DES LEA­DERS POUR LE CLI­MAT

Plus de soixante di­ri­geants sont réunis pour s’en­ga­ger à faire de réels ef­forts, alors que leur im­mo­bi­lisme est cri­ti­qué.

CNEWS - Cote d'Azur - - GRAND ANGLE -

Moins de pa­roles, plus de concret. Tel est en sub­stance le mes­sage que sou­haite faire pas­ser le se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU, An­to­nio Gu­terres, aux di­ri­geants in­ter­na­tio­naux, au su­jet du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Une soixan­taine d’entre eux (dont Em­ma­nuel Ma­cron et An­ge­la Mer­kel) se re­trouvent au­jourd’hui à New York, pour un som­met spé­cial des Na­tions unies sur le cli­mat. «Nous sommes en train de perdre la course», a ré­cem­ment aler­té l’an­cien Pre­mier mi­nistre por­tu­gais (entre 1995 et 2002). Ce­lui-ci a donc pris l’ini­tia­tive de convo­quer ce som­met in­ter­na­tio­nal, afin de faire pres­sion sur les Etats pour qu’ils ac­cé­lèrent leurs ef­forts de ré­duc­tion des émis­sions de gaz à ef­fet de serre, pour l’ins­tant lar­ge­ment in­suf­fi­sants.

Des actes at­ten­dus

Les chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment pré­sents à New York ont été som­més par le se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU de ve­nir avec des «plans concrets et réa­listes». No­tam­ment pour at­teindre la neu­tra­li­té car­bone d’ici à 2050. Un prin­cipe qui consiste pour un pays à ne pas émettre plus de gaz à ef­fet de serre qu’il ne peut en ab­sor­ber, via par exemple les fo­rêts et les sols. Pour­quoi un tel coup de pres­sion ? Car, se­lon une étude pu­bliée en oc­tobre 2018, mal­gré les pro­messes af­fi­chées, seuls 16 Etats (sans la France) ont mis en place des po­li­tiques à hau­teur de leurs en­ga­ge­ments de ré­duc­tion des émis­sions de CO , pris dans

2 le cadre de l’ac­cord de Pa­ris sur le cli­mat, si­gné en 2015 par 195 Etats. Et même si tous les pays res­pec­taient leurs ob­jec­tifs, le ré­chauf­fe­ment aug­men­te­rait de 3 à 4 °C, par rap­port à l’ère pré­in­dus­trielle, d’ici à 2100, loin des 2 °C (voire 1,5 °C) ins­crits dans l’ac­cord de Pa­ris. An­to­nio Gu­terres ré­clame donc que les Etats re­voient à la hausse leurs en­ga­ge­ments le plus vite pos­sible, car le temps presse, les études alar­mantes sur le chan­ge­ment cli­ma­tique se mul­ti­pliant. Se­lon le chef de l’ONU, un nombre «très si­gni­fi­ca­tif» d’Etats de­vraient an­non­cer à New York l’adop­tion de l’ob­jec­tif de neu­tra­li­té car­bone à l’ho­ri­zon 2050. Mais a prio­ri pas les plus gros émet­teurs, comme les Etats-Unis et le Bré­sil, dont les pré­si­dents cli­ma­tos­cep­tiques Do­nald Trump et Jair Bol­so­na­ro ne fe­ront même pas le voyage dans la «Grosse Pomme».

La jeu­nesse très im­pli­quée

En pa­ral­lèle de l’ONU, les ci­toyens eux­mêmes, en par­ti­cu­lier les jeunes, n’ont ja­mais mis au­tant les gou­ver­ne­ments face à leurs res­pon­sa­bi­li­tés en ma­tière de lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique. Comme en té­moignent les mois de ma­ni­fes­ta­tions, chaque ven­dre­di, des ly­céens et étu­diants du monde en­tier. Un mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion ini­tié par la mi­li­tante sué­doise de 16 ans Gre­ta Thun­berg, mar­qué éga­le­ment par une troi­sième «grève sco­laire» mon­diale, ven­dre­di, dans plus de 160 pays, à la­quelle ont par­ti­ci­pé quatre mil­lions de per­sonnes se­lon les or­ga­ni­sa­teurs. Le len­de­main, 500 jeunes lea­ders étaient réunis à New York par l’ONU, pour le pre­mier som­met de la jeu­nesse sur le cli­mat. «Nous avons mon­tré ce que nous pou­vons faire, et c’est main­te­nant à eux [les di­ri­geants in­ter­na­tio­naux] de mon­trer ce qu’ils peuvent faire», a lâ­ché Gre­ta Thun­berg. Comme un dé­fi lan­cé aux adultes par la nou­velle gé­né­ra­tion. ■

Le se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU sou­hai­te­rait que les pays membres at­teignent la neu­tra­li­té car­bone d’ici à 2050.

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