Ve­ne­zue­la : le crime ne paie plus

Causeur - - Sommaire N° 69 – Juin 2019 - Par Gil Mi­hae­ly

L’éco­no­mie et la so­cié­té vé­né­zué­liennes n’en fi­nissent plus de s’ef­fon­drer. Cette des­cente aux en­fers pro­duit des ef­fets plu­tôt in­at­ten­dus, comme la chute du nombre de crimes vio­lents, no­tam­ment as­sas­si­nats et vols à main ar­mée. Jus­qu’il y a peu un des pays les plus vio­lents au monde, avec 54 as­sas­si­nats pour 100 000 ha­bi­tants en 2012 et plus du double à Ca­ra­cas, le Ve­ne­zue­la a vu sa cri­mi­na­li­té bais­ser de près de 39 % ces trois der­nières an­nées. Morgues et articles de presse rap­portent la dé­crue du nombre de meurtres et de kid­nap­pings, no­tam­ment en rai­son du prix exor­bi­tant des armes à feu. Dans la ré­pu­blique bo­li­va­rienne de Ni­co­las Ma­du­ro, où le sa­laire mi­ni­mum est de 8 dol­lars par mois, il faut comp­ter 800 dol­lars pour un re­vol­ver et un dol­lar pour chaque balle de ca­libre 0,38. Le cal­cul est vite fait : un re­vol­ver coûte l’équi­valent de huit ans de tra­vail ! L’ap­pât du gain pour­rait pous­ser cer­tains à in­ves­tir dans les armes… Mais l’ex­trême pau­vre­té re­froi­dit les plus cy­niques : pas­sants et au­to­mo­bi­listes ne portent au­cun ob­jet de va­leur et ne valent donc pas une balle. Cette em­bel­lie sé­cu­ri­taire sou­lage quelque peu des Vé­né­zué­liens éprou­vés par la crise et ac­cou­tu­més de­puis long­temps à un ni­veau dé­li­rant de vio­lence. Mais les pays voi­sins ne gagnent pas au change : comme de nom­breux ha­bi­tants du pays, les cri­mi­nels rui­nés tentent d’émi­grer… •

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