Bois dans bois

Connaissance de la Chasse - - Éditorial -

Du cô­té de Souesmes, au coeur d’une pro­prié­té fo­res­tière so­lo­gnote du Loir-et-Cher, une seule et unique prai­rie. Gé­rald So­li­gny connaît par­fai­te­ment l’en­droit pour le fré­quen­ter de­puis plu­sieurs an­nées. C’est ain­si qu’il nous confie que ja­mais, avant le brame 2014, an­née de réa­li­sa­tion de cette image, il n’avait as­sis­té à un com­bat de cerfs à cette place. « Si le rut est, sur ce ter­ri­toire, fran­che­ment fo­res­tier, de­puis deux jours, deux dix cors s’étaient ins­tal­lés en li­mite de cette grande prai­rie et bra­maient à pleins pou­mons cha­cun de leur cô­té. J’avais beau les ob­ser­ver mi­nu­tieu­se­ment, je ne voyais pas l’ombre d’une biche. Le jour de ce cli­ché, les deux pro­ta­go­nistes se sont mon­trés on ne peut plus “chauds” et ont ma­ni­fes­té des signes de forte ten­sion. L’un d’eux a pas­sé ses nerfs sur un jeune bou­leau pen­dant plus de dix mi­nutes. Mais ce­la ne l’a pas cal­mé, son taux d’ex­ci­ta­tion était trop éle­vé. À un mo­ment, il s’est élan­cé à tra­vers la prai­rie. Ce fut pour moi une grande pre­mière de voir un cerf ici en plein jour. Il était 8h43. Je mi­traillais l’ar­ri­vée de l’éner­vé quand l’autre ani­mal, plus calme de­puis un mo­ment, dé­bou­la à son tour et se pré­ci­pi­ta sur son concur­rent. À sa robe trem­pée et ma­cu­lée de boue, j’ima­gi­nais qu’il de­vait peu de temps avant cal­mer ses ar­deurs à la souille. L’im­pact fut aus­si violent que le com­bat fut bref, pas plus de dix se­condes au to­tal. Au terme de ce vi­ru­lent échange, il m’a sem­blé que le souillon avait rem­por­té la ba­taille car son ad­ver­saire est re­par­ti comme il était ar­ri­vé, c’est-à-dire au ga­lop. » La scène que dé­crit Gé­rald So­li­gny est un épi­sode clas­sique de la pé­riode du brame. Tout juste pou­vons-nous pré­ci­ser que le com­por­te­ment du cerf face au bou­leau comme de ce­lui sor­tant de la souille avait pour but d’af­fir­mer leur ter­ri­to­ria­li­té. Outre les dé­mons­tra­tions de force, les cerfs marquent leur ter­ri­toire en se frot­tant aux arbres pour dé­po­ser les sé­cré­tions abon­dantes de leurs lar­miers au mo­ment du rut. Le pro­duit est à la fois hui­leux et for­te­ment odo­rant. Gé­rald So­li­gny, avec Phi­lippe Aille­ry

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