San­glier : ne pense pas à la panse

Connaissance de la Chasse - - Le Courrier Des Lecteurs - Fa­bien Le­febvre, Bos­gouet (Eure)

Fi­dèle lec­teur de votre re­vue, j’ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment son conte­nu, et vous in­vite à conti­nuer long­temps de la sorte. Néan­moins, à la lec­ture du n°504, da­té d’avril der­nier, un mot m’a quelque peu dé­ran­gé. Sur une ma­gni­fique pho­to-choc page 8, je lis qu’une balle de panse sur san­glier est l’une des pistes les plus aisées à suivre. En tant que conduc­teur de chien de sang, et for­ma­teur pour l’Ancgg, je vous confirme que ces bles­sures ab­do­mi­nales sont en ef­fet par­faites pour nos auxi­liaires. Par contre, à titre d’in­for­ma­tion, sa­chez que le san­glier n’a pas de panse, mais dis­pose du même tube di­ges­tif que l’homme. Cette re­marque a pour but d’ai­der nos amis chas­seurs, et d’évi­ter dans le fu­tur d’avoir à re­prendre nombre de can­di­dats au bre­vet grand gi­bier. » Pe­tit rap­pel de zoo­lo­gie oblige, le ru­men, ap­pe­lé com­mu­né­ment la panse, est l’une des quatre poches spé­ci­fiques du sys­tème di­ges­tif des mam­mi­fères ru­mi­nants, dans la­quelle s’ac­cu­mule la nour­ri­ture avant la phase de ré­gur­gi­ta­tion/re­mas­ti­quage. Si le che­vreuil et le cerf ap­par­tiennent à cette ca­té­go­rie d’her­bi­vores ru­mi­nants, et pos­sèdent un tel com­par­ti­ment gas­trique, le san­glier est quant à lui un om­ni­vore do­té d’un ap­pa­reil di­ges­tif proche de ce­lui de l’homme. Par consé­quent, par­ler de balle de panse pour évo­quer un sui­dé bles­sé dans la ré­gion ab­do­mi­nale s’avère, du point de vue ana­to­mique, une er­reur in­dis­cu­table. Force est d’ad­mettre pour­tant que le terme de panse a été de longue date mis à toutes les sauces, prin­ci­pa­le­ment pour faire ré­fé­rence à la par­tie ven­trale des ho­mo-sa­piens épi­cu­riens que nous sommes. Les exemples sont nom­breux, tant dans le lan­gage fa­mi­lier que dans la lit­té­ra­ture, tels « se rem­plir la panse », ou en­core ces quelques lignes ex­traites de Ger­mi­nal : « …la bière ar­ron­dis­sant les panses, cou­lant de par­tout, du nez, des yeux et d’ailleurs ». Pour­quoi nos amies les bêtes échap­pe­raien­telles à la règle ? Il est vrai que nombre de chas­seurs uti­lisent ce mot comme un terme gé­né­rique du lan­gage cou­rant cy­né­gé­tique, pour dé­si­gner l’ab­do­men des mam­mi­fères, cer­vi­dés et sui­dés confon­dus. In­exact, di­ront les plus poin­tilleux, certes, mais sans nul doute moins cho­quant que d’en­tendre par­ler de co­chons et autres boucs le long des lignes… Une chose est sûre, en tant que ré­dac­teurs, nous nous ef­for­ce­rons évi­dem­ment de ne pas com­mettre de telles bé­vues lin­guis­tiques, quitte à uti­li­ser un “panse-bête” si né­ces­saire. Le vo­ca­bu­laire étant un riche pâ­tu­rage de mots, nous vous pro­met­tons de ru­mi­ner sans cesse pour trou­ver les ex­pres­sions les plus justes. San­glier qui s’en dé­dit !

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