«L’ES­POIR EST LA SEULE SO­LU­TION»

CNEWS - Bordeaux - - CULTURE -

Une cu­rio­si­té en éveil. Phi­lippe Labro a re­plon­gé dans ses car­nets Mo­les­kine, noir­cis au fil du temps, pour don­ner vie à une com­pi­la­tion de textes bâ­tis sur ses sou­ve­nirs et des ci­ta­tions gla­nées au fil de ses lec­tures. Avec J’irais nager dans plus de ri­vières, l’écri­vain livre un jo­li hymne à l’exis­tence, aux plai­sirs simples, et aux ren­contres, ci­ment de ses mé­tiers de jour­na­liste, pa­ro­lier et réa­li­sa­teur.

Pour­quoi avez-vous écrit ce livre ? J’ai re­lu mes car­nets Mo­les­kine, sé­lec­tion­nant une cen­taine de ci­ta­tions. J’ai vu qu’elles pour­raient ser­vir pour construire cet «iti­né­raire d’une vie d’un cu­rieux de la vie». Ce livre m’at­ten­dait de­puis un mo­ment. Le temps était ve­nu.

Vous ren­dez hom­mage au jour­na­lisme de ter­rain. Est-il en dan­ger ? Le jour­na­lisme de ter­rain n’est pas mort. Il y au­ra tou­jours des femmes et des hommes at­ti­rés par l’in­con­nu, le dan­ger, la cu­rio­si­té des lieux et des gens. Le jour­na­lisme vé­ri­table ne se pra­tique pas as­sis de­vant un or­di­na­teur, mais de­bout, dans l’évé­ne­ment. «On ne peut pas déses­pé­rer tout le temps», écri­vez-vous ?

On peut re­gar­der la vie et le monde avec ef­froi, mais il faut sa­voir ai­mer, voya­ger, écou­ter de la mu­sique, voir les en­fants gran­dir, écou­ter le chant d’un torrent.

C’est un choix. Le déses­poir ne sert à rien. L’es­poir est notre seule so­lu­tion.

A l’ère des ré­seaux so­ciaux, doit-on se sou­ve­nir pour avan­cer ? L’ac­tua­li­té a be­soin que l’on se ré­fère à

la mé­moire du monde. Les ré­seaux so­ciaux n’ont pas de mé­moire. C’est ce­la qui rend leur con­te­nu aus­si éphé­mère et sou­vent su­per­fi­ciel. ■

J’irais nager dans plus de ri­vières, de Phi­lippe Labro, éd. Gal­li­mard.

L’écri­vain et jour­na­liste rouvre ses car­nets de notes pour les par­ta­ger.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.