Sauer 404 Syn­chro XTC

UNE CURE AMAIGRISSA­NTE ET DE BEAU­TÉ NOM­MÉE CAR­BONE

Connaissance de la Chasse - - Nouvelle Carabine - par Laurent Be­du (texte)

En mars 2015, Sauer a dé­voi­lé la 404, une arme haut de gamme, tech­nique, dé­mon­table et mo­du­laire au moyen d’une seule et même pe­tite clé Al­len lo­gée dans la gre­na­dière avant. Cette ca­ra­bine ar­rive au­jourd’hui dans une robe en car­bone qui lui fait perdre 650 g et pe­ser seule­ment… 2,75 kg !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j’aime les belles ca­ra­bines clas­siques, les an­ciennes Mau­ser 66, sur­tout en ver­sion SM, les élé­gantes et fines Mann­li­cher-Schoe­nauer en 6,5x54, les pre­mières Win­ches­ter 70, les Mau­ser 98 ci­viles type A ou B et les ca­ra­bines à ver­rou cus­tom ou ar­ti­sa­nales à crosse an­glaise droite et joue ronde. Seule­ment voi­là, j’aime aus­si les ca­ra­bines tech­niques, mo­du­laires, dé­mon­tables et mo­dernes. Des ca­ra­bines si per­fec­tion­nées qu’on les ap­pelle par­fois pé­jo­ra­ti­ve­ment « armes d’in­gé­nieurs ». La Sauer 404, dé­voi­lée en 2015, rem­plis­sait tous mes cri­tères. À la fois clas­sique et élé­gante, elle était sur­tout dé­mon­table, mo­du­laire, pra­tique et ré­so­lu­ment mo­derne. Une ca­ra­bine pensée pour le chas­seur sur la­quelle, à la dif­fé­rence des ca­ra­bines d’in­gé­nieurs, il n’y avait pas de fonc­tion gra­tuite ou gadget, chaque in­no­va­tion cor­res­pon­dant à un be­soin réel et ayant un rôle pré­cis sur le ter­rain. Et il semble que je ne sois pas le seul à être ar­ri­vé à ces conclu­sions puis­qu’en dé­pit de son po­si­tion­ne­ment haut de gamme et de son prix éle­vé, cette arme a réus­si son en­trée sur le mar­ché fran­çais. Mais pour sé­duire la grande ma­jo­ri­té des chas­seurs fran­çais, il lui man­quait en­core un pe­tit quelque chose : une ver­sion light. Pour­quoi ? Parce que la France est, de­puis des an­nées dé­jà, le pays de l’al­lé­gé. Une va­riante de l’ex­cep­tion cultu­relle fran­çaise. Au- cune autre nation n’est aus­si re­gar­dante que la nôtre, aus­si exi­geante en termes de poids. Là où un chas­seur al­le­mand va ac­cep­ter un fu­sil de 3,3 kg sans bron­cher, pour peu que la mé­ca­nique soit belle et fiable, un Fran­çais exi­ge­ra 300 g de moins. Là où un Scan­di­nave

to­lé­re­ra une ca­ra­bine de 4 kg avec sa lu­nette, nous cher­che­rons à ap­pro­cher les 3,5 kg seule­ment. Et le tout avec de jo­lis bois s’il vous plaît ! Ce par­ti­cu­la­risme a contraint nombre de fa­bri­cants eu­ro­péens à créer une gamme spé­ci­fique au mar­ché fran­çais, qui est aus­si en vo­lume le premier mar­ché du Vieux conti­nent. C’est pour nous aus­si qu’ont été créées les fausses veines, qu’il s’agisse de films ou de brû­lages la­ser, afin de nous of­frir des armes lé­gères avec des bois à l’as­pect flat­teur. Mal­gré cet amour des beaux noyers, les ca­ra­bines à mon­ture syn­thé­tique ont trou­vé leur pu­blic, parce qu’elles aus­si sont sy­no­nymes d’équi­pe­ment al­lé­gé. Des ca­ra­bines à crosse com­po­site qui ont évo­lué jus­qu’à l’émer­gence du car­bone. Cher, pas tou­jours simple à tra­vailler mais lé­ger et ré­sis­tant, ce ma­té­riau est tout d’abord ap­pa­ru sur des crosses cus­tom, sur des armes chères et éli­tistes pour chas­seur-voya­geur. Les ca­ra­bines Ch­ris­ten­sen Arms ont fait leur re­nom­mée de ce ma­té­riau. Peu à peu, le car­bone a fait de ti­mides ap­pa­ri­tions chez les fa­bri­cants d’armes de grande série. Et après Sa­ko, Sauer se lance à son tour dans le car­bone au­jourd’hui, avec la 404 Syn­chro XTC. Chez Sauer, les ver­sions Syn­chro XT sont dis­po­nibles sur les mo­dèles 202, 303 et 404. Il s’agit de crosses com­po­sites à large trou de pouce et busc ré­glable. Le « C » de XTC si­gni­fie donc qu’il s’agit d’une ver­sion XT car­bone. Avec cette mon­ture mo­derne et lé­gère, la 404 – à la fois clas­sique mais do­tée de tout ce que la tech­no­lo­gie mo­derne peut of­frir en termes de mo­du­la­ri­té, de pré­ci­sion et de per­for­mances – perd les grammes ex­cé­den­taires qu’on pou­vait lui re­pro­cher dans sa ver­sion Elé­gance à crosse bois. Elle passe de 3,4 kg en ordre de marche à 2,75 kg ! La « cure car­bone » fonc­tionne puisque 650 g sé­parent les deux ver- sions : ce n’est pas rien, c’est ni plus ni moins le poids d’une bonne lu­nette de tir, mon­tage in­clus. Autre dif­fé­rence, no­table elle aus­si, le prix de cette XTC at­teint 6300 eu­ros. C’est 1500 eu­ros de plus que la ver­sion Elé­gance à crosse bois, un écart qui cor­res­pond là en­core au prix moyen d’une lu­nette de tir. Lo­gique, car le car­bone est cher et dé­li­cat à tra­vailler, sur­tout sur une crosse par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe comme ici. Une crosse ca­rac­té­ri­sée par son im­po­sant trou de pouce de près de 9x5,5 cm. Ce large trou de pouce, inau­gu­ré avec la Bla­ser Pro­fes­sion­nal Suc­cess et re­pris de­puis par de nom­breuses autres marques, n’est pas en­core de­ve­nu cou­rant mais n’étonne plus au­tant qu’au dé­but. Il est vrai qu’il pos­sède plu­sieurs avan­tages re­con­nus, sur­tout pour ce­lui qui chasse à l’ap­proche ou à l’af­fût et qui est en quête de la meilleure po­si­tion de tir pos­sible. Au­de­là du de­si­gn, la dif­fé­rence entre une crosse clas­sique et une crosse à trou de pouce se si­tue en ef­fet sur l’er­go­no­mie. Avec une crosse à trou de pouce, la po­si­tion de la main en­ser­rant la poi­gnée est plus na­tu­relle et sans

ten­sion, la prise en main est plus ferme et plus confor­table. La poi­gnée étant sou­vent droite et longue, les doigts sont po­si­tion­nés à l’ho­ri­zon­tale, dans l’ali­gne­ment du poi­gnet. Avec une crosse clas­sique à la poi­gnée pis­to­let ou Prince de Galles oblique, et même si nous n’y fai­sons plus at­ten­tion, l’ha­bi­tude ai­dant, le poi­gnet est cas­sé et l’in­dex doit re­mon­ter pour al­ler cher­cher la dé­tente et sou­vent il n’y a pas de place pour le pe­tit doigt en po­si­tion d’at­tente. Avec la crosse de cette 404, la main tout entière prend place sur la poi­gnée qui est qua­si­ment droite et sur­tout très longue (8 cm). La po­si­tion d’at­tente comme celle de tir sont na­tu­relles et n’im­posent pas d’ef­forts par­ti­cu­liers. De fait, la pres­sion sur la queue de dé­tente peut se faire de fa­çon douce et régulière, sans heurt, un plus pour évi­ter les coups de doigt. Autre avan­tage de ce type de crosse, le busc ré­glable. Sur la 404, le busc est droit et peut re­mon­ter de près de 6 cm. Il est presque ex­clu­si­ve­ment réa­li­sé en car­bone. Il est fixé à la crosse au moyen d’un pied rec­tan­gu­laire qui prend place dans un puits de di­men­sions lé­gè­re­ment su­pé­rieures pra­ti­qué dans la crosse. Le pied du busc com­porte une règle gra­duée sur le cô­té gauche. Ain­si vous pour­rez ajus­ter avec pré­ci­sion le busc à la hau­teur dé­si­rée. Il se ver­rouille au moyen d’une vis noyée dans la plaque de couche et que l’on serre et des­serre avec une simple clé Al­len four­nie. Voi­ci en quelque sorte ré­su­mées les dif­fé­rences entre cette crosse XTC et celle en bois du mo­dèle Elé­gance par exemple. Car sur le plan mé­ca­nique, cette Syn­chro XTC re­prend les ca­rac­té­ris­tiques de la Sauer 404 telle que nous avions pu la dé­cou­vrir l’an­née der­nière.

Le sé­same de la 404 est une clé Al­len

La 404 est une ca­ra­bine mo­derne, dé­mon­table, do­tée d’un ar­meur de sé­cu­ri­té, de ca­nons in­ter­chan­geables, d’un poids de dé­tente à quatre po­si­tions, d’une tête de cu­lasse amo­vible et tout ce­la ou presque se fait avec une pièce unique : une clé Al­len. Cette clé est le coeur du sys­tème 404 et pour être sûr de l’avoir tou­jours avec vous, elle est fixée sur la bre­telle de la ca­ra­bine dont elle consti­tue l’at­tache de gre­na­dière avant. Ain­si vous l’avez tou­jours à por­tée de main pour ef­fec­tuer tous les ré­glages vou­lus. Pour ré­cu­pé­rer la clé, on ôte la gre­na­dière avant et on dé­ploie la clé à la per­pen­di­cu­laire. La 404, comme la 202, pos­sède une crosse bi­par­tite. C’est im­por­tant car le de­vant peut se dé­mon­ter et laisse alors ac­cès aux quatre ré­glages des poids de dé­parts et au dis­po­si­tif de dé­mon­tage du ca­non.

La dé­tente di­recte est ex­tra­or­di­naire de dou­ceur et de net­te­té. Un peu trop d’ailleurs car en dé­pit du choix of­fert entre quatre poids de dé­part dif­fé­rents, 550, 750, 1000 et 1250 g, je la trouve en­core un peu trop douce et lé­gère pour la bat­tue, même au poids le plus éle­vé qui de mon point de vue est plus lé­ger qu’an­non­cé. Il fau­drait lui ajou­ter 100 ou 150 « vrais grammes ». Pour chan­ger le poids des dé­parts, rien de plus simple. Vous vous sai­sis­sez du sé­same de cette arme, la pe­tite clé Al­len de la gre­na­dière avant, et vous l’en­ga­gez dans le puits prévu à cet ef­fet sous le de­vant. Vous tour­nez la clé d’un quart de tour vers la gauche et dès lors il est libre. Vous le ti­rez vers vous. Le de­vant ôté, vous avez ac­cès au ré­glage des dé­parts. Cô­té gauche, un puits cir­cu­laire est gra­dué I, II, III et IV à 6h, 9h, 12h et 3h qui cor­res­pondent res­pec­ti­ve­ment aux quatre poids pré­éta­blis, du plus lé­ger au plus lourd. Avec la clé en­ga­gée dans le puits, vous dé­pla­cez un re­père qu’il vous faut orien­ter sur le poids dé­si­ré – ou plus exac­te­ment sur le chiffre cor­res­pon­dant. De mon point de vue, vous l’au­rez com­pris, le IV cor­res­pond à toutes les uti­li­sa­tions et est même un peu lé­ger pour la bat­tue. Mais si vous ne chas­sez qu’en mon­tagne ou qu’à l’ap­proche, vous pou­vez ten­ter le II ou le III. Le I est trop lé­ger et à ban­nir. La queue de dé­tente dont la po­si­tion est éga­le­ment mo­di­fiable se dé­place d’avant en ar­rière sur 8 mm et de gauche à droite de +/- 5° avec une pe­tite clé Al­len. Si vous vou­lez chan­ger de ca­non, gar­dez votre clé et dé­vis­sez dans l’ordre les trois vis lo­gées sous la chambre et nu­mé­ro­tées 1, 2 et 3. En­suite vous abais­sez un pe­tit le­vier si­tué sous le ca­non et de­vant les vis. Il n’y a plus qu’à ti­rer le ca­non vers vous, en ayant pris garde de dé­ver­rouiller la cu­lasse au­pa­ra­vant (cette der­nière se ver­rouille di­rec­te­ment dans le ca­non). Pour re­mettre ce ca­non ou un autre en place, ap­pli­quez la même mé­thode en sens in­verse. En­fon­cez le ca­non, re­le­vez le pe­tit le­vier et ser­rez les vis dans l’ordre (1, 2 et 3).

Chan­ge­ment de ca­non sim­plis­sime

Si vous sou­hai­tez pas­ser d’un ca­libre stan­dard à un ca­libre Ma­gnum, pas de pro­blème, il suf­fit de re­ti­rer la cu­lasse, en pres­sant en même temps un er­got si­tué sur le cô­té gauche de l’arme en ar­rière du pontet. Une fois la cu­lasse hors de son lo­ge­ment, vous de­vrez re­cu­ler une lan­guette noire cran­tée si­tuée juste der­rière les te­nons. En­suite pou­vez faire glis­ser la­té­ra­le­ment la tête de cu­lasse. Pour en re­pla­cer une autre, pro­cé­dez de la même fa­çon en veillant à bien re­pous­ser la lan­guette en fin d’opé­ra­tion. At­ten­tion : pour me­ner à bien ce pro­ces­sus, il faut que l’ar­meur soit au préa­lable désac­ti­vé. La cu­lasse ronde, large et bou­chon­née, pos­sède un ver­rouillage en tête par trois ran­gées de deux te­nons dis­po­sées en tri­angle. Le te­non de droite abrite une toute pe­tite griffe d’ex­trac­teur et deux éjec­teurs pis­ton prennent place au fond de la tête de cu­lasse. La par­tie ar­rière de la crosse peut aus­si se dé­mon­ter grâce à une vis ac­ces­sible de­puis le trou de pouce et lo­gée der­rière la poi­gnée, et que l’on des­serre tou­jours au moyen de la fa­meuse clé Al­len. Pour les voyages, on peut ain­si pla­cer la ca­ra­bine dé­mon­tée dans une mal­lette de 70 cm. C’est le le­vier d’ar­me­ment, ou plus exac­te­ment le pont d’acier qu’il masque, qui dé­li­mite les deux élé­ments de crosse. Le char­geur amo­vible de cette arme res­semble beau­coup à ce­lui de la 202, ir­ré­pro­chable il est vrai. Il s’agit d’un char­geur acier en simple pile qui contient trois car­touches. Ce char­geur se dé­pose au moyen d’un bou­ton pres­sion lo­gé sous la crosse et de­vant lui. At­ten­tion tou­te­fois, il existe une sé­cu­ri­té pour évi­ter de le perdre. Le bou­ton pres­sion se dé­place aus­si lon­gi­tu­di­na­le­ment d’avant en ar­rière. Pous­sé vers l’avant, vers la bouche du ca­non, il est ver­rouillé et vous pour­rez ap­puyer au­tant que vous le vou­drez sur le bou­ton, rien ne se pas­se­ra. Mieux vaut s’en sou­ve­nir avant d’at­ta­quer au pied de biche le char­geur alors qu’il suf­fit de re­cu­ler

le bou­ton de trois pe­tits mil­li­mètres. Notre 404 XTC pos­sède un ca­non flû­té de 53 cm avec un fi­le­tage pour le mon­tage d’un frein de bouche ou d’un mo­dé­ra­teur so­nore, bien­tôt au­to­ri­sé si l’on en croit les der­nières dé­cla­ra­tions de Sé­go­lène Royal. Le mon­tage op­tique n’est pas lo­gé sur le ca­non mais sur le boî­tier de cu­lasse. Il s’agit d’un nou­veau type de mon­tage, spé­ci­fique à cette arme, pas ques­tion d’avoir re­cours au tra­di­tion­nel EAW pi­vo­tant. Il vous fau­dra payer un peu plus en­core pour vous en équi­per, mais re­con­nais­sons qu’il est bas et pra­tique.

Frein de bouche ou mo­dé­ra­teur so­nore

Cette crosse car­bone vient chan­ger l’es­thé­tique de la 404, en lui ap­por­tant peut-être la mo­der­ni­té qui man­quait à la ver­sion bois, même si pour ma part ce clas­si­cisme avait du bon. La po­si­tion de tir est réel­le­ment ex­cel­lente et na­tu­relle. La pres­sion de l’in­dex sur la queue de dé­tente est mieux contrô­lée. Entre deux tirs, la main re­prend sa place dans le trou de pouce même si au dé­but il vous fau­dra sû­re­ment pen­ser à en­ga­ger le pouce. Par contre, le ré­ar­me­ment de la 404 n’est pas fa­ci­li­té par ce type de crosse. Sor­tir la main de la poi­gnée, al­ler cher­cher le le­vier de cu­lasse, ré­ar­mer et re­ve­nir en po­si­tion de tir n’est pas des plus fluides. Il fau­dra sû­re­ment y son­ger si vous pen­siez al­ler chas­ser à l’af­fût mais aus­si en bat­tue avec cette arme. Vous ne se­rez pas le plus ra­pide de la ligne ! En re­vanche, le large pontet cir­cu­laire per­met un ac­cès facile à la queue de dé­tente. Nous avons pu tes­ter cette ca­ra­bine à deux re­prises, du­rant deux jour­nées de chasse pré­cé­dées d’un long pas­sage au stand de tir, et der­niè­re­ment de nou­veau au stand de tir. La ca­ra­bine a fait la preuve de sa pré­ci­sion re­mar­quable à 100 et 200 m, mal­heu­reu­se­ment nous n’avons pas pu ti­rer à 300 m, mais les grou­pe­ments at­teints à 200 m ne laissent pas pla­ner le doute, cette arme lé­gère reste d’une grande pré­ci­sion. Le fonc­tion­ne­ment est ir­ré­pro­chable et au risque de me ré­pé­ter, le cô­té arme mo­du­laire à l’ex­trême me sé­duit vrai­ment et j’avoue trou­ver du charme à l’as­pect tis­sé du car­bone. Sur le plan pra­tique, le busc ré­glable au mil­li­mètre près, la poi­gnée longue et droite et les quatre poids de dé­part of­ferts et dis­po­nibles sans trop d’ef­forts donnent à cette ca­ra­bine tous les ar­gu­ments pour plaire à l’ama­teur de chasses si­len­cieuses. Ajou­tez-y un poids réel­le­ment lé­ger et une bonne dose de cha­risme et vous ob­te­nez le cock­tail par­fait. D’au­tant que l’offre de ca­libres est vaste et illi­mi­tée puisque les ca­nons et la tête de cu­lasse sont in­ter­chan­geables. Bien sûr, le point noir de cette arme reste son prix, 6300 eu­ros, mais le car­bone coûte cher et cette ca­ra­bine réel­le­ment très tech­nique est un vé­ri­table haut de gamme, une arme digne des an­ciennes dont je par­lais en pré­am­bule. Et si l’on veut al­ler jus­qu’au bout de la com­pa­rai­son, une Mau­ser 66 SM FL, qui à son époque in­no­vait en termes de poids de dé­part, de ste­cher ou de mo­du­la­ri­té, coû­tait 25000 francs au dé­but des an­nées 90, en eu­ros constants ce prix équi­vau­drait au­jourd’hui à 5600 eu­ros. Soit un tout pe­tit peu moins cher que cette 404 Syn­chro XTC qui de plus fait ap­pel au car­bone, un des ma­té­riaux ac­tuel­le­ment les plus coû­teux pour la réa­li­sa­tion d’une crosse.

La clé Al­len dé­pliable, lo­gée au sein de la longue tige de gre­na­dière avant et qui dis­pa­raît en­suite dans le de­vant, est le coeur de la Sauer 404, elle per­met de tout dé­mon­ter ou ré­gler.

Quatre des nom­breuses fonc­tions de la clé-gre­na­dière : ré­glage du busc, dé­mon­tage de la par­tie ar­rière de la crosse, dé­pose du de­vant, ré­glage des dé­parts… et ce n’est pas fini !

La Sauer 404 Syn­chro XTC est es­thé­ti­que­ment très réus­sie. L’as­pect tis­sé du car­bone, le large trou de pouce, le busc ré­glable et le de­vant re­li­mé lui donnent beau­coup d’al­lure.

Le char­geur à trois car­touches en simple pile est dé­ri­vé, de très peu, de ce­lui de la 202 qui est, il est vrai, ir­ré­pro­chable.

Le large trou de pouce en ar­rière du pontet le bou­ton de dé­pose de la cu­lasse mo­bile, qui n’est pas des plus ac­ces­sibles.

À la bouche, un fi­le­tage sous la bague at­tend un frein de bouche ou un si­len­cieux. La tête de cu­lasse en gros plan.

L’ar­meur sé­pa­ré, lo­gé sur le col de crosse, est un mo­dèle du genre. Il est doux et si­len­cieux.

À 100 et 200 m, cette ca­ra­bine a fait la preuve de sa pré­ci­sion et de son en­du­rance face à des ca­dences de tir éle­vées.

Avec le trou de pouce, le ré­ar­me­ment est moins ra­pide qu’avec une crosse clas­sique, par contre le confort de tir reste ac­cru.

Étran­ge­ment, il faut une autre clé Al­len pour ré­gler la po­si­tion de la queue de dé­tente. Le mon­tage op­tique est pra­tique mais il im­pose un in­ves­tis­se­ment sup­plé­men­taire.

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