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LA BAISSE N’EST PLUS EX­CLUE

Si le prix de la pierre reste pour l’heure en lé­gère hausse, les sombres pers­pec­tives éco­no­miques du pays font pe­ser la me­nace d’un re­tour­ne­ment de ten­dance d’ici à un an.

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Après deux mois de confi­ne­ment et une ac­ti­vi­té com­plè­te­ment mise à l’ar­rêt, le mar­ché de l’im­mo­bi­lier est en train de vivre une étape im­por­tante de son his­toire. Pen­dant des an­nées, le prix de la pierre n’a ces­sé d’aug­men­ter. La crise sa­ni­taire a plus que se­coué cette dy­na­mique. Pour­tant, les der­nières sta­tis­tiques of­fi­cielles, celles des no­taires, n’at­testent pas d’une baisse des prix. Ils ont même aug­men­té : au deuxième tri­mestre, les lo­ge­ments an­ciens ont grim­pé de 5,7 % en rythme an­nuel, se­lon le der­nier in­dice No­taires-In­see pu­blié le 10 sep­tembre der­nier. «L’en­goue­ment des Fran­çais pour la pierre s’est en­core confir­mé, ce qui a évi­té une baisse des prix», ex­plique le no­taire pa­ri­sien Thier­ry De­le­salle. Et les ré­seaux d’agences d’abon­der en as­su­rant que les ache­teurs pré-confi­ne­ment se sont bous­cu­lés sur le mar­ché tout comme de nou­veaux ache­teurs post-confi­ne­ment, sou­cieux de trou­ver un lo­ge­ment plus confor­table. Mais der­rière cet op­ti­misme, force est de consta­ter que le ton a chan­gé en cette ren­trée.

On note par exemple que l’in­tou­chable mar­ché pa­ri­sien – ce­lui où l’offre dé­passe de­puis tou­jours la de­mande – s’est cal­mé. «La hausse an­nuelle des prix de­vrait se mo­dé­rer dans la ca­pi­tale», es­timent pu­di­que­ment les no­taires. Certes, con­trai­re­ment aux idées qui cir­culent, l’exode mas­sif des Pa­ri­siens n’est pas d’ac­tua­li­té. «L’en­vie de jar­din, de bal­con et de ter­rasse se ma­ni­feste dans les re­cherches ef­fec­tuées au­près de nos agences et dans les vi­sites qui suivent. En re­vanche, quand il s’agit de concré­ti­ser l’achat, c’est net­te­ment plus mar­gi­nal», confie Yann Jé­han­no, pré­sident de La­fo­rêt.

Les banques poin­tées du doigt

Pour­tant, des pers­pec­tives de baisse au ni­veau na­tio­nal de­viennent réelles et cer­tains n’ont plus peur de la chif­frer. Ain­si, Tho­mas Le­febvre, char­gé des études du site MeilleursA­gents, ne parle pas «d’ef­fon­dre­ment des prix», mais pa­rie sur une baisse de l’ordre de 1 % d’ici à un an. Pour Marc Toua­ti, éco­no­miste et pré­sident du ca­bi­net Ac­de­fi, il faut s’at­tendre à une chute bien plus consé­quente : «Nous an­ti­ci­pons une baisse de l’ordre de 20 % des prix im­mo­bi­liers en moyenne sur le ter­ri­toire fran­çais (et no­tam­ment dans les grandes villes où la bulle est la plus forte) au cours des deux pro­chaines an­nées», avance-t-il dans une tri­bune pu­bliée par Ca­pi­tal. Pour beau­coup, si le mar­ché semble mon­trer des signes d’es­souf­fle­ment, c’est en rai­son du com­por­te­ment trop ri­gide des banques. D’après le cour­tier VousFi­nan­cer, la part des dos­siers de de­mande de cré­dit re­fu­sés a at­teint 10,7 %, soit le double de ce qui se pra­ti­quait en 2019. Les sombres pers­pec­tives éco­no­miques, no­tam­ment sur le front du chô­mage, les poussent à ap­pli­quer à la lettre la règle des 33 % – c’est-à-dire que l’en­det­te­ment des mé­nages ne dé­passe pas un tiers de leurs re­ve­nus – mais aus­si à aban­don­ner les prêts d’une du­rée su­pé­rieure à 25 ans. Au­tant de cri­tères qui ex­cluent du mar­ché les mé­nages les plus mo­destes, au pre­mier rang des­quels fi­gurent les pri­mo-ac­cé­dants. ■

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Dans la ca­pi­tale, les prix des lo­ge­ments sont loin de s’ef­fon­drer, au contraire, ils conti­nuent même à aug­men­ter.

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