France In­ter passe le bac

Causeur - - SOMMAIRE - Par Alexis Bru­net

Se­lon un vieux cli­ché, les en­sei­gnants pro­fèrent de temps en temps des gros­siè­re­tés telles que « le ni­veau baisse » ou « c’était mieux avant ».

Ces re­lents conser­va­teurs au­raient-ils fait tache d’huile ? Même France In­ter y cède à mi-voix. Sur son site in­ter­net, la très pro­gres­siste ra­dio d’état rap­porte que des pro­fes­seurs ont dé­non­cé des pres­sions de leur hié­rar­chie pour re­haus­ser les faibles moyennes du bac en contrôle conti­nu. Les folles ru­meurs osant pré­tendre que des notes se­raient dé­jà tra­fi­quées lors des exa­mens du bre­vet des col­lèges ou du bac­ca­lau­réat se­raient donc fon­dées.

Pour­tant chantre du camp du Bien, la se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe du SNES as­sure que des en­sei­gnants lui ont confié avoir été vic­times de chan­tage de la part de leurs su­pé­rieurs afin d’of­frir le bac aux cancres. Sous cou­vert d’ano­ny­mat, une en­sei­gnante af­firme que son pro­vi­seur lui a de­man­dé de créer de faux de­voirs avec des notes cor­rectes. Une or­gie de bien­veillance. « C’est une mé­thode qui est très in­juste. Des élèves ont énor­mé­ment tra­vaillé et d’autres n’ont rien fait de l’an­née », s’est in­di­gnée la cou­ra­geuse ano­nyme. « Il y a dé­jà près de 90 % de réus­site au bac. Soyons fous : on va at­teindre les 95 % », s’of­fusque un pro­fes­seur d’his­toire. Si sa pu­deur l’em­pêche de cra­cher le mor­ceau à l’an­tenne, France In­ter sug­gère que l’école de la bien­veillance fa­vo­rise les glan­deurs ac­cros aux va­cances pro­lon­gées. La pre­mière ra­dio de France vi­re­rait-elle ré­ac ? •

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