Claude Ver­ney-Car­ron n’est plus

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Le 4 avril der­nier, Claude Ver­neyCar­ron s’est éteint à l’âge de 91 ans. Jus­qu’en 1994, il fut le pdg de la firme fa­mi­liale, un di­ri­geant dé­ter­mi­né, vo­lon­taire et en même temps at­ta­chant et humble au point de dou­ter d’être « l’homme de la si­tua­tion », comme il le re­con­nais­sait par­fois. Claude Ver­ney-Car­ron avait com­men­cé sa car­rière à Pa­ris en 1948, à 21 ans, dans ce qui de­vien­dra l’ar­mu­re­rie de la Bourse et qui est alors la suc­cur­sale pa­ri­sienne de la firme fa­mi­liale. C’est là qu’il fe­ra une ren­contre dé­ter­mi­nante qui abou­ti­ra en 1954 à la fa­bri­ca­tion par Ver­ney-Car­ron, et sous li­cence, du se­miau­to­ma­tique Fran­chi AL 48 en er­gal et à long re­cul du ca­non qui de­vien­dra l’ARC (arme à re­cul du ca­non). Une arme qui mar­que­ra pour la firme sté­pha­noise l’en­trée dans l’ère in­dus­trielle. Il re­vien­dra à Saint-Étienne en 1951 et dès lors n’au­ra de cesse de se battre pour cette firme qu’il voyait comme une « belle au bois dor­mant ». Il cher­che­ra en per­ma­nence à la mo­der­ni­ser, à lui faire prendre les bons trains, ce­lui des fu­sils al­lé­gés, des se­miau­to­ma­tiques bien sûr mais aus­si des su­per­po­sés. C’est lui qui re­lan­ce­ra la fa­bri­ca­tion du ca­ta­logue an­nuel. C’est lui aus­si qui choi­si­ra le Sa­git­taire pour em­blème et pour nom du su­per­po­sé mai­son. C’est lui en­core qui, alors que Ver­ney-Car­ron avait dû faire ap­pel à des in­ves­tis­seurs ex­té­rieurs, se bat­tra pour que la fa­mille contrôle à nou­veau son en­tre­prise et soit maître de son des­tin. Il don­ne­ra au lan­ceur de pro­jec­tile non lé­tal adop­té par de nom­breuses forces de l’ordre par­tout dans le monde le nom de Flash-Ball. Claude Ver­ney-Car­ron di­sait, avec son hu­mour ca­rac­té­ris­tique, « si Ver­ney-Car­ron est en­core là au­jourd’hui c’est parce qu’il n’y a pas eu de gé­nie dans ma fa­mille. Il est im­pos­sible de suc­cé­der à un gé­nie, les choses s’ar­rêtent, on ne re­met plus rien en cause et à force de stag­ner on re­cule. » Il était trop mo­deste pour pré­ci­ser que lui, « le di­let­tante qu’on avait en­voyé à Pa­ris parce que l’on ne sa­vait pas trop quoi faire de lui », a, par son tra­vail achar­né, ses qua­li­tés de vi­sion­naire et aus­si sa té­na­ci­té, fait de Ver­ney-Car­ron la pre­mière firme ar­mu­rière in­dus­trielle de France en veillant jus­te­ment à ce que sa suc­ces­sion soit fa­cile et que son en­tre­prise puisse abor­der le XXI siècle avec sé­ré­ni­té dans e un sec­teur où pour­tant rien n’est ja­mais ac­quis.

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