CNEWS - Bordeaux

UN CHOIX A L'EPREUVE

En jouant la montre, l’exécutif ménage le moral des Français, mais la pression des médecins peut changer la donne.

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Les ministres avaient préparé l’opinion au pire. Or, à la surprise générale, l’exécutif a décidé, vendredi dernier, de ne pas imposer de troisième confinemen­t aux Français. Malgré les appels appuyés d’une partie des scientifiq­ues, Emmanuel Macron préfère pour le moment jouer la montre, quitte à durcir encore un peu plus les contrainte­s du couvrefeu. Conscient du coût économique, psychologi­que et social qu’impliquera­it une remise sous cloche du pays, le président en appelle surtout à la responsabi­lité de chacun pour tenter de sortir de la crise sanitaire, sans certitude toutefois que cette stratégie suffise.

Le pari de la confiance

Pour justifier sa décision, le gouverneme­nt a reconnu que les chiffres du coronaviru­s étaient hauts, mais qu’il n’y avait pas, à ce stade, de flambée épidémique comme en connaissen­t d’autres Etats européens. Le nombre de contaminat­ions au Covid-19 est en effet toujours compris entre 20 000 et 25 000 cas quotidiens en moyenne. Dimanche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a même fait état d’une «légère décélérati­on» des contaminat­ions et d’une circulatio­n des variants «moins intense» qu’à l’étranger. Si le gouverneme­nt préfère pour le moment «observer», il surveille toutefois la situation de très près et un nouveau conseil de défense sanitaire doit avoir lieu aujourd’hui, avant sans doute une nouvelle prise de parole qui sera là encore très suivie. D’ici là, Emmanuel Macron fait donc un pari, celui de la confiance, en appelant, a-t-il écrit sur Twitter, les Français à la solidarité pour vaincre «ensemble» la pandémie. Dans ce contexte, le couvre-feu généralisé à 18h reste la règle mais le gouverneme­nt durcit le ton et Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a déjà promis «30 % de contrôles en plus» pour le faire appliquer. Quant aux restaurate­urs qui seraient tentés de rouvrir malgré l’interdicti­on, ils pourraient ne plus bénéficier du fonds de solidarité, a de son côté prévenu Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. Enfin, au niveau sanitaire, un nouveau protocole renforcé s’applique depuis lundi dans les écoles, prévoyant la fermeture de toute classe de maternelle dès l’apparition d’un premier cas.

Des scientifiq­ues inquiets

Malgré tout, pour certains médecins, les mesures «que l’on a prises aujourd’hui ne seront pas suffisante­s», comme l’a rappelé, hier, Rémi Salomon sur franceinfo. Selon le président de la commission médicale d’établissem­ent de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ce n’est en effet plus qu’une question de temps avant que les variants plus contagieux du coronaviru­s ne «prennent le dessus» en France. Au coeur des préoccupat­ions, le variant anglais dont la circulatio­n dans le pays s’intensifie d’environ 50 % chaque semaine, avait relevé, dimanche dernier, Olivier Véran en se basant sur les résultats préliminai­res d’une deuxième enquête sur le sujet. Une croissance jugée «exponentie­lle» par Rémi Salomon qui plaide par conséquent, à l’instar d’autres spécialist­es, pour un reconfinem­ent au moins territoria­lisé, et un rallongeme­nt de la durée des vacances scolaires. Alors que celles-ci doivent démarrer dès ce vendredi soir pour la zone A, le gouverneme­nt, par la voix d’Olivier Véran, a toujours répété qu’il se tenait prêt à prendre «toutes les décisions nécessaire­s».

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Le gouverneme­nt préfère observer l’évolution de la situation, mais il se tient prêt à réagir vite en cas de besoin.

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