Ny­kios, chien dé­tec­teur de can­cer

City Pattes - - CHIENS & CHATS -

Sou­ve­nez-vous de Ny­kios ! Ce ber­ger belge ma­li­nois fut l’un des neuf lau­réats des Tro­phées des chiens Hé­ros dé­cer­nés à Pa­ris en dé­cembre der­nier. Sa ca­té­go­rie : chien dé­tec­teur de ma­la­die. Grâce à son odo­rat très dé­ve­lop­pé Ny­kios dé­tecte les tu­meurs can­cé­reuses. Nous avons in­ter­ro­gé Pierre Bauër, chef de pro­jet Kdog : un pro­gramme de re­cherche du dé­pis­tage du can­cer re­po­sant sur l’odo­rat ca­nin. Il nous parle de cette mé­thode to­ta­le­ment in­no­vante de dé­tec­tion pré­coce du can­cer du sein.

Ci­ty-pattes : Qu’est-ce que le pro­jet Kdog ?

Pierre Bauër : Il s’agit d’un test de dé­pis­tage pré­coce, simple et peu oné­reux du can­cer du sein. Le pro­jet Cu­rie. Lors de son Doc­to­rat en Sciences elle a tra­vaillé sur les odeurs émises par les plaies tu­mo­rales. Elle a alors ima­gi­né uti­li­ser ces odeurs comme bio­mar­queurs du can­cer et réus­sir à les dé­tec­ter bien avant l’ap­pa­ri­tion des plaies tu­mo­rales pour en faire un diag­nos­tic du can­cer du sein. Une nou­velle mé­thode qui pour­rait être une al­ter­na­tive à la mam­mo­gra­phie, seul exa­men de dé­pis­tage uti­li­sé au­jourd’hui. Seule­ment voi­là…, cette odeur est in­dé­tec­table par l’homme, d’où l’idée de re­cou­rir à l’odo­rat ca­nin. Isa­belle s’est alors en­tou­rée de soi­gnants, de pa­tho­lo­gistes, de chi­mistes, d’ex­perts cy­no­philes et d’édu­ca­teurs ca­nins pour mettre le for­mi­dable odo­rat des chiens au ser­vice du pro­grès mé­di­cal.

Ci­ty-pattes : Quels sont ses ob­jec­tifs ?

Pierre Bauër : L’idée du pro­jet Kdog est de pro­po­ser un dé­pis­tage pré­coce et non in­va­sif du can­cer du sein à des per­sonnes qui ne pour­raient pas ou ne vou­draient pas pas­ser une mam­mo­gra­phie : dé­serts mé­di­caux, han­di­cap, re­fus de se sou­mettre aux rayons X. Pa­ral­lè­le­ment à ce constat, il existe de nom­breux pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment, en Afrique no­tam­ment, dans les­quels le can­cer du sein n’est pas diag­nos­ti­qué faute de bud­get né­ces­saire pour s’équi­per en mam­mo­graphes. Notre deuxième in­ten­tion est donc d’étendre dé­tec­té pré­co­ce­ment per­met un meilleur diag­nos­tic, un choix plus im­por­tant des trai­te­ments ain­si qu’une plus grande chance de gué­ri­son.

Ci­ty-pattes : Comment le test se dé­roule t-il ?

Pierre Bauër : Bien évi­dem­ment, il est hors de ques­tion d’em­me­ner les chiens dans les hô­pi­taux pour les mettre en contact avec les ma­lades. Cette odeur s’ex­pri­mant aus­si dans la sueur, on va de­man­der à une pa­tiente de por­ter une com­presse sur son sein pen­dant toute une nuit. Le len­de­main, la com­presse im­pré­gnée de sueur se­ra en­voyée dans le centre de for­ma­tion des chiens près de Reims pour y être pour leur ex­cel­lente ap­ti­tude au tra­vail. For­més dès l’âge de 18 mois, ils suivent une for­ma­tion d’en­vi­ron 6

Ci­ty-pattes : Que se passe t-il en cas de test po­si­tif ?

Pierre Bauër : Il est im­por­tant de pré­ci­ser que ce test n’a pas la vo­ca­tion de rem­pla­cer une mam­mo­gra­phie. Il se si­tue peut évi­dem­ment pas ca­rac­té­ri­ser le can­cer. En cas de test po­si­tif, la pa­tiente se­ra di­ri­gée vers une

Ci­ty-pattes : Ce test peut-il s’étendre à d’autres types de can­cer ?

Pierre Bauër : Ac­tuel­le­ment le test porte sur le can­cer du sein mais il peut par­fai­te­ment être en­vi­sa­gé sur d’autres types de can­cers, comme ce­lui des ovaires par exemple.

Ci­ty-pattes : Quand pour­ra t’on dis­po­ser de ce test de dé­pis­tage ?

Pierre Bauër : Au­jourd’hui, on ne peut pas en­core pro­po­ser ce test de dé­pis­tage. Nous ve­nons juste de ter­mi­ner la phase de preuve de concept qui a dé­mon­tré les com­presses saines de celles por­teuses de mar­queurs tu­mo­raux. En sep­tembre 2018, nous al­lons dé­mar­rer la phase de l’étude cli­nique qui s’ap­puie­ra sur une sé­lec­tion de 300 femmes vo­lon­taires. Il s’agit, en pre­nant en compte un pa­nel plus im­por­tant, de va­li­der la sen­si­bi­li­té du pro­jet Kdog. A terme, si les ré­sul­tats sont pro­bants, le test pour­ra tout à fait être pres­crit ou de­man­dé par le pa­tient.

Je pro­fite de cet en­tre­tien pour lan­cer un ap­pel gé­né­ral à la po­pu­la­tion ! Nous avons be­soin de femmes vo­lon­taires pour en­trai­ner les chiens à dé­tec­ter les com­presses.

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