pas. Mais le dis­cours éco­lo­gique por­té par notre élite po­li­tique em­pêche une adhé­sion mas­sive de la po­pu­la­tion : en ré­su­mé, soit on sauve les gi­lets jaunes, soit on sauve la pla­nète ! Des me­sures comme les taxes sur l’es­sence créent l’exas­pé­ra­tion, car elles sont dé­ci­dées par des gens qui prennent le mé­tro à Paris et pé­na­lisent ceux qui uti­lisent leur voi­ture pour tra­vailler dans un pays qui compte pour presque rien dans les émis­sions mon­diales de gaz à ef­fet de serre. Sur­tout, le dis­cours cli­ma­tique a confis­qué le dis­cours en­vi­ron­ne­men­tal. Le climat ne de­vrait pas nous faire ou­blier l’éco­lo­gie de proximité, beau­coup plus concrète et char­nelle : pro­duits chi­miques, per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens, ges­tion des dé­chets, pesticides, éta­le­ment ur­bain… Ce sont des su­jets qui se gèrent et se traitent bien da­van­tage au ni­veau na­tio­nal et lo­cal alors que nos di­ri­geants sont dé­jà dans le post­na­tio­nal, ex­pli­quant qu’on ne peut trai­ter les ques­tions qu’aux ni­veaux eu­ro­péen et in­ter­na­tio­nal.

Puisque vous êtes si né­ga­tive sur l'union eu­ro­péenne, pour­quoi ne pas dé­fendre le Frexit ?

Je n’ai ja­mais dé­fen­du une sor­tie sèche de l’union eu­ro­péenne. Mais contrai­re­ment aux di­ri­geants de LR, qui ap­pellent à la ré­forme sans en tirer de consé­quences, je dis que L’UE est un sys­tème mal pen­sé, mal conçu, phi­lo­so­phi­que­ment dé­lé­tère et in­apte à fonc­tion­ner parce qu’il est ba­sé sur un men­songe : la pré­ten­due exis­tence d’un peuple eu­ro­péen unique. Il est im­pos­sible de construire une lé­gi­ti­mi­té et une sou­ve­rai­ne­té po­pu­laire, condi­tion de la dé­mo­cra­tie et de l’ef­fi­ca­ci­té po­li­tique, sur la base de peuples aus­si hé­té­ro­gènes qui ont des in­té­rêts po­li­tiques, éco­no­miques, géo­po­li­tiques aus­si di­ver­gents. Sor­tir de l’uto­pie eu­ro­péenne, c’est s’ar­mer psy­cho­lo­gi­que­ment pour dé­fendre les in­té­rêts fran­çais au sein de celle-ci.

Nous in­sis­tons : pour­quoi ne pas car­ré­ment en sor­tir ?

La France n’a pas joué toutes ses cartes au sein de l’union eu­ro­péenne. Il n’est presque ja­mais ar­ri­vé qu’un texte soit adopté sans son aval. Même l’eu­ro a d’abord été por­té par le gou­ver­ne­ment fran­çais alors que nous sommes le pays, avec l’ita­lie, qui en pâ­tit le plus ! Au­jourd’hui, notre voix est lar­ge­ment af­fai­blie au sein de l’union eu­ro­péenne, car Em­ma­nuel Ma­cron donne des leçons à la terre en­tière avec 2 000 mil­liards d’eu­ros de dettes… La pre­mière condi­tion de la res­tau­ra­tion de la voix de la France dans le concert eu­ro­péen se­rait d’être le plus exem­plaire pos­sible sur le plan éco­no­mique, pré­ci­sé­ment parce que ce sys­tème po­li­tique est ba­sé sur l’éco­no­mie.

C'est beau comme du Fillon. Ou même comme du Ma­cron.

Ce n’est pas très ré­vo­lu­tion­naire : quand le gé­né­ral de Gaulle ar­rive aux af­faires à l’is­sue de la Se­conde Guerre mon­diale, il s’at­telle en prio­ri­té à la re­mise en état des fi­nances pu­bliques. « Faites-moi de la bonne fi­nance, je vous fe­rai de la bonne po­li­tique. » C’est la condi­tion pour être libre. Si on est libre éco­no­mi­que­ment, on est crédible aux yeux des autres sans être tri­bu­taire des em­prunts qu’on con­tracte. Le pro­blème est que l’eu­ro fort est un han­di­cap éco­no­mique im­por­tant. Tou­te­fois, la sor­tie de l’eu­ro nous ren­drait po­li­ti­que­ment vul­né­rables aux at­taques des mar­chés fi­nan­ciers et ren­drait les prê­teurs mé­fiants. De plus, la hausse des taux d’in­té­rêt (au­jourd’hui anor­ma­le­ment bas grâce à l’eu­ro) ren­ché­ri­rait le ser­vice de la dette, qui est dé­jà le pre­mier poste de dé­pense… L’eu­ro a plom­bé nos ex­por­ta­tions, mais il a pa­ra­doxa­le­ment per­mis un in­croyable laxisme dans les dé­penses pu­bliques qui nous met au­jourd’hui dans une si­tua­tion dif­fi­cile.

En ce cas, com­ment sor­tir du piège eu­ro­péen ?

La seule so­lu­tion est un ré­équi­li­brage des rap­ports de force ob­te­nu par une coa­li­tion de gou­ver­ne­ments qui en­ga­ge­raient en­semble un bras de fer face à l’al­le­magne. Je pense en par­ti­cu­lier aux pays qui sont les pre­mières vic­times des po­li­tiques de L’UE et qui ont les moyens de ri­pos­ter, no­tam­ment des con­tri­bu­teurs nets du bud­get com­mun comme la France et l’ita­lie. On pour­rait éven­tuel­le­ment créer une conver­gence avec les pays de Vi­se­grad qui ne peuvent pas por­ter seuls la contes­ta­tion, parce qu’ils sont faibles dé­mo­gra­phi­que­ment et bé­né­fi­ciaires nets du bud­get eu­ro­péen. C’est la seule voie per­met­tant à la fois de dé­fendre les in­té­rêts eu­ro­péens et na­tio­naux en re­fu­sant ce no man’s land com­mer­cial, ce marché-monde, ce hall de gare mi­gra­toire qu’est L’UE, et de trans­for­mer l’eu­ro en arme po­li­tique face à l’hé­gé­mo­nie du dol­lar.

Re­ve­nons en France. Comme le montre Jé­rôme Four­quet, plu­sieurs France co­ha­bitent sans se mé­lan­ger : les ban­lieues, la France pé­ri­phé­rique, la France ca­tho­lique, la France des centres-villes… N'est-il pas uto­pique de croire que la na­tion peut en­core les ras­sem­bler ?

Nous sommes confron­tés à un dé­fi po­li­tique in­édit au­quel per­sonne n’a de ré­ponse par­faite. Four­quet dis­tingue trois en­sembles : la France im­mi­grée com­mu­nau­ta­ri­sée, la France des mé­tro­poles, la France des gi­lets jaunes. Il montre que la mas­si­fi­ca­tion des élites

change la donne : jus­qu’alors, les élites re­pré­sen­taient une toute pe­tite par­tie de la po­pu­la­tion, donc leur mode de vie, comme le ser­vice mi­li­taire, les contrai­gnait au quo­ti­dien au bras­sage. Au­jourd’hui, il existe des ter­ri­toires en­tiers où, sur dix, vingt, trente, qua­rante ki­lo­mètres, on ne peut fré­quen­ter que des cadres su­pé­rieurs comme soi. Ce­la crée des usages, des cultures, des as­pi­ra­tions pa­ral­lèles qui ne se re­joignent plus. Ce phé­no­mène in­édit est très pro­fond, mais je conti­nue de pen­ser que la na­tion, la culture, l’his­toire et une stra­té­gie de puissance dans la com­pé­ti­tion mon­diale peuvent être en­core des ré­ponses à ces fa­meux an­ta­go­nismes so­ciaux et ter­ri­to­riaux.

Pour Er­nest Renan, le riche legs de sou­ve­nirs est la garantie de la « vo­lon­té de vivre en­semble ». Dans notre so­cié­té mul­ti­cul­tu­relle où les ten­sions mé­mo­rielles post­co­lo­niales s'ac­croissent et où les Fran­çais par­tagent de moins en moins le pré­sent et l'ave­nir, par­tagent-ils en­core un pas­sé ?

Je suis très in­quiète, parce que je crois fon­da­men­ta­le­ment à l’as­si­mi­la­tion, mais la ma­chine à as­si­mi­ler est en­rayée : pour s’as­si­mi­ler, en­core faut-il y être in­ci­té et pou­voir s’as­si­mi­ler à quel­qu’un ou à quelque chose. Or, il existe des ter­ri­toires où ne vivent que des per­sonnes d’ori­gine étran­gère, qu’elles aient ou non la na­tio­na­li­té fran­çaise. Et quand bien même vous se­riez confron­té au peuple fran­çais his­to­rique ou au­toch­tone, en­core fau­drait-il qu’il vous dise : « J’af­firme être quel­qu’un et j’ai quelque chose à don­ner. » Or, la com­bi­nai­son du nombre – on as­si­mile des in­di­vi­dus, pas des peuples en­tiers –, de l’amné­sie his­to­rique, de la re­pen­tance et du refus de la puissance rend l’as­si­mi­la­tion im­pos­sible. On ne pour­ra peut-être pas y re­mé­dier in­té­gra­le­ment, mais on pour­rait s’at­te­ler à res­tau­rer cette fier­té fran­çaise et fixer des règles d’adhé­sion à la so­cié­té beau­coup plus strictes. La condi­tion préa­lable est évi­dem­ment de stop­per au maxi­mum le nombre de nou­velles ar­ri­vées puis­qu’on a dé­jà du mal à as­si­mi­ler ceux qui sont dé­jà en place.

La dé­mo­cra­tie, c'est la dé­mo­gra­phie…

L’évo­lu­tion dé­mo­gra­phique est la seule chose qui me fait par­fois pen­ser que le com­bat pour la France pour­rait être per­du de­main. Tant que la po­pu­la­tion mu­sul­mane n’est pas ma­jo­ri­taire, il reste des marges de ma­noeuvre. Ceux qui pré­tendent qu’il n’est ab­so­lu­ment pas envisageab­le que la France soit de­main un pays ma­jo­ri­tai­re­ment mu­sul­man sont des aveugles ou des im­bé­ciles. Toutes les sta­tis­tiques le dé­montrent : 18 % des nou­veau-nés portent des pré­noms ara­bo-mu­sul­mans. Il y a qua­rante ans, ce­la n’exis­tait pas. C’est la fa­meuse phrase d’en­gels que cite sans cesse Zem­mour : « À par­tir d’un cer­tain nombre, la quan­ti­té de­vient qua­li­té. » Par ailleurs, je constate qu’à quelques rares ex­cep­tions près, les pays où l’islam est ma­jo­ri­taire sont des théo­cra­ties qui ap­pliquent la cha­ria à des de­grés di­vers. Si ce­la ar­rive chez nous, même nos com­pa­triotes →

mu­sul­mans at­ta­chés à la laïcité, au sys­tème ré­pu­bli­cain, à l’iden­ti­té chré­tienne de la France n’y pour­ront plus rien, car ils se­ront aus­si com­bat­tus.

Pour ré­ta­blir les équi­libres dé­mo­gra­phiques, se­riez-vous fa­vo­rable à la re­mi­gra­tion ?

Je n’ai pas de théo­rie de la re­mi­gra­tion. Il y a d’abord une re­mi­gra­tion na­tu­relle pra­ti­quée par la plupart des pays du monde, mais pas par la France : on ren­voie les étran­gers en­trés avec un vi­sa de tra­vail, mais se re­trou­vant sans em­ploi tout en bé­né­fi­ciant d’aides so­ciales. En­suite, il y a les Fran­çais d’ori­gine étran­gère. Il ne s’agit évi­dem­ment pas de leur im­po­ser de par­tir, il n’est nul­le­ment ques­tion de dis­tin­guer les Fran­çais à par­tir de cri­tères ra­ciaux ou re­li­gieux. Mais s’agis­sant des re­ven­di­ca­tions po­li­ti­co-re­li­gieuses ou com­mu­nau­ta­ristes dans l’espace pu­blic, il faut im­po­ser des règles suf­fi­sam­ment strictes de sorte que les in­di­vi­dus mal à l’aise avec nos moeurs aient en­vie de par­tir. La Ré­pu­blique doit aus­si être ferme avec les investisse­ments mas­sifs dans des pro­jets cultuels ou cultu­rels de pays comme l’arabie saou­dite, le Qatar, l’al­gé­rie ou la Tur­quie. Il y a une of­fen­sive cultu­relle et religieuse étran­gère sur la com­mu­nau­té mu­sul­mane fran­çaise qui contri­bue à l’ar­chi­pel­li­sa­tion de la so­cié­té. Faut-il rap­pe­ler que deux tiers des imams sont étran­gers ?!

Voi­là un dis­cours gé­né­ra­le­ment qua­li­fié de po­pu­liste. Au-de­là de sa charge ve­ni­meuse, le cli­vage po­pu­listes ver­sus pro­gres­sistes qu'a dé­fi­ni Ma­cron est-il dé­nué de per­ti­nence ?

Le mot populisme est uti­li­sé par Ma­cron comme un terme né­ga­tif et in­fa­mant, comme au­tre­fois l’ex­pres­sion « ex­trême droite ». Le mot ne m’effraie au­cu­ne­ment, je pense seule­ment qu’il y a une dif­fé­rence de na­ture entre le pro­gres­sisme et le populisme qui n’est pas un pro­gramme po­li­tique ou une doc­trine, mais plu­tôt un style, pré­sent aus­si bien à gauche qu’à droite. D’ailleurs, ce ne sont pas tant les idées qui réunissent les po­pu­listes, que la dé­non­cia­tion de l’oli­gar­chie, l’ap­pui qua­si exclusif sur les classes po­pu­laires, le chef cha­ris­ma­tique, une conception de la dé­mo­cra­tie plus di­recte que re­pré­sen­ta­tive. Quoi de com­mun si­non entre un Po­de­mos es­pa­gnol, un 5 étoiles italien et le Fi­desz d’or­ban ?

Faut-il al­ler sur ce ter­rain pour battre Em­ma­nuel Ma­cron ?

Le pro­gres­sisme d’em­ma­nuel Ma­cron est une fas­ci­na­tion un peu en­fan­tine pour l’ave­nir conju­gué au mé­pris du pas­sé et à la convic­tion bé­bête que les gé­né­ra­tions à venir sont tou­jours meilleures que celles qui les ont pré­cé­dées. J’y op­po­se­rais donc plu­tôt le conser­va­tisme, bien que ce terme soit lui aus­si, plu­tôt ré­pul­sif en France, car ca­ri­ca­tu­ré à sou­hait. Ma­cron est aus­si l’hé­ri­tier du ra­tio­na­lisme in­té­gral de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise, qui consi­dère que l’éco­no­mie peut idéa­le­ment ré­gu­ler les rap­ports so­ciaux, d’où sa dif­fi­cul­té à intégrer la di­men­sion religieuse, spi­ri­tuelle ou les « fi­dé­li­tés si­len­cieuses » comme la na­tion. Le conser­va­tisme, c’est l’in­verse : une dis­po­si­tion d’es­prit qui tend à vou­loir hum­ble­ment conser­ver et dé­fendre ce dont on a hé­ri­té et ce qui nous est cher – nos moeurs, nos tra­di­tions, nos sa­voir-faire, nos pay­sages, une cer­taine vi­sion de l’homme, notre biodiversi­té…

François-xa­vier Bel­la­my l'in­car­nait as­sez bien. Son échec n'est-il pas la preuve que ce conser­va­tisme est plus que mi­no­ri­taire ?

Même si j’ai de la sym­pa­thie pour l’homme, je n’ai ja­mais pen­sé qu’il fe­rait un bon score. Bel­la­my est le bouc émis­saire fa­cile de la dé­faite pour LR. À part dans cer­tains cercles, il était peu connu des Fran­çais, qui n’ont peut-être pas iden­ti­fié sa spé­ci­fi­ci­té idéo­lo­gique. Il a payé les votes scan­da­leux du PPE au par­le­ment eu­ro­péen, l’in­co­hé­rence de sa liste, le vote utile pour Ma­cron, le­quel a su réu­nir les forces pro­gres­sistes alors que les forces conser­va­trices, que je crois au contraire ma­jo­ri­taires dans le pays, sont dis­lo­quées et di­vi­sées. Puisque dans tout mal, il y a du bien, Ma­cron a forcé les LR, par leur dé­con­ve­nue, à se cla­ri­fier.

Si le par­ti choi­sit de se re­cen­trer comme on le pressent, votre belle construc­tion tombe à l'eau…

C’est ce que fe­ront ceux qui ont dé­jà tout tra­hi. Quelle dif­fé­rence au­jourd’hui entre Jup­pé, Pé­cresse, Raf­fa­rin et LREM ? Il est sou­hai­table que la grande cla­ri­fi­ca­tion se fasse.

Avec sa cri­tique de L'ENA et des grands corps de l'état, Ma­cron n'est-il pas un peu po­pu­liste ?

Sur cette ques­tion pré­cise, il l’est plus que moi, car je ne suis pas pour la sup­pres­sion pure et simple de L’ENA. Il n’est pas ab­surde d’avoir une école qui forme les hauts fonc­tion­naires, reste à sa­voir com­ment on les forme. Le mal de L’ENA vient plu­tôt du prêt-à-pen­ser et du confor­misme idéo­lo­gique, mais aus­si du fait que les hauts fonc­tion­naires puissent faire de la po­li­tique en conser­vant leur avan­ce­ment et sans avoir à dé­mis­sion­ner de leur corps d’état, ou puissent pan­tou­fler dans les grandes in­dus­tries fran­çaises, alors qu’ils ne sont pas for­més à ce­la, par simple co­pi­nage avec le pou­voir. Ce­pen­dant, le même for­ma­tage est mal­heu­reu­se­ment à l’oeuvre dans une grande par­tie du sys­tème uni­ver­si­taire fran­çais et des grandes écoles. Dans les an­nées à venir, à cause de l’en­tou­rage de Ma­cron, on n’au­ra plus l’énar­chie mais l’« He­ces­se­rie » : le pe­tit ver­nis cultu­rel que conser­vaient les di­plô­més de Sciences-po et de L’ENA dis­pa­raî­tra avec le règne des mar­ke­teurs, des fi­nan­ciers. Du reste, les écoles de com­merce ne sont pas dé­nuées d’idéo­lo­gie. C’est pour ap­por­ter une bouf­fée d’oxy­gène dans cet étouf­fe­ment in­tel­lec­tuel gé­né­ral que j’ai créé l’is­sep. Nous es­sayons de pal­lier les ca­rences pé­da­go­giques, no­tam­ment en culture gé­né­rale. De Gaulle di­sait que la vé­ri­table école du com­man­de­ment est la culture gé­né­rale, qui per­met de dis­cer­ner l’es­sen­tiel de l’ac­ces­soire. Au­jourd’hui, on a une conception très uti­li­ta­riste de l’éducation, qui forme des ex­perts sans vi­sion trans­ver­sale. Les com­pé­tences sont in­dis­pen­sables, mais la culture gé­né­rale n’est pas seule­ment un moyen de briller en so­cié­té. Ce­la per­met de por­ter une vi­sion glo­bale, et sur le long terme, es­sen­tielle pour des gens qui ont la pré­ten­tion de gou­ver­ner un pays.

À moins de 30 ans, vous avez dé­jà eu plu­sieurs vies, dont celle de dé­pu­tée. En­vi­sa­gez-vous de ne ja­mais re­ve­nir en po­li­tique ?

Non. Je n’ai pas en­vie à mon âge de prendre des décisions dé­fi­ni­tives, dans un sens ou dans l’autre. Si je me passe as­sez bien de la po­li­tique, je n’ar­rive pas à être in­dif­fé­rente à l’état de la France. J’es­saie de ser­vir mon pays très hum­ble­ment, à mon pe­tit ni­veau avec l’is­sep. Pour le mo­ment, je m’épa­nouis dans ce pro­jet en­tre­pre­neu­rial qui j’es­père me sur­vi­vra et me dé­pas­se­ra.

Reste que, si on vous écoute, on conclut qu'il faut un Ma­cron pour réa­li­ser l'al­liance des droites que vous ap­pe­lez de vos voeux. Vous sen­tez-vous taillée pour le job ? Après la dé­con­fi­ture électorale et le dé­part de Wau­quiez, il y a un élec­to­rat qui cherche de nou­veaux vi­sages. Cer­tains mur­murent que ce pour­rait être le vôtre.

Comme je l’ai dit ré­cem­ment, il s’agit là d’une course de fond, il est ab­surde de sa­voir qui peut pas­ser la ligne d’ar­ri­vée alors que l’équipe de dé­part n’est même pas consti­tuée. Par ailleurs, une per­sonne qui se sen­ti­rait spon­ta­né­ment taillée pour un tel job ou qui en rê­ve­rait la nuit est, se­lon moi, soit folle, soit ter­ri­ble­ment va­ni­teuse. •

An­cienne dé­pu­tée FN, Ma­rion Ma­ré­chal est di­rec­trice de l'is­sep.

Her­vé Morin, François-xa­vier Bel­la­my et Laurent Wau­quiez en mee­ting à Lyon, 21 mai 2019.

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